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Le changement climatique pose un risque au système financier, dit Stephen Poloz

Vue aérienne des inondations à Rigaud

De nombreuses maisons de Rigaud, en Montérégie, ont été inondées au printemps 2019 en raison de la crue de la rivière des Outaouais.

Photo : Images captées par le drone de Radio-Canada

La Presse canadienne

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, participait jeudi à une discussion sur le changement économique et les nouveaux risques, mais il n'a pas été interrogé sur les risques liés aux changements climatiques. Il les a donc évoqués lui-même.

Il s'agit du risque de transition, à vrai dire, puisque l'ensemble des portefeuilles et des pratiques de prêt convergent, en quelque sorte, sur une ligne de tendance climatique différente, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes sur les systèmes financiers, a-t-il affirmé.

Nous devons donc modéliser cela et faire des simulations de crise, et d'autres choses, alors élaborons de nouveaux outils pour cela.

Les commentaires du gouverneur surviennent alors même que la banque centrale mettait de l'avant, plus tôt cette semaine, ses priorités en matière de recherche sur les effets potentiels des changements climatiques.

Dans un rapport publié mardi, la banque centrale évoquait notamment les risques physiques liés à l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, les risques financiers liés aux actifs échoués et les risques plus larges liés à un système marqué par l'accroissement de la volatilité et de l'imprévisibilité.

Le rapport de Miguel Molico, directeur principal de la recherche au département de la stabilité financière de la Banque du Canada, souligne que les secteurs à forte intensité de carbone, comme le secteur pétrolier et gazier, pourraient être touchés négativement par des changements importants dans les prix relatifs au cours de la transition vers une économie bas-carbone.

Pour maintenir le réchauffement sous les 2 degrés Celsius [...] il faudrait nécessairement délaisser certaines réserves de combustibles fossiles, lesquelles deviendraient alors des actifs échoués, autrement dit inutilisables.

Miguel Molico, directeur principal de la recherche à la Banque du Canada

Ces risques de transition sont d'une importance particulière pour le Canada, compte tenu de ses matières premières riches en carbone, de la grande place qu'occupent actuellement certains de ces secteurs dans l'économie, et des besoins énergétiques pour le refroidissement et le chauffage.

Si les phénomènes météo extrêmes devaient continuer de se faire plus fréquents ou plus violents, ou que la transition vers une économie bas-carbone devait se produire de façon tardive et abrupte, les impacts sur le système financier canadien pourraient être considérables et même avoir des répercussions systémiques, a-t-il précisé.

Même si plusieurs inconnus persistent quant à l'impact potentiel du changement climatique, ses effets physiques pourraient réduire le produit intérieur brut annuel mondial par habitant d'entre 1,5 % et 23 % d'ici la fin du siècle, a calculé M. Molico.

En mai, la Banque du Canada a inclus, pour la première fois, le changement climatique parmi les principales préoccupations pour l'économie dans son rapport sur la santé du système financier.

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Économie