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La vapoteuse inquiète la direction à l’École secondaire Paul-Hubert

Un homme exhale de la fumée d'une cigarette électronique de marque Juul. En seulement trois ans, ce fabricant de cigarettes électroniques a avalé le marché américain avec ses produits en forme de clé USB. Son succès représente un dilemme de santé publique pour les autorités des États-Unis et d'ailleurs.

La marque Juul est populaire auprès des jeunes. (Archives)

Photo : AFP/Getty Images / Eva Hambach

Shanelle Guérin

La direction de l’École secondaire Paul-Hubert à Rimouski s’inquiète de la popularité grandissante de la vapoteuse et de son usage fortement banalisé par les élèves. Certains jeunes ont utilisé la cigarette électronique à l’intérieur des murs de l’école, loin des regards des adultes, soit dans les vestiaires, les toilettes ou même en classe.

La direction a confirmé qu’elle a mis trois de ses élèves en retenue pour avoir vapoté à l’intérieur des murs de l’école.

Le directeur adjoint de l’École Paul-Hubert, Jeff O’Connor, remarque que le nombre de jeunes qui vapotent augmente, et ce, suffisamment pour qualifier la situation de préoccupante.

Nous, c'est clair qu'à l'école on va être intransigeant : fumer à l'intérieur de l'école, c'est inacceptable. Ça ne répond pas à notre code de vie, ce n'est pas légal non plus de toute façon. On va veiller à mettre en place les conséquences pour que ça cesse finalement, avertit-il.

La direction demande par ailleurs aux parents des élèves de sensibiliser les jeunes aux mesures disciplinaires auxquelles ils s’exposent en fumant à l’école ainsi qu'aux conséquences du vapotage sur la santé.

En parler avec les jeunes

Un parent rencontré se dit rassuré que l’école prenne la situation au sérieux, mais s'inquiète tout de même : Je trouve que les jeunes en prennent trop, trop tôt. Je trouve ça important qu'on en parle. Qu'on en parle ouvertement à la maison. Et je trouve ça important que les jeunes soient informés sur ce qu'il y a à l'intérieur [de la vapoteuse].

Un panneau sur le terrain de l'école rappelle l’interdiction de fumer et de vapoter en tout temps.

L'École secondaire Paul-Hubert à Rimouski affiche plusieurs panneaux de ce genre sur son terrain.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

La santé publique se penche sur le problème

D’ailleurs, les méfaits sur la santé liés au vapotage sont encore très peu connus, selon le directeur de la santé publique du CISSS du Bas-Saint-Laurent, le Dr Sylvain Leduc. Qui plus est, le Dr Leduc note que les jeunes modifient le dispositif de leur vapoteuse en ajoutant des arômes. Il s’agit d’une méthode qui fait varier le niveau de nicotine sans qu’on puisse bien déterminer ce qu’ils aspirent dans leurs poumons.

Le produit, qui devait a priori être une solution de rechange à la cigarette pour les fumeurs, devient maintenant un produit à la mode qui cherche à accrocher une nouvelle clientèle, les jeunes, selon le Directeur de la santé publique.

Le Dr Leduc explique que la vapoteuse est composée d’un liquide que l’on chauffe, qui ensuite crée l’aérosol que l’on aspire. Des arômes comme la menthe, la vanille, la mangue ou la crème brûlée sont en vente, ce qui peut être attrayant pour les jeunes.

Il y a vraiment une importance de rejoindre les jeunes, insiste Sylvain Leduc. En ce moment, ceux qui les rejoignent, c'est souvent des influenceurs via les médias sociaux. Et là, sur YouTube, vous pouvez trouver des façons de modifier vous-même votre propre vapoteuse, faire vos propres mélanges. Imaginez comment ça peut influencer des gens aussi, s’inquiète-t-il.

Le docteur Leduc parle d’environ 25 à 30 % des jeunes qui l’auraient essayé dans la dernière année au Bas-Saint-Laurent. Ils risquent de devenir dépendants à la nicotine en plus de s’exposer à d’autres problèmes pulmonaires.

Objectif : sans fumée

Ailleurs au Bas-Saint-Laurent, l’École secondaire du Mistral à Mont-Joli s’est fixé l’objectif d’éradiquer complètement le tabagisme de son établissement d’ici deux ans. Les membres du personnel sont aussi visés par cette politique. L'école est accompagnée par le Conseil québécois sur le tabac et la santé dans cette démarche.

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