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Les contrôles policiers de routine doivent cesser, dit la Commission des droits

Un policier interceptant un automobiliste.

Les Noirs, les Autochtones et les Arabes sont beaucoup plus susceptibles de faire l'objet d'un contrôle de routine par les policiers montréalais que les Blancs, a montré un récent rapport de chercheurs universitaires.

Photo : Radio-Canada / Samuel Pouliot

La Presse canadienne

Si la police de Montréal ne peut pas reconnaître la présence du racisme dans ses rangs, les contrôles « de routine » visant les minorités visibles continueront sans fondement, ont déclaré des citoyens à propos du Comité de la sécurité publique de la Ville, vendredi.

Tour à tour, des résidents de Montréal se sont emparés du micro pour dire aux responsables de la Ville que la police réalisait couramment du profilage contre les personnes faisant partie des minorités visibles.

Dans des propos adressés aux responsables du Service de police de la Ville de Montréal ( SPVM), Anastasia Marcelin a dit espérer que ceux-ci sortiraient de cette rencontre en étant conscients de la colère des citoyens venus, comme elle, dénoncer de mauvais traitements.

Réflexion publique sur la discrimination systémique

En réponse à Mme Marcelin et aux nombreuses autres personnes qui ont pris la parole lors des audiences, le directeur adjoint de la police de Montréal, Marc Charbonneau, a simplement répondu que le SPVM admettait un biais systémique dans ses rangs.

Les commentaires empreints d'émotion ont fait suite à la publication récente d'un rapport de chercheurs universitaires commandé par la Ville, qui montre que les personnes noires, arabes et autochtones sont interpellées par la police beaucoup plus souvent que les personnes blanches à Montréal.

Le rapport indique que les Montréalais noirs et autochtones ont quatre à cinq fois plus de risques d'être soumis à des contrôles policiers de routine que le reste de la population, tandis que les personnes de descendance arabe ont deux fois plus de risques de faire l'objet d'un contrôle.

Les chercheurs ont écrit que, bien que la situation ne puisse être décrite de manière concluante comme un profilage racial, un biais systémique lié à l'appartenance ethnique était présent dans les interventions de la police.

Balarama Holness, un étudiant en droit de l'Université McGill, a soutenu que la police devait accepter le fait que le racisme existe dans ses rangs.

Les officiers racistes au sein du corps policier doivent être identifiés et punis, a-t-il affirmé, et le chef de police doit immédiatement donner l'ordre aux officiers subalternes d'arrêter les contrôles de routine.

Tout le monde a des biais subconscients, a soutenu M. Holness en entrevue en dehors de la salle de réunion du conseil. Lorsque vous croisez, dans votre esprit, la criminalité avec la couleur de la peau ou la position sociale, vous êtes raciste.

« Biais systémique »

Le porte-parole de la police André Durocher a parlé aux journalistes après la réunion et a soutenu que M. Charbonneau et d'autres responsables utilisaient l'expression biais systémique, puisqu'il s'agit du terme utilisé par les chercheurs dans le rapport. Lorsqu'on lui a demandé si la police se livrait à un profilage racial, il a répondu par la négative.

M. Durocher a affirmé la nécessité d'autres études.

Nous avons besoin d'une recherche et de plus d'informations pour savoir ce qui se cache derrière ces chiffres.

André Durocher, porte-parole de la police

Alain Babineau, ancien membre de la GRC et maintenant du Centre de recherche-action sur les relations raciales, a affirmé en entrevue s'inquiéter du fait que la police ne reconnaisse pas le profilage racial.

Avant de pouvoir vous attaquer à un problème, vous devez reconnaître qu'il existe.

Alain Babineau

M. Babineau a affirmé que la police se faisait des illusions si elle estimait pouvoir concevoir une politique globale d'ici quelques mois, alors qu'il a fallu quatre ans aux autorités ontariennes pour conclure un exercice similaire.

Les nouvelles règles régissant la façon dont la police en Ontario procède à des vérifications de routine sont entrées en vigueur le 1er janvier 2017.

Le directeur adjoint du Service de police de la Ville de Montréal, Marc Charbonneau, a dit accepter les conclusions du rapport et a indiqué que le corps policier en arriverait avec une politique sur les contrôles de routine d'ici mars 2020.

Appel à la fin immédiate des contrôles policiers

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse affirme que la police de Montréal doit mettre fin dès maintenant aux contrôles policiers de routine, qui viseraient de manière disproportionnée les personnes noires, les Autochtones et les Arabes.

La vice-présidente de la Commission, Myrlande Pierre, a formulé cette recommandation, vendredi, aux membres de la Commission de la sécurité publique.

Mme Pierre affirme également que la police doit commencer à recueillir des données fiables au cours d'arrestations ou de contrôles, afin de permettre d'évaluer l'effet disproportionné et discriminatoire de certaines pratiques ou normes, qui pourront ensuite être modifiées en conséquence.

Le conseil municipal de Montréal a adopté lundi soir une motion qui invite le SPVM à faire cesser immédiatement les interpellations sans fondement et à présenter une politique qui encadrerait les interpellations en général.

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