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« La pénurie de bois est à nos portes », selon certains acteurs de l'industrie forestière

Des gens assis sur des sièges devant une scène avec le logo de l'AFAT et une personne qui parle au lutrin.

Le 76e congrès annuel de l'Association forestière de l'Abitibi-Témiscmaingue, l'AFAT, avait lieu aujourd'hui à l'école secondaire La Concorde à Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Le Québec pourrait faire face à une pénurie de bois destinés aux scieries. C’est l’un des constats qui a retenu l’attention lors du congrès de l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue (AFAT) qui avait lieu vendredi à Senneterre.

Le professeur de politique forestière à l’Université Laval, Luc Bouthillier, a déclaré que selon lui, l’heure n’était pas au rebrassage de structure, mais à la recherche de solutions. « La pénurie de bois est à nos portes, souligne-t-il. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus de forêt, mais de bois qui correspond aux attentes des industriels. »

Luc Bouthillier pose devant la scène de la conférence.

Luc Bouthillier, professeur et titulaire au département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Sa déclaration a donné le ton au congrès qui se voulait une journée de réflexion sur le régime forestier québécois.

L’économiste du Conseil de l’industrie forestière du Québec, Michel Vincent, estime par ailleurs que l’Abitibi-Témiscamingue est particulièrement touchée par cet enjeu.

La rareté de la ressource est beaucoup plus grande ici qu’ailleurs au Québec, a-t-il précisé lors de son allocution. Selon ses observations, le bois destiné à la récolte se vend particulièrement cher aux enchères, notamment à cause de cette rareté.

150 ans de récolte forestière ont modifié substantiellement la composition de nos forêts et là, il faudrait prendre note de cela.

Luc Bouthillier, professeur de politique forestière à l’Université Laval

Selon M. Bouthillier, il faut réactiver certaines structures de concertation régionales pour trouver des solutions au problème. On est au seuil d’une période très difficile, alors qu’il y a des perspectives extraordinaires pour les produits du bois, observe-t-il. Va falloir partager ensemble les constats, région par région, terrain par terrain.

Le gouvernement québécois doit considérer l’expertise régionale, plaide quant à elle la présidente de l’AFAT, Isabelle Boulianne.

Isabelle Boulianne pose dans la salle de conférence.

Isabelle Boulianne, directrice générale de l'Associaiton forestière de l'Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

On ne peut pas décider comment la forêt se comporte au Québec. Nos régions doivent être mises à contribution. Les gens qui sont sur le terrain, on doit leur parler, mais surtout, les écouter, a-t-elle tranché.

Cohabitation et droits des Autochtones

Plusieurs conférenciers ont aussi échangé sur l’importance de la cohabitation avec les utilisateurs du territoire et d'une réelle prise en compte des communautés autochtones.

Steeve Mathias pose devant des casiers,

Steeve Mathias, chef de la Première Nation de Long Point, à Winneway.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Des propos qui ont retenu l’attention du chef de Winneway, Steeve Mathias, qui a offert une conférence cet après-midi.

Les gens ont de grosses craintes sur la façon dont l’exploitation est en train de se faire. On aurait un intérêt à faire un équilibre dans tout ce développement-là, a-t-il expliqué en rappelant que le territoire anishinabé n’a jamais été cédé. M. Mathias est loin de s’opposer catégoriquement à l’exploitation forestière, mais croit qu’il est possible de faire mieux.

Il faut une entente avec le gouvernement pour les redevances dans tout le domaine des ressources naturelles, plaide-t-il.

Selon le professeur Bouthillier, il y a un « discours » de prise en considération des enjeux autochtones qui ne se traduisent pas toujours par des actions.

On (industriels) essaye de combler nos besoins en bois puis à la marge, on va s’harmoniser, explique-t-il, tout en précisant qu’il y a eu beaucoup d’amélioration dans les 20 dernières années.

Mieux prévoir les aires protégées

Des représentants de l’industrie ont aussi réclamé plus de prévisibilité, notamment en accélérant le processus de mise en place des aires protégées.

C’est le cas du directeur de l’usine Nordbord à Lasarre, Claude Lebel, qui a pris la parole en son nom, et non celui de son employeur. En retardant tout le processus, on limite la connaissance sur les vraies possibilités, puis on ne sait pas sur quel pied danser, a-t-il déclaré.

M. Lebel a d’ailleurs voulu rappeler que même si le travail des compagnies forestières des années 1960 ne prenait pas suffisamment en compte la protection de l’environnement, elles ont cependant contribué au développement des régions.

Selon lui, il ne faut pas occulter cet aspect. On a été un agent de développement du territoire (notamment par l’entremise des chemins forestiers), la preuve, c’est le territoire qu’on a développé est utilisé encore par l’industrie forestière, chasseur, pêcheur et pourvoyeur, dit-il.

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Abitibi–Témiscamingue

Industrie forestière