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Leonard Cohen toujours vivant grâce à son fils Adam

Leonard Cohen chante sur une scène au fond bleu.

Leonard Cohen a rendu l'âme en 2016, mais sa musique, elle, se renouvelle encore.

Photo : Flickr / Adrian Thomson

Radio-Canada

Il rendait son dernier souffle il y a trois ans, et voilà que Leonard Cohen ajoute aujourd’hui un nouvel album à sa discographie déjà bien garnie. Thanks for the Dance est un album à la fois doux et empreint de cette sensualité rauque propre à l’auteur-compositeur-interprète montréalais.

C’est grâce au travail de son fils, Adam Cohen, ainsi que d'artistes et de collaborateurs et collaboratrices de longue date que cette dernière collection de chansons du maître parvient enfin à nos oreilles.

Pas des restants

Adam Cohen nous l’assure d’emblée : cet album, ce n’est pas un raclage de fonds de tiroirs – les retailles, les rebuts, la face B de la cassette du précédent album. Ce disque est exceptionnel parce que ce n’est pas du tout le cas. C’est vraiment de retrouver Leonard Cohen dans sa meilleure forme, au sommet de ses pouvoirs, mentionne-t-il en entrevue avec Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle de l’émission Tout un matin.

Avant de mourir, en novembre 2016, Leonard Cohen avait eu la chance de travailler sur un autre disque, You Want It Darker. L’album paru deux semaines avant son décès abordait évidemment la mort, la finalité, Dieu. C’était, pour la légende de la chanson, une sorte de déclaration finale. Naturellement, il a fallu mettre de côté certaines pièces hors thème.

Quand il y avait des chansons qui avaient un côté romantique, ou même sensuel, un côté plus léger [...]. Ce n’était pas parce qu’on ne les aimait pas, c’était parce qu’elles ne convenaient pas au dernier disque, explique Adam Cohen.

Thanks for the Dance, lancé vendredi, a été l’occasion de prendre ces chansons romantiques et de leur donner vie.

Une mission de son père

Pour créer le précédent album, celui de 2016, Leonard Cohen avait invité Adam à collaborer avec lui pour la première fois. C'était un honneur pour le fils, qui admet avoir mis du temps avant de se sentir à la hauteur de son père, à qui il a « toujours voulu plaire ».

Je pensais que c’était quelque chose qui n’allait jamais m’arriver, en fait. Ça m’a beaucoup validé. Il y avait bien sûr aussi un côté sentimental, le père et le fils qui travaillent ensemble.

Adam Cohen, auteur-compositeur-interprète

Ça me flatte, ça m'édifie, le fait qu’à la fin de sa vie, il m’ait finalement invité à participer, à ma façon, à son œuvre. Je me demande finalement s’il a fait exprès [d’attendre jusqu’à la fin], dit-il. C’est vraiment un des plus beaux cadeaux qu’il ait pu me laisser.

Adam Cohen se souvient du plaisir que son père avait éprouvé en voyant les critiques positives déferler pour You Want It Darker, au crépuscule de sa vie. Il m’a dit : “Il faut absolument que tu finisses ce qu’on a commencé ensemble.”, relate-t-il.

Le fils a donc attendu sept mois après le décès de son père avant de trouver le courage nécessaire pour entrer dans son garage converti en studio, allumer son système d’enregistrement, laisser la voix de son père sortir des haut-parleurs... et entamer la conversation avec lui.

C’est ainsi qu’il s’est affairé à le réanimer, à travers l’art, à travers les pistes sonores qu’il restait de lui.

J’ai essayé de reconstruire, autour de ces prises de voix, une atmosphère qui lui ressemblait, pour faire en sorte qu’il reste en vie, qu’il reste parmi nous, explique le musicien.

En symbiose avec l’esprit

En travaillant sur l’ultime album de son père Thanks for the Dance, Adam a senti que Leonard était bien présent dans le studio.

C’était un luxe de pouvoir retravailler avec lui, de pouvoir recommencer la conversation, de rester en sa compagnie, ajoute-t-il.

La plupart du temps, c’était presque comme si j’avais à mes côtés non seulement sa voix qui sortait des haut-parleurs, mais j’avais en tête mon père assis à côté de moi. Et je lui posais la question : “Est-ce que tu aimes? Est-ce que tu n’aimes pas?” Et souvent, sa réponse était tellement immédiate et directe, je me sentais en communion avec lui.

Adam Cohen, auteur-compositeur-interprète

La communion s’est poursuivie avec les musiciens et musiciennes qui ont participé à l'album, dont Damien Rice, Leslie Feist, Jennifer Warnes et Beck. C’était, pour tout le monde, une façon de faire leurs derniers adieux à l'artiste. Quoique Adam, lui, n’a pas dit adieu à son père... pas tout à fait.

Moi, je le garde très près de moi. Je lui dis au revoir, mais en même temps je le garde très près.

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