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Pénurie de propane : des agriculteurs manifestent au centre-ville de Montréal

Des tracteurs devant la gare Centrale du CN au centre-ville de Montréal.

Des agriculteurs se sont rendus jusqu'au centre-ville de Montréal pour se faire entendre à propos des répercussions de la grève au CN sur leur approvisionnement en propane.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Des dizaines d’agriculteurs se sont rendus en tracteur au siège social du CN au centre-ville de Montréal pour dénoncer la pénurie de gaz propane engendrée par la grève des employés du transporteur ferroviaire, déclenchée mardi. Sans propane, des récoltes entières seront bientôt perdues.

Exaspérés par l'imminence de cette pénurie, en raison de l’arrêt des livraisons de gaz, les agriculteurs et producteurs de céréales lancent un cri du cœur.

Parti de Châteauguay, en Montérégie, un cortège d’une dizaine de tracteurs a fait tout le trajet jusqu'au siège social de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, rue De La Gauchetière, au centre-ville de Montréal. Leur départ s'est fait vers 17 h.

Une rencontre aurait eu lieu entre des dirigeants de l'Union des producteurs agricoles (UPA) et des dirigeants du CN, les premiers ayant été vu entrer dans les bureaux du siège social.

Grès au CN: Ottawa refuse toujours de se mêler

En matinée, ils avaient manifesté devant les bureaux de la députée libérale de Châteauguay-Lacolle, Brenda Shanahan, qu'ils ont finalement pu rencontrer.

J'ai bien compris le message ce matin que les gens cherchent une solution immédiate, parce qu'il y a Dame Nature et le temps qui jouent contre eux, a déclaré Mme Shanahan en direct au Téléjournal midi. Elle a ajouté que le ministre Garneau, de pair avec ses collègues Filomena Tassi (Travail) et Marie-Claude Bibeau (Agriculture), travaillait actuellement d'une façon très intense à trouver une solution.

Plus que quelques jours de réserves

Les installations de Propane GRG.

Les installations d'une compagnie de gaz propane dans l'ouest du pays.

Photo : Radio-Canada

Selon les estimations du gouvernement du Québec, les réserves de gaz propane de la province seront épuisées d'ici une semaine.

Très utilisé dans le monde agricole pour faire tourner la machinerie et chauffer des bâtiments de ferme, le gaz propane y est aussi essentiel pour faire sécher les récoltes de grains et de céréales. Sans séchage, des dizaines de milliers de tonnes de grains seront rapidement perdues.

Cela représenterait d’importantes pertes financières en plus d’un énorme gaspillage alimentaire.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) affirme que la situation est déjà critique pour plusieurs producteurs, car le propane représente près de 15 % de la consommation énergétique totale du secteur agricole québécois.

Les secteurs les plus touchés sont les productions de grains, de volaille, d’œufs et de porc.

La pénurie de propane survient à un moment critique pour les producteurs de grains, qui sont aux prises avec l'une des récoltes les plus humides depuis des décennies.

Le propane est extrêmement important à ce temps-ci de la saison, car on doit sécher nos récoltes pour être capables de les entreposer. Et cette année, on a une année qui est anormalement humide dans nos champs. [...] Si le conflit ne se règle pas, on sait que notre maïs va rester dans les champs cet hiver, a expliqué à Radio-Canada Dominique Leroux, du syndicat des Producteurs de grains du Québec.

Je dirais qu’à peu près 80 % de la récolte du Québec et du reste de l'Ontario est séchée au propane. Et 80 % du propane est livré par le CN par rail [au Québec], a-t-il poursuivi.

Le syndicat agricole signale que, si le conflit ne se règle pas en fin de semaine, une autre manifestation, de plus grande ampleur, aura lieu lundi dans la région de Montréal.

Au Québec, l’industrie, l’agriculture et les commerces consomment plus de 6 millions de litres de gaz propane par jour.

10 % du service ferroviaire assuré

Un travailleur ferroviaire traverse une voie ferrée devant une locomotive du CN dans une gare de triage.

Un train du Canadien National à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Dans un communiqué publié vendredi après-midi, la direction du CN affirme qu’actuellement, un petit bassin de cadres assure environ 10 % du service normal sur l’ensemble des 22 000 kilomètres de son réseau.

Selon le CN, des quantités très limitées de plusieurs types de marchandises circulent à travers le pays. Ceci inclut le transport de conteneurs de manière à garder les ports du Canada fluides afin de pouvoir retourner à des opérations normales après la grève.

Le CN demande à la CFTC-CTA [Conférence ferroviaire de Teamsters Canada] d’accepter l’arbitrage exécutoire volontaire par une tierce partie indépendante choisie conjointement par le CN et le syndicat ou encore par la ministre du Travail, comme moyen de mettre fin à ce conflit de travail et afin de retourner immédiatement au service de l’économie canadienne de manière sécuritaire et efficace, peut-on lire dans le communiqué du CN.

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Agriculture