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Le centre-ville de Calgary : un environnement dangereux pour les oiseaux migrateurs

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un oiseau mort.

À l'automne, de nombreux jeunes oiseaux meurent après avoir percuté un immeuble.

Photo :  CBC / Helen Pike

Émilie Vast
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’équipe d'intervention pour les espèces migratrices de Calgary étudie les collisions entre les immeubles du centre-ville et les oiseaux et les chauves-souris. L'objectif est de prévenir ces accidents. 

Entre le 1er septembre et le 31 octobre, l’Équipe d'intervention pour les espèces migratrices a organisé plus de 150 visites dans certaines rues de Calgary.

On allait prendre une marche au centre-ville, on regardait des bâtiments spécifiques pour voir s'il y avait des chauves-souris ou des oiseaux qui avaient frappé ces bâtiments, raconte Mélanie Violette qui fait partie de la quarantaine de bénévoles impliqués dans le projet.

Au total, 72 oiseaux ont été retrouvés morts au pied d’un immeuble. Ils ont été apportés, pour étude, au professeur Scott Lovell de l’Université St. Mary's de Calgary. C’est un des trois cofondateurs de l’Équipe d’intervention.

Rectificatif :

Une version précédente de ce texte indiquait que cinq chauve-souris avaient été retrouvées mortes. Or, elles ont été retrouvées vivantes et apportées à la Société de réhabilitation de la vie sauvage de Calgary.

Le biologiste a conclu que ces animaux étaient bien morts en raison d'une collision. 

Chaque année au Canada 25 millions d’oiseaux meurent en raison d’une collision avec un bâtiment.

Scott Lovell de l’Université St. Mary's de Calgary
Dr. Scott Lovell, de l'Université St. Mary's de Calgary.

Scott Lovell, de l'Université St. Mary's de Calgary, souhaite compiler un maximum de données afin de comprendre et d'éviter les collisions.

Photo : Radio-Canada

Ces oiseaux meurent à cause de constructions humaines, souligne M. Lovell.

À titre de comparaison, il précise qu’entre 100 et 350 millions d’oiseaux meurent chaque année au Canada, victimes d’un chat et environ 23 000 à cause des éoliennes.

Pistes d’études

Différentes études se sont déjà penchées sur le problème des collisions et plusieurs explications ont été avancées : les lumières nocturnes désorientent les oiseaux, les fenêtres transparentes ou qui réfléchissent le ciel ou les arbres les induisent en erreur.

Quand on a commencé, on ne savait pas s’il y avait un effet sur les oiseaux et les chauves-souris qui traversent Calgary. Maintenant, nous savons qu’il y en a bien un , résume Kathleen Johnson, cofondatrice de l’Équipe d’intervention.

Kathleen Johnson, cofondatrice de l'Équipe d'intervention pour les espèces migratrices de Calgary.

Kathleen Johnson, cofondatrice de l'Équipe d'intervention, souhaite travailler avec les propriétaires d'immeubles pour mettre en place des solutions.

Photo : Radio-Canada / Émilie Vast

À Calgary, Scott Lovell a trouvé d’autres faits intrigants qu’il souhaite maintenant étudier. Il a remarqué que les moineaux et les fauvettes représentent la plupart des victimes, que certains immeubles sont concernés par les collisions et d’autres pas du tout, ou encore que la présence de végétation semble augmenter le risque d’accident.

Il a aussi noté que les oiseaux frappent la plupart du temps la façade sud des bâtiments. Or, en période de migration, vers le sud, on pourrait s’attendre à ce qu’ils se cognent à la façade nord.

Moins de risque au printemps

Le biologiste souhaite compiler tout un jeu de données sur environ deux ans.

D’autres rondes de bénévoles auront lieu au printemps au moment des nouvelles migrations. Nous nous attendons à ce qu’il y ait moins de collisions. À l’automne, les adultes voyagent avec de jeunes oiseaux. Ce sont comme des adolescents qui se déplacent à travers la ville et parfois ils ne prennent pas les meilleures décisions. Donc il y a beaucoup plus de collisions à l'automne qu’au printemps.

Des oiseaux morts posés sur un drap.

Quelque-uns des oiseaux morts retrouvés au pied des immeubles du centre-ville de Calgary.

Photo :  CBC / Helen Pike

L’Équipe d’intervention pour les espèces migratrices de Calgary souhaite aussi travailler avec les propriétaires d’immeubles et la communauté d’affaires du centre-ville afin de réfléchir à ce qui pourrait être mis en place pour réduire le nombre d’accidents.

Les solutions sont différentes pour chaque bâtiment, détaille Kathleen Johnson (...) Cela peut être d'éteindre les lumières à partir d’une certaine heure ou de mettre quelque chose [comme des autocollants sur les vitres] qui ne détériore pas le bâtiment, mais évite les collisions. C’est du cas par cas.

Lors de leurs rondes, les bénévoles ont aussi récupéré plusieurs chauves-souris et oiseaux vivants. En tout, 17 ont été apportés à la Société de réhabilitation de la vie sauvage de Calgary, un autre partenaire de l’Équipe d’intervention. 

Melanie Whalen, directrice des soins des animaux, a annoncé que 15 animaux ont pu être soignés et relâchés. Une dernière chauve-souris devrait l’être au printemps. 

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