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Des masques difficiles à distinguer des visages humains

Les créateurs des masques imaginés dans la série de films Mission impossible avaient anticipé la réalité actuelle.

Le Dr Rob Jenkins avec un masque hyperréaliste.

Le Dr Rob Jenkins présente un masque hyperréaliste.

Photo : Université de York/Paul Shields

Alain Labelle

Les masques en silicone sont devenus si réalistes qu’ils sont de plus en plus difficiles à différencier de réelles têtes humaines, montrent les résultats d’une étude britannique.

En fait, ces masques de plastique imitent non seulement le visage d’une personne, mais également l’ensemble de sa tête.

Gros plan sur un masque.

Les moindres détails, comme les taches de rousseur, les rides, les cicatrices et les cheveux apparaissent aussi vrais que ceux des humains.

Photo : Université de York/Paul Shields

Les auteurs de la série Mission impossible ont d’ailleurs incorporé ce type de masques dans la plupart de leurs films.

La génération actuelle de masques est si réaliste que la plupart des gens arrivent difficilement à distinguer un faux visage d’un vrai.

Rob Jenkins, Université de York

Les moindres détails, comme les taches de rousseur, les rides, les cicatrices et les cheveux, apparaissent aussi vrais que ceux des humains.

Exemple d'un masque hyperréaliste.

Exemple d'un masque hyperréaliste.

Photo : Université de York/Jet Sanders

Si vrais que 20 % des participants aux travaux du Dr Rob Jenkins de l’Université de York, à qui on avait présenté deux photographies (visage normal et masqué), n’ont pas été en mesure de savoir quelle personne portait un masque.

Ce taux d'erreur sous-estime probablement la mesure dans laquelle les gens auraient de la difficulté à distinguer un visage artificiel d’un réel à l'extérieur d’une expérience en laboratoire.

Rob Jenkins, Université de York

Nos participants avaient plusieurs avantages par rapport aux autres. Nous leur avions clairement indiqué que leur tâche consistait à identifier le masque dans chaque paire d'images, et nous leur avons montré des exemples de masques avant que le test ne commence, explique le Dr Jenkins.

Exemple d'un masque hyperréaliste.

Exemple d'un masque hyperréaliste.

Photo : Université de York/Jet Sanders

Différence culturelle

Ces chercheurs en psychologie ont rassemblé des données recueillies au Royaume-Uni et au Japon pour établir s’il existe des différences selon la race.

Leurs résultats montrent que, lorsqu'on demande aux participants de choisir entre des photographies représentant des visages d'une race différente de la leur, les temps de réponse s’allongent de 5 %, et leurs choix sont moins précis.

Crimes et châtiments

Ces visages synthétiques représentent une menace réelle pour la sécurité et la prévention du crime, selon les chercheurs, puisqu’ils peuvent mener à identifier incorrectement des caractéristiques clés de l'apparence d'une personne.

Ainsi, le Dr Jet Sanders explique qu’il existe actuellement des dizaines de dossiers criminels dans lesquels les accusés se sont fait passer pour des personnes d'un âge, d'une race ou d'un sexe différents. Une réalité qui complique évidemment le travail des enquêteurs.

Le psychologue donne l’exemple d’un cas récent d’un membre d’un gang international qui a utilisé un masque hyperréaliste pour usurper l'identité d'un ministre français et ainsi escroquer des chefs d'entreprise de millions de dollars.

L’incapacité de détecter les visages synthétiques peut avoir d'importantes implications dans les affaires criminelles, car les masques hyperréalistes peuvent permettre de mal identifier les principales caractéristiques de l'apparence d'une personne.

Dr Jet Sanders

À l’heure actuelle, la confection d’un tel masque coûte un peu moins de 2000 $, mais les experts estiment que ce montant pourrait diminuer dans les prochaines années au fur et à mesure que les techniques de fabrication se préciseront.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Cognitive Research: Principles and Implications  (Nouvelle fenêtre)(en anglais).

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