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Claude Béland, ancien président de Desjardins, est mort

Retour sur la vie de Claude Béland avec Geneviève Asselin

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

L'ancien président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, est mort dimanche à 87 ans des suites d’une insuffisance cardiaque à l’hôpital du Sacré-Cœur à Montréal.

Claude Béland a été à la tête du Mouvement Desjardins durant 13 ans, de 1987 à 2000. Son objectif était que Desjardins demeure fidèle aux principes et aux idéaux du mouvement coopératif, tout en le faisant grandir pour que celui-ci puisse se mesurer aux banques. Ces valeurs ont guidé son engagement et sa contribution à différents débats au sein de la société québécoise.

Le père de Claude Béland, Benjamin Béland, avait lui-même fondé une caisse populaire à Outremont, où le jeune homme a travaillé. Par la suite, M. Béland a étudié le droit coopératif à l’Université de Montréal, ce qui l’a poussé à mettre sur pied plusieurs coopératives, notamment la Fédération des caisses d’économie du Québec, dont il a été le conseiller juridique bénévole dès sa création en 1962. Il en a dirigé les services juridiques à partir de 1971, et est devenu directeur général de cette fédération huit ans plus tard. En 1979, la Fédération a fusionné avec le Mouvement Desjardins.

En 1987, il a été élu président du Mouvement Desjardins, à l’âge de 55 ans.

Durant son règne, il a milité pour que le Mouvement demeure un outil de transformation sociale tout en étant concurrentiel avec les autres institutions financières. Sous la gouverne de Claude Béland, les guichets automatiques se sont multipliés, le paiement direct a été introduit et le site transactionnel Accès-D a été mis en ligne.

Les Caisses ont diversifié leurs services, entre autres par la vente de produits d’assurance directement aux clients, sans l’intermédiaire d’un courtier. Desjardins est aussi entré dans le commerce des valeurs mobilières, et a grandi en faisant l’acquisition d’autres institutions financières.

Pluie d'éloges pour Claude Béland

En 1999, M. Béland a aussi procédé à une réforme des structures du Mouvement Desjardins, malgré les inquiétudes des employés. La Confédération et les 11 Fédérations ont été abolies pour laisser place à une fédération unique. Cette centralisation a conduit à une diminution importante du nombre de caisses populaires.

Claude Béland a été élu pour trois mandats à la tête de Desjardins. Il s’est aussi impliqué dans plusieurs initiatives gouvernementales. Il a notamment présidé le Forum pour l’emploi de 1988 à 1998 et le Sommet économique du Québec en 1996.

Sur la scène internationale, M. Béland a siégé au conseil d'administration de l'Alliance coopérative internationale et présidé l'Association internationale des banques coopératives. Il a également été membre de la Commission Bélanger-Campeau en 1990 sur l’avenir du Québec.

En mars 2000, après avoir quitté la présidence du Mouvement Desjardins, M. Béland s’est impliqué dans de nombreuses causes. Il a enseigné, et a contribué à la réforme des institutions démocratiques.

Il a obtenu également différents mandats de l'État québécois, notamment un poste d'administrateur à la Régie des rentes du Québec, en plus de fonder le Mouvement démocratie et citoyenneté du Québec.

Claude Béland s’est aussi impliqué dans les campagnes d’Éduc’alcool et du Jour de la Terre. À la fin de son engagement, il a déploré que le Mouvement qu'il a dirigé pendant 13 ans ne soit pas demeuré fidèle aux valeurs coopératives. On ne peut pas dire maintenant que Desjardins est un mouvement qui vise à changer les choses, avait-il déclaré.

Claude Béland salue la foule sur une scène.

Claude Béland, lors de son dernier discours comme président du Mouvement Desjardins, en 2000.

Photo : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

Pluie d'éloges pour un grand homme

Dans un communiqué, Desjardins a tenu à rendre hommage à M. Béland. Guy Cormier, l’actuel président et chef de la direction de Desjardins, a eu de bons mots pour son prédécesseur.

Le Québec perd un grand homme, qui fut un ardent promoteur des valeurs coopératives. Il a certes été, à l'occasion, critique à l'égard de Desjardins, mais cela témoignait en même temps de son attachement profond envers cette institution coopérative, dont il a assumé la présidence à un moment charnière de son histoire.

Guy Cormier, président et chef de la direction de Desjardins

Nous lui devons beaucoup et, au nom de tous les membres du conseil d'administration, des administrateurs élus des caisses ainsi que de tout le personnel, je prie son épouse Lise, ses enfants et nombreux petits-enfants d'accepter nos plus sincères condoléances, a ajouté M. Cormier.

Alban d’Amours, celui qui a succédé à M. Béland à la tête de Desjardins en 2000, a souligné que ce dernier incarnait les valeurs coopératives. Il a donné confiance aux coopérateurs. Je suis allé à son école, j’ai beaucoup appris de lui.

Le premier ministre du Canada a lui aussi réagi à la mort de l’ancien président du Mouvement Desjardins. Justin Trudeau a mentionné sur Twitter que Claude Béland était un grand homme et un grand bâtisseur du Québec. Nos pensées sont avec sa famille et ses proches.

Les personnalités politiques québécoises ont été nombreuses à honorer la mémoire de M. Béland dimanche. Le premier ministre du Québec, François Legault, a notamment souligné son grand dévouement pour la province, dans un message publié sur son compte Twitter.

J’apprends avec tristesse le décès de M. Claude Béland, ex-président du Mouvement Desjardins. Il fut très impliqué socialement pour faire avancer le Québec. J'offre mes sincères condoléances à toute sa famille et ses proches.

François Legault, premier ministre du Québec
Claude Béland et Lucien Bouchard marchent ensemble.

Claude Béland en compagnie de l'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard, le 15 janvier 2000, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, à Québec.

Photo : La Presse canadienne

De son côté, le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a écrit que Claude Béland était un grand bâtisseur du mouvement coopératif québécois, il aura été une figure importante de l'économie moderne du Québec. Il était humaniste, épris de justice sociale, avec de grandes ambitions pour notre nation. Que son souvenir nous inspire à nous dépasser.

Pour sa part, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est désolé de la mort de Claude Béland. Un grand homme public s’est éteint. Un pilier du mouvement coopératif et un grand défenseur de la réforme démocratique du mode de scrutin. M. Béland, le Québec se souviendra de vous comme un homme qui savait mettre l’économie et la finance au service de l’intérêt public, a-t-il dit sur Twitter.

Il a fait beaucoup pour Desjardins et pour la société québécoise. Il était un grand homme qui affichait ses convictions politiques. Il a fait du bon travail à la Commission Bélanger-Campeau. C'était quelqu'un qui a toujours été droit, quelqu'un de très ouvert aux autres également. C'est un grand personnage de l'histoire du Québec.

Gilles Duceppe, ancien chef du Bloc québécois.

Quant à l’actuel chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, il a déclaré par voie de communiqué : Pour ériger une nation, il faut des géants. Pour incarner l’héritage d’Alphonse Desjardins, il fallait un homme qui en soit digne. Je pleure comme tant d’autres Québécois et Québécoises le départ de Claude Béland. Surtout, je salue un héritage dont ses successeurs doivent s’inspirer.

L'ancien chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, a bien connu M. Béland dans son rôle de directeur général du Chantier de l’économie sociale du Québec. M. Aussant regrette de ne pas avoir profité plus de l’expérience et des connaissances de Claude Béland. C’est un géant dans tous les sens du terme, a-t-il affirmé, vantant son travail sur l’économie sociale qu’il a voulu rendre attrayante pour les jeunes.

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