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Le Canada mettrait en péril certaines alliances en faisant affaire avec Huawei

Les deux sénateurs américains lors d'un discours au Forum international sur la sécurité d'Halifax

Le sénateur Angus King (à gauche) parle au nom de la commission du renseignement du Sénat américain, alors que le sénateur Jim Rush (à droite) représente la commission des relations étrangères.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Le 11e Forum d'Halifax sur la sécurité internationale donne lieu à des échanges tendus. Des élus américains, républicains autant que démocrates, menacent le Canada de le priver d’informations stratégiques si celui-ci laisse le géant chinois Huawei contribuer à son réseau de télécommunication 5G.

Il serait très difficile d'avoir un partage complet des renseignements avec un partenaire qui a installé une ligne directe avec Pékin, s’inquiète ouvertement Angus King, sénateur indépendant de l’État du Maine, se faisant la voix du consensus américain sur les risques d’espionnage.

La participation de Huawei au développement du réseau 5G canadien entraînerait même la remise en question de la place du pays au sein de l’alliance Five Eyes, aussi appelée Groupe des cinq, un réseau d’échange liant les services de renseignement de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le ministre Sajjan au microAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan, est l'hôte du Forum.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Les États-Unis et l’Australie ont déjà décidé d’écarter complètement Huawei de la création de leur réseau 5G. La Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont préféré limiter la participation de l’entreprise, mais les deux pays envisagent déjà d’aller plus loin si on leur fournit des preuves que c’est nécessaire.

L’ex-ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale, avait hésité à répondre aux pressions américaines dans ce dossier, qui durent depuis des mois. À la fin juillet, il disait attendre une clarification de la position américaine et des preuves du risque d’espionnage. Son successeur récemment nommé, Bill Blair, décrit ce dossier comme prioritaire, mais refuse aussi d’établir un échéancier.

J'espère que le gouvernement canadien – comme n'importe quel gouvernement – sera informé par ses services de renseignements des risques liés à l'adhésion à une société entièrement contrôlée par le Parti communiste chinois, a lancé le républicain Jim Risch, qui préside la commission des relations étrangères du Sénat américain.

Lorsqu'une information parvient à Huawei ou transite par Huawei, le Parti communiste chinois aura accès à cette information. Cela vaut-il la peine d'économiser un peu d'argent en achetant un système moins cher? Ma conclusion est un non catégorique. J'espère que le gouvernement canadien arrivera à la même conclusion.

Jim Risch, président de la commission des relations étrangères du Sénat américain

Le sénateur dit avoir été pleinement convaincu des risques par les preuves et les arguments qui lui ont été fournis par les services de renseignement américains lors de réunions confidentielles. Les autorités canadiennes sont bien informées sur cette question, affirme-t-il.

Le Forum d'Halifax sur la sécurité internationale est un événement annuel qui réunit 300 participants, principalement des politiciens, des militaires et des universitaires originaires d’environ 90 pays.

Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Robert O’Brien, aussi présent au Forum, fait écho à l’avis des sénateurs. Lui aussi menace le Canada d’exclusion du Groupe des cinq.

Selon M. O’Brien, Huawei entend utiliser le réseau 5G pour récolter les données personnelles de Canadiens au profit du gouvernement chinois. Les dossiers médicaux, les données bancaires et les messages publiés sur les réseaux sociaux seraient notamment à risque d’être utilisés contre les Canadiens. Il craint particulièrement que la Chine utilise ces données sensibles privées pour influencer les élections et affaiblir la démocratie.

Avec les informations de CBC et de La Presse canadienne

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