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Pari réussi pour le quitte ou double en danse à La Nouvelle Scène

À gauche, on voit un homme bondissant dans les airs. À gauche, trois danseurs vêtus de blanc semblent sortir d'un écran de fumée.

Le corps, à la fois fort, résilient et fragile, est au coeur des deux chorégraphies présentées à La Nouvelle Scène.

Photo : Radio-Canada

Stéphanie Rhéaume

CRITIQUE - Les spectateurs ont droit à un plateau double relevé avec Running Piece et Lamelles, présenté au théâtre de l’avenue King Edward à Ottawa. Les deux propositions déclinent le corps de manière complètement différente : dans une performance athlétique empreinte de philosophie, puis dans une approche fascinante et déroutante, où la lumière dessine parfaitement les limites de l’anatomie humaine.

La soirée débute d’abord au studio B, où le danseur vancouvérois James Gnam marche déjà sur un tapis roulant à l’arrivée des gens dans la salle. Il n’en descendra pas avant la fin de l’heure que dure sa prestation.

La mise en scène s’inscrit dans une démarche simple et efficace. Un tapis roulant pivotant est installé au centre de la pièce devant un écran où défilent à l’occasion des projections, donnant une certaine vitesse au danseur-coureur.

Un danseur exécute des mouvements amplifiés sollicitant ses bras et ses jambes.

C'est James Gnam, un artiste de Vancouver, qui danse « Running Piece » à Ottawa.

Photo : Dominique Skoltz

La chorégraphie imaginée par Jacques Poulin-Denis s’avère d’une exigence considérable. Le solo de Running Piece contraint l’artiste qui lui donne vie à rester en mouvements constants, que ce soit à la course, en enjambées exaltées, à contresens, évoquant parfois un pantin désarticulé.

Mais pourquoi court-il? La danse étonne ici en permettant une multitude d’interprétations, selon l’oeil avide qui la regarde. Certains verront un homme porter sur lui tout le poids du monde, puis passer le fil d’arrivée, avant d’exprimer une certaine lassitude, puis une forme de paix intérieure, complètement épuisé par cette course folle.

Dans tous les cas, on doit aller de l’avant, répète une voix hors-champ. Malgré les écueils de la vie, il faut continuer d’avancer.

Les membres du corps isolés en lumière

Quatre mains de femmes sont posées sur le dos nu d'un homme. En arrière-plan, la noirceur.

Les différentes parties du corps sortent de l'ombre pour faire naître différents tableaux à la fois fascinants et déroutants.

Photo : Maxime Robert-Lachaine

Avec Lamelles, Cédric Delorme-Bouchard découpe le corps humain dans une poésie déconcertante. Le concepteur lumière, scénographe et metteur en scène trace un rideau de lumière sur scène créant une frontière claire entre les danseurs et le public.

La morphologie de cinq femmes et deux hommes est mise à profit pour faire naître des tableaux où les différentes parties du corps sortent d’abord isolément de l’obscurité, pour ensuite apprivoiser la clarté, y compris dans toute la vulnérabilité d'une réelle mise à nu.

Plusieurs moments d’une grande beauté ponctuent le spectacle. Lamelles s’ouvre d’abord sur un magnifique jeu de mains dans le clair-obscur. À un autre moment, des jambes utilisées dans un lent mouvement rappellent un kaléidoscope. Un dessin prend aussi forme sous nos yeux alors que s'enchevêtre une série de bras et de mains en s’extirpant de la noirceur.

La proposition de Cédric Delorme-Bouchard force les spectateurs à prendre conscience de ce que constitue réellement un corps. Le voir démembré confère une certaine morbidité, notamment dans un tableau où des têtes roulent détachées de tout corps. Des mains insistantes sur des jambes visiblement non désireuses d’être touchées ne laissent pas non plus le public indifférent.

Une main d'homme saisie la jambe nue d'une femme. En arrière-plan, la noirceur d'une scène de théâtre.

Avec « Lamelles », le metteur en scène Cédric Delorme-Bouchard découpe le corps humain pour le mettre en lumière.

Photo : Maxime Robert-Lachaine

POUR Y ALLER
Running Piece et Lamelles
La Nouvelle Scène
Jusqu’au 23 novembre, 19h30

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