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Une militante canado-somalienne meurt d'une balle perdue à Mogadiscio

Almaas Elman était retournée dans son pays d'origine pour l'aider à se relever de la guerre civile.

Un égoportrait de la jeune femme.

La mort d'Almaas Elman aurait été causée par une simple balle perdue, selon l'Union africaine.

Photo : Twitter/@AlmaasElman

Radio-Canada

Des funérailles auront lieu vendredi dans une mosquée Mogadiscio pour inhumer la dépouille d'Almaas Elman, une militante à la double citoyenneté canadienne et somalienne qui était retournée dans son pays d'origine pour participer aux efforts de reconstruction.

La jeune femme a péri plus tôt cette semaine à la base d'Halane, une enceinte lourdement fortifiée jouxtant l'aéroport de la capitale, où vivent de nombreux militaires, diplomates et travailleurs humanitaires.

Selon les premiers éléments d'enquête, Mme Elman aurait été victime d'une balle perdue, a fait savoir par voie de communiqué la mission de l'Union africaine (UA) responsable du maintien de la paix dans le pays.

Qualifiant la mort de la militante de « crève-coeur » et de « regrettable », l'UA a fait savoir qu'on ne lui avait rapporté aucun coup de feu sur la base d'Halane au moment du drame, mais que des balles perdues lui avaient déjà été signalées auparavant.

Émigrer pour mieux revenir

Almaas Elman avait émigré avec sa mère et ses deux sœurs au Canada en 1999, à l'instar des dizaines de milliers de Somaliens qui, dans les années 1990, ont fui la guerre civile provoquée par la chute du président Siad Barre.

Elle avait été accueillie comme réfugiée trois ans après l'assassinat de son père, Elman Ali Ahmed, un homme bien connu à Mogadiscio pour avoir dirigé avec son épouse une série de programmes communautaires destinés à sauver des enfants-soldats.

Ayant grandi à Ottawa, la jeune femme était retournée en Somalie au début des années 2010 pour poursuivre l'oeuvre de ses parents.

Sa sœur Ilwad Elman, qui a fait comme elle, a d'ailleurs été sélectionnée pour le prix Nobel de la paix l'an dernier. L'honneur a toutefois été remis au premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Mme Elman s'adresse à une foule en parlant dans un micro.

Ilwad Elman a notamment participé à l'organisation de l'événement TEDx Mogadiscio en 2013 (archives).

Photo : Associated Press / Farah Abdi Warsameh

Almaas Elman travaillait comme consultante pour la délégation de l'Union européenne (UE) en Somalie au moment de sa mort. L'ambassadeur de l'UE en Somalie, Nicolas Berlanga, a déclaré sur Twitter que les membres de son équipe avaient été bénis par son énergie dans les derniers mois et que son souvenir sera toujours présent auprès d'eux.

Almaas Elman est au moins la deuxième citoyenne canadienne à perdre la vie de manière abrupte en Somalie cette année. En juillet, la journaliste Hodan Nalayeh, une autre immigrante qui a grandi en banlieue de Toronto, a été tuée dans un attentat-suicide qui a fait 27 morts dans la ville portuaire de Kismayo, dans le sud du pays.

Ahmed Hussein en conférence de presse.

La mort d'Almaas Elman est une nouvelle difficile à prendre, affirme le ministre Ahmed Hussen.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Originaire de Somalie, le ministre Ahmed Hussen – qui a changé de portefeuille mercredi, passant de ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté à ministre des Enfants, de la Famille et du Développement social – a qualifié la mort d'Almaas Elman de dévastatrice pour beaucoup de personnes, y compris lui-même.

La famille Elman est extraordinaire... Apprendre cette nouvelle a été très difficile pour beaucoup de gens, dont moi, parce que nous savons les contributions que la famille a apportées et continue à apporter en Somalie.

Ahmed Hussen, ministre des Enfants, de la Famille et du Développement social

Il est inacceptable de s'en prendre à des travailleurs humanitaires, a-t-il ajouté, rappelant que ces attaques avaient pour but d'intimider ces activistes et de les empêcher de travailler. C'est pourquoi nous nous devons d'apprécier les gens qui prennent ce risque [et] qui font une réelle différence sur le terrain.

Située dans la corne de l'Afrique, la Somalie est en proie à des violences continues depuis près de 30 ans. Aujourd'hui, la menace vient surtout des milices Al-Chabab, reliées à la nébuleuse terroriste Al-Qaïda, très présentes dans les régions rurales du pays. Même si elles ont perdu le contrôle de Mogadiscio, elles s'en prennent régulièrement à des hôtels et à d'autres cibles très en vue dans la capitale. L'explosion d'un camion piégé à Mogadiscio en octobre 2017 a fait plus de 500 victimes.

Avec les informations de La Presse canadienne, Associated Press, et The New York Times

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