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Une nuit dans un congélateur

François-Guy Thivierge dans une tente

L'alpiniste François-Guy Thivierge et son compagnon de grimpe, Carl Darveau, passeront la nuit de vendredi à samedi dans un congélateur de la compagnie Congébec.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

L'alpiniste François-Guy Thivierge et son compagnon de grimpe, Carl Darveau, passeront la nuit de vendredi à samedi dans un congélateur de la compagnie Congébec. Il s'agit d'un exercice qui doit leur permettre de tester leurs équipements en vue de l'expédition qui les conduira au sommet du Cerro Torre en Patagonie, du 15 décembre 2019 au 15 janvier 2020.

L'idée peut sembler farfelue, mais elle est plus que nécessaire selon les aventuriers.

Les deux hommes en sont à leur dernière préparation avant d'affronter la périlleuse montagne de plus de 3000 mètres d'altitude, située à la frontière entre l'Argentine et le Chili.

Ça va nous permettre de confirmer qu'on est bien préparé pour l'expédition, explique Carl Darveau, qui admet que cet entraînement réduira du même coup la nervosité qui l'habite.

Carl Daveau et François-Guy Thivierge

Carl Darveau et François-Guy Thivierge, quelques heures avant de s'installer pour la nuit dans le congélateur.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

On va s'amener un petit livre, poursuit François-Guy Thivierge sur la nuit qui l'attend. On va jaser. On va faire un peu de téléphone. On peut brûler un peu de temps, un petit deux heures. Vers 20 h, on se couche.

Malgré le froid ambiant, Carl Darveau espère y passer une bonne nuit. C'est important avant de partir, parce que là-bas les nuits de sommeil ne seront pas tout le temps géniales, affirme-t-il.

Le congélateur, situé au cœur du parc industriel Vanier à Québec, permet de recréer une partie des conditions qu'ils pourraient devoir affronter lors de leur expédition. La température à l'intérieur de celui-ci est de -18 degrés Celsius. Ils ne pourront en sortir que samedi matin, à 6 heures, après y avoir passé 12 heures.

La porte d'entrée du congélateur

Derrière ces portes, François-Guy Thivierge et Carl Darveau passeront la nuit à -18 degrés Celsius.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Lorsqu'ils graviront la montagne, le refroidissement éolien pourrait par moment frôler les -30. De forts vents, jusqu'à 100 km/h, pourraient également s'ajouter au scénario.

On sait qu'on va avoir des conditions difficiles quand on va dormir dans les grottes de glaces, explique Carl Darveau.

Ce que ça prend, c'est de l'endurance mentale, de l'endurance au froid, résume aussitôt l'alpiniste aguerri François-Guy Thivierge.

Un horaire bien chargé

François-Guy Thivierge, fort de ses 35 ans d'expérience comme alpiniste, entame à peine l'objectif qu'il s'est récemment fixé de grimper 55 montagnes en un peu plus de quatre ans.

Du 30 novembre au 12 décembre, il fera l'ascension de six nouveaux sommets dans six pays différents de l'Amérique centrale. Le plus haut d'entre eux est le guatémaltèque Tajumulco avec une hauteur de 4220 mètres.

C'est pas toujours l'escalade la difficulté, raconte l'homme fort. C'est l'ensemble de l’expédition qui est dure sur le moral. Tu n'es pas dans ta zone de confort, tu es loin de ta famille, de tes proches, tu manges de la bouffe séchée pendant un mois.

Le sentiment que lui procure chaque ascension est beaucoup trop grand pour y mettre un terme. Il compare cet état d'être à celui que vivent les joueurs de hockey lorsqu'ils remportent la coupe Stanley.

C'est une victoire sur nos peurs, estime celui qui a grimpé l'Everest en 2008. La montagne est là, mais c'est une montagne intérieure aussi. Quand on réussit à atteindre le sommet d'une montagne, on est extrêmement fier de nous.

C'est ma vocation et ma mission sur terre de les présenter, conclut François-Guy Thivierge.

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