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La nouvelle mission de Chrystia Freeland

Les deux collègues côte à côte et fort souriants.

Le premier ministre Justin Trudeau a donné d'importantes responsabilités à Chrystia Freeland dans son nouveau gouvernement.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Celle qui a tenu tête à Donald Trump et obtenu à l’arraché un nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique est investie d’une nouvelle mission : sauvegarder l’unité nationale.

Il est huit heures vendredi matin et la journée de Chrystia Freeland est déjà bien amorcée. Une rapide tournée d’entrevues et quelques coups de fil avant de rencontrer le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.

La nouvelle ministre des Affaires intergouvernementales n’a pas de temps à perdre. Son mandat est costaud : trouver la recette pour préserver l'unité canadienne. Rien de moins.

Je pense que c’est peut-être le plus grand défi que notre gouvernement a aujourd’hui, lance-t-elle d’entrée de jeu en entrevue à l'émission Les Coulisses du pouvoir.

Nous allons essayer de prendre l’approche que l'on a prise pour les négociations de l’ALENA [...] et maintenant d’utiliser cette approche dans nos conversations avec les Canadiens et Canadiennes.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires intergouvernementales

Cette approche, c’est un mélange de sang-froid et d’audace qui a permis à Chrystia Freeland de boucler avec succès un nouvel accord de libre-échange avec un partenaire américain qui était tout sauf prévisible.

Justin Trudeau mise sur les talents de sa ministre pour calmer ses interlocuteurs provinciaux plus difficiles. Convaincre l’Alberta et la Saskatchewan, par exemple, que son gouvernement a compris leur message et qu'il est prêt à les écouter.

« Je vais commencer en écoutant », affirme la ministre qui refuse d'avancer des pistes de solutions, même si elle sait que son gouvernement minoritaire a peu de temps pour arriver à des résultats.

C’est vraiment important de commencer en écoutant et d’avoir une vraie conversation. Si tu commences une conversation en disant "Oui, je veux t’écouter, mais je vais faire ceci et cela", ce n’est pas une vraie conversation, précise-t-elle.

Les premiers ministres provinciaux auront une place privilégiée à la table de Chrystia Freeland, mais pas question de se limiter à eux. Les maires, les patrons des grandes entreprises et les acteurs de la société civile seront aussi sollicités.

Sans aller jusqu'à dire que l’unité nationale est profondément compromise, elle admet qu’il y a du travail à faire. Elle compare la situation canadienne à sa vie de couple.

Je suis mariée depuis 21 ans et j'adore mon mari, explique-t-elle, mais je sais que de temps en temps, on doit travailler notre mariage. [...] Il y a des moments où on doit faire plus attention au partenariat. Peut-être que c'est ce que l’on doit faire pour notre famille, notre grand mariage national, maintenant.

Le Québec

Le Québec aussi fait partie des régions sur lesquelles la ministre Freeland veut porter une attention particulière. Après tout, les 32 sièges que le Bloc québécois a récoltés le 21 octobre dernier ont empêché cette croissance qu'espéraient les libéraux pour les mener à un second mandat majoritaire.

Veut-elle concentrer ses efforts sur la Belle Province ou sur les Prairies? Encore une fois, Chrystia Freeland offre une comparaison très personnelle. C'est comme demander à une mère quel est l’enfant qu’elle préfère et quel est l’enfant le plus difficile. On ne peut pas faire ça, répond-elle.

Elle salue cependant l’arrivée en scène de Pablo Rodriguez comme lieutenant du Québec. Un excellent choix, dit-elle, qui permettra à la province d’avoir un interlocuteur direct avec Ottawa.

Mais le premier défi, ce sera peut-être d’asseoir tout le monde autour d’une même table afin d'avoir une conversation constructive. La campagne électorale a été particulièrement dure et certaines déclarations ont laissé des traces. Mais la nouvelle ministre demeure optimiste.

Pendant une campagne électorale, c’est un moment où l’on cherche une différence entre les gens et les partis politiques et c'est normal. Les citoyens doivent faire un choix. Mais maintenant, les élections sont finies. Notre travail, notre devoir, est l’inverse. Notre travail doit être de chercher les enjeux où nous pouvons, nous devons et nous voulons travailler ensemble, déclare-t-elle.

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