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Deux ans de prison pour l’homme qui a happé mortellement Marjolaine Ward

Un groupe d'hommes qui marchent sur un trottoir.

Matthew Clifford Gaudet (au centre) après sa comparution en cour mercredi matin.

Photo : Radio-Canada / Steve Bruce

François Pierre Dufault

L’homme qui a happé mortellement Marjolaine Ward à l’Île-du-Prince-Édouard à l’été 2018 est condamné à une peine de deux ans de prison.

En juillet dernier, Matthew Gaudet, 32 ans, a plaidé coupable d'accusations de conduite dangereuse et de délit de fuite relativement à la mort de l’enseignante de français originaire de la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

La peine de prison dans un établissement fédéral sera suivie d'une interdiction de conduire un véhicule pendant quatre ans.

Les gestes posés par Matthew Gaudet ont eu des conséquences lourdes et tragiques, a déclaré la juge Tracey Clements, de la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard, peu avant de rendre sa décision au palais de justice de Summerside, vendredi matin.

La mort de l'enseignante à l'École Pierre-Chiasson dans la région de Tignish, survenue à quelques jours de la rentrée scolaire, avait fortement ébranlé la communauté acadienne et francophone de l'endroit.

Photo de Marjolaine Ward, enseignante à l'école de Deblois.

Marjolaine Ward, enseignante de l'École Pierre-Chiasson de Deblois, dans l'ouest de l'Î.-P.-É., a été victime d'un délit de fuite plus tôt cette semaine. Un homme a été arrêté.

Photo : Facebook/École Pierre-Chiasson

Délit de fuite

Le soir du 27 août 2018, Matthew Gaudet filait à plus de 120 km/h, soit une fois et demie la limite de vitesse permise sur la route 12, près du petit village de Kildare Capes, lorsque sa voiture a percuté le vélo sur lequel se trouvait Marjolaine Ward.

Le chauffard a poursuivi sa route sans s'arrêter.

Matthew Gaudet a ensuite garé sa voiture au domicile de ses parents et s'est enfui au volant d'un autre véhicule. C'est sa mère qui a prévenu les autorités après avoir aperçu les dommages à l'avant de la voiture.

Graves traumatismes sur le corps

Selon les experts en reconstitution de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui ont analysé la scène de la collision, la cycliste a été projetée sur une distance d'une dizaine de mètres. Son décès a été constaté à son arrivée à l'hôpital de Summerside. Le rapport d'autopsie fait état de graves traumatismes sur tout le corps.

La consommation d'alcool écartée

Matthew Gaudet aurait consommé de l'alcool dans l'heure qui a précédé la collision mortelle, d'après le témoignage d'une cousine avec laquelle il se trouvait à ce moment-là.

L'alcool ne peut cependant pas être considéré comme un facteur dans cette affaire, selon le ministère public, puisqu'il n'y a aucun moyen d'établir hors de tout doute que l'accusé était en état d'ébriété au moment de la collision qui a coûté la vie à Marjolaine Ward.

Circonstances atténuantes

Dans sa décision, la juge Tracey Clements a pris en compte les déclarations des proches de la victime, notamment celle de son fils qui s'est dit totalement submergé par le deuil. Elle a aussi tenu compte des remords exprimés par Matthew Gaudet, de même que du diagnostic de schizophrénie paranoïde qu'il a reçu et le fait qu'il a dû être hospitalisé à deux occasions depuis la collision mortelle.

Dans une moindre mesure, la magistrate a pris en compte les condamnations antérieures de l'accusé pour conduite avec facultés affaiblies, puisque celles-ci remontent à il y a plus de 10 ans.

Le mois dernier, les avocats du ministère public à l'Île-du-Prince-Édouard et de la défense de Matthew Gaudet se sont entendus pour recommander au tribunal une peine de deux ans de prison pour l'homme de 32 ans.

Un homme avec un manteau noir et des lunettes de soleil, devant un drapeau de l'Île-du-Prince-Édouard.

John Diamond, procureur de la Couronne à l'Île-du-Prince-Édouard

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Une peine trop peu sévère?

Des proches de Marjolaine Ward, qui étaient présents pour le prononcé de la peine de Matthew Gaudet, ont préféré ne pas faire de commentaire à leur sortie du palais de justice de Summerside, vendredi. Toutefois, lors d'une comparution précédente, ils ont jugé la peine recommandée trop peu sévère.

Il n'y a aucun moyen de dédommager la famille pour la perte qu'elle a subie, a reconnu le procureur de la Couronne, John Diamond. [Marjolaine Ward] était une personne exceptionnelle. Elle était une membre appréciée de la communauté et de sa famille. Le fait que l'accusé va purger une peine de deux ans dans un établissement fédéral ne va pas dédommager les proches de la victime. J'en suis bien conscient.

Cohérence avec les peines antérieures

En vertu du Code criminel, la peine maximale pour une accusation de conduite dangereuse ayant la causé la mort est 14 ans de prison.

La peine maximale pour un délit de fuite est la prison à perpétuité en cas de décès. Mais de façon générale, les personnes qui ont été condamnées pour conduite dangereuse ayant causé la mort à l'Île-du-Prince-Édouard au cours de la dernière décennie ont reçu des peines de deux ans de prison.

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