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Un rapport de 2015 mettait en garde le SCRS contre les « menaces internes »

Deux hommes ouvrent une porte.

Cameron Ortis est accusé d’avoir tenté de transmettre des secrets d’État à une puissance étrangère ou à un groupe terroriste.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Un rapport rédigé par le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, un comité qui dépend directement du Parlement fédéral, prévenait le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) que ses politiques de sécurité interne étaient défaillantes.

Les conclusions de ce rapport attirent l’attention d’experts en sécurité dans la foulée de l’affaire Cameron Ortis, l’ancien directeur général du renseignement de la Gendarmerie royale (GRC) qui attend son procès pour espionnage.

Des voix s’élèvent pour réclamer une révision des méthodes employées par les différents services de renseignement pour s’assurer que leurs employés ne transmettent pas d’informations confidentielles, que ce soit par accident ou volontairement.

Des listes mal gérées

Le Comité émettait notamment des inquiétudes quant à la gestion des listes où sont répertoriées les consultations d’informations confidentielles par des employés. Il a constaté un manque de rigueur et de procédures formelles nécessaires à la bonne administration de ces listes.

Le rapport soulignait aussi des lacunes dans la manière dont le SCRS décidait du moment où il fallait mener des enquêtes internes, décrivant son protocole comme étant flou et apparemment subjectif. On y expose aussi le fait que les documents relatifs à des enquêtes n’étaient pas conservés, ce qui aurait pu être utile.

Les procédures de sécurité interne sont en révision constante et elles sont améliorées quand le besoin se présente, a indiqué un porte-parole du SCRS lorsqu'il a été contacté par la CBC à ce sujet.

Filtrage à l’embauche

Tous les employés du SCRS sont soumis à un processus de vérification intensif au moment de leur embauche, puis tous les cinq ans, a souligné ce même porte-parole.

De son côté, la GRC a ouvert une enquête interne sur le cas de Cameron Ortis afin d’identifier des failles de sécurité potentielles et de les colmater. L’agence a aussi commencé à revoir sa gestion des informations confidentielles.

La GRC, cependant, a confiance dans son processus de vérification de sécurité, qui comprend plusieurs étapes, notamment la vérification du curriculum vitae, la vérification de la solvabilité, la vérification du casier judiciaire, les enquêtes de source ouverte, les entretiens et les enquêtes sur le terrain, a indiqué une de ses porte-parole à la CBC au sujet du recrutement des employés.

Des experts en sécurité nationale demandent une réévaluation

Une ancienne analyste stratégique principale du SCRS, Jessica Davis, estime que ce processus de vérification devrait faire l’objet d’une révision dans l’ensemble du secteur du renseignement.

Les processus internes, en particulier au sein de la GRC, devraient susciter certaines inquiétudes en raison des allégations concernant [Cameron] Ortis, observe celle qui est maintenant présidente de l'entreprise Insight Threat Intelligence.

Elle est d’avis que, même si le processus de recrutement n’est pas forcément en cause dans l’affaire Cameron Ortis, ce processus pourrait être réévalué pour s’assurer qu’il soit aussi exhaustif et à jour que possible.

En 2014, Ottawa a lancé un programme pour améliorer et uniformiser les vérifications de sécurité, qui comprend des examens en profondeur des antécédents des employés et un test polygraphique. Cameron Ortis, qui avait déjà été embauché, n’a jamais subi ce test.

Le professeur Wesley Wark, spécialiste en cybersécurité et en renseignement à l'Université d'Ottawa, croit pour sa part qu’il est temps d'ouvrir une enquête plus vaste et plus approfondie sur la manière dont on surveille les Canadiens qui ont accès à des secrets d’État.

Le professeur Wark propose au gouvernement de se pencher sur la possibilité d’accroître les pouvoirs et les ressources dont disposent les enquêteurs de sécurité des ministères, des agents qui travaillent en interne dans les agences pour surveiller les employés disposant d'une habilitation de sécurité.

Il met d’autre part en garde contre la possibilité d’exiger des employés qu’ils se surveillent davantage les uns les autres. Une idée fallacieuse et malavisée qui rendrait leur milieu de travail nocif, estime-t-il.

Avec les informations de CBC

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