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Forte mobilisation en France et en Italie pour dénoncer les violences contre les femmes

Des militantes portent des pancartes violettes où il est écrit « Ras le viol ».

Des milliers de personnes ont condamné les violences faites aux femmes et les féminicides, à Paris, samedi.

Photo : afp via getty images / ALAIN JOCARD

Agence France-Presse

« Agresseur, harceleur, t'es foutu, les femmes sont dans la rue » : une foule de manifestants, dont 49 000 à Paris, ont battu le pavé samedi à travers la France pour dire « stop » aux violences sexistes et sexuelles et aux féminicides, dont le nombre – 116 au moins depuis le début de l'année – suscite une indignation sans précédent dans le pays.

En Italie, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à Rome pour dénoncer les violences contre les femmes, à l'appel de l'association féministe Non Una Di Meno (Pas une de moins). Le cortège romain, composé majoritairement de femmes, a sillonné le centre de la capitale derrière une banderole où était inscrit : Contre votre violence, nous sommes la révolte.

Des manifestantes tiennent une banderole montrant des femmes qui se tiennent par les coudes derrière une femme qui tient une fusée de détresse rouge, à Rome, le 23 novembre 2019.

À Rome, l'appel d'une association féministe a attiré des milliers de manifestantes qui ont dénoncé la violence faite aux femmes.

Photo : afp via getty images / ANDREAS SOLARO

À Paris, le cortège, formé en majorité de femmes, mais aussi d'hommes, a rassemblé 49 000 personnes, selon un comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP.

Le collectif Nous Toutes, organisateur de l'événement, a salué la plus grande marche de l'histoire de France contre les violences sexistes et sexuelles, évaluant à 150 000 personnes le nombre de manifestants dans l'ensemble de la France, dont 100 000 à Paris.

L'an passé, près de 50 000 personnes s'étaient rassemblées fin novembre, dont 30 000 à Paris, selon les organisatrices, la police ayant compté de son côté 12 000 manifestants dans la capitale.

Nombre de manifestants brandissaient des panneaux affichant la photo de leur proche assassinée et une grande banderole s'élevait contre une justice complice, tandis qu'une multitude de pancartes proclamaient : Ras le viol, Féminicides, pas une de plus, Brisons le silence, pas les femmes...

Depuis le début de l'année 2019, au moins 116 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP. Le collectif Féminicides par compagnons ou ex a quant à lui dénombré 137 femmes tuées dans un cadre conjugal depuis le 1er janvier.

Des femmes tiennent une pancarte où est écrit : « 137 femmes tuées, 137 vies volées, 0 réaction ».

Selon le collectif féministe Féminicides par compagnons ou ex, 137 femmes auraient été tuées dans un cadre conjugal depuis le 1er janvier.

Photo : afp via getty images / CLEMENT MAHOUDEAU

Au cours des 12 mois de 2018, on avait recensé 121 victimes féminines, selon le ministère de l'Intérieur.

Partout en France

Une trentaine de marches étaient également organisées dans le reste de la France, notamment à Toulouse, où l'événement a rassemblé plusieurs centaines de manifestants, selon l'AFP. À bas, à bas le patriarcat, On ne se laissera plus jamais faire, scandaient les manifestantes.

Ça fait trop longtemps qu'on est dans un déni individuel et collectif, a affirmé Cathy Augier, 53 ans, interrogée par l'AFP dans le cortège parisien. On est des millions à avoir vécu les mêmes choses. Un jour, un type a mis son sexe dénudé contre moi et personne n'est intervenu. Il y a tant d'histoires horribles et de femmes qui font avec. Mais il faut que ça cesse, a-t-elle ajouté.

Des manifestantes portent des affiches où de nombreux noms de femmes assassinées par leur conjoint sont inscrits.

Les manifestantes portaient des affiches où étaient inscrits les noms de victimes de féminicide.

Photo : Reuters / Christian Hartmann

L'une des organisatrices, Caroline De Haas, a pointé un manque de moyens et une absence de réponse à la hauteur de la part du gouvernement. Elle réclame un milliard d'euros pour la lutte contre les violences faites aux femmes, alors que le budget annuel qui lui est consacré est de 361,5 millions d'euros, selon le cabinet de la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.

Cette mobilisation survient juste avant la clôture, lundi, d'une vaste consultation sur les violences conjugales, lancée début septembre pour tenter d'enrayer ce fléau. Le premier ministre Édouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres du gouvernement, doit y annoncer une quarantaine de mesures.

Près de 70 organisations et de nombreuses personnalités se sont jointes au défilé parisien. Parmi elles, Vincent Trintignant, le frère de la comédienne Marie Trintignant, tuée par le chanteur rock Bertrand Cantat en 2003.

Les marches organisées samedi en France se sont déroulées à la veille de la quatrième Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, qui sera célébrée lundi.

Quelque 213 000 femmes majeures sont victimes chaque année de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint, selon les données officielles.

En Italie, au cours des cinq dernières années, 538 000 femmes ont été victimes d'abus physiques ou sexuels de la part de leur partenaire, d'après l'Institut national de la statistique. Selon le mouvement féministe Non Una Di Meno, 94 femmes ont été tuées depuis janvier (en 2018, on en avait dénombré 142).

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