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Les jeunes libéraux imposent une condition aux candidats à la chefferie

Ils demandent aux candidats de mettre fin aux investissements et subventions du gouvernement dans les hydrocarbures au cours des deux premières années d’un mandat libéral.

Un militant au micro lors d'un congrès de la Commission-jeunesse du Parti libéral du Québec

Les moins de 25 ans au Parti libéral du Québec détiendront 33 % des votes lors du choix du prochain chef de l'organisation. La photo ci-haut date du mois d'août dernier.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Mathieu Dion

Les membres de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) poseront une question aux candidats à la succession de Philippe Couillard pendant le Conseil général ce week-end à Sherbrooke. Et une réponse négative pourrait faire un grand tort aux aspirants chefs.

La question : vous engagez-vous à mettre fin aux investissements et subventions du gouvernement du Québec et de ses organismes dans les secteurs pétrolier et gazier au cours des deux premières années d’un mandat libéral?

« Ça laisse deux années pour s’adapter, revoir les programmes et la planification financière. C’est amplement suffisant », croit le président des jeunes libéraux. Mark Dewar ajoute par exemple que le gouvernement du Québec peut « très bien réviser » le mandat de la Caisse de dépôt et placement afin que soient retirés les « 17 milliards de dollars investis dans ces secteurs ».

Ce sont des placements qui ne sont pas rentables pour les Québécois et on sait que ce sont des secteurs qui, à long terme, sont en déclin.

Mark Dewar, président de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec

Certains décriront la demande comme irréaliste, mais la Commission-Jeunesse – qui représente les 25 ans et moins et détient 33 % des votes – ne bronchera pas. « Je vois très mal un des deux ou plusieurs autres candidats tourner le dos à la jeunesse s’ils veulent être chef de notre parti », souligne M. Dewar.

D’autres demandes seront soumises aux prétendants dans les prochains mois, mais cette première prend une dimension importante aux yeux des jeunes libéraux. « C’est le plus grand défi de notre génération. »

Coup d’envoi de la course

La course à la direction du PLQ sera lancée samedi en fin d’après-midi. Pour officialiser sa candidature, un candidat a de nombreuses exigences à respecter, dont l’obtention de 750 signatures de membres issus d’au moins 70 circonscriptions et de 12 régions et l’engagement de remettre 50 000 $ au bénéfice du parti.

Les libéraux désigneront leur chef à la fin de mai 2020. Ils expérimenteront alors un nouveau de scrutin, dit préférentiel, par Internet ou par téléphone. Ce sera un système de pointage, pour le moins complexe, où chaque circonscription vaudra le même nombre de points, qui seront au moment du vote répartis en fonction du nombre de voix.

Retenons que chaque circonscription se trouve ainsi à avoir le même poids. Un vote dans une circonscription ayant peu de membres pèse ainsi plus lourd dans le nombre de points : Beauharnois par rapport à Westmount, par exemple.

Le candidat remportant 50 % plus un des points au premier ou au deuxième tour l’emportera.

Les députés choisissent leur camp

Une course à la chefferie est l’occasion pour le membre d’un caucus d’appuyer un candidat ou un autre… ou de s’abstenir. L’importance à accorder à l'appui d'un député reste toutefois bien relative en raison du nouveau mode de scrutin pour élire le chef.

Onze députés se sont déjà rangés derrière l’ancienne ministre Dominique Anglade : Frantz Benjamin, David Birnbaum, Hélène David, Marie Montpetit, Saul Polo, Jean Rousselle, Gregory Kelley, Christine St-Pierre, Carlos Leitao, Monique Sauvé et Kahtleen Weil.

Toujours seule en lice, Mme Anglade devrait bientôt rivaliser avec le maire de Drummondville et ancien président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson. Beaucoup voient en lui la solution pour reprendre contact avec les régions.

Il fera le point samedi matin sur ses intentions. L’appui des députées Marwah Rizqy et, selon nos informations, de Lise Thériault, est de bon augure en vue d’une candidature.

Mme Anglade et M. Cusson seront sans aucun doute très actifs auprès des militants en marge du Conseil général. La première tiendra d'ailleurs une conférence de presse vendredi matin pour mettre, dit-on, sa vision au jeu. L'ancienne ingénieure et femme d'affaires de 45 ans présentera entre autres comme elle entend favoriser l'économie en profitant des défis environnementaux avec un « pacte économique pour le climat ».

Un congrès avec l’environnement en toile de fond

C’est le thème de l’heure et les libéraux n’y échapperont pas : l’environnement et l’économie verte. Le sujet prendra une place importante au cours du Conseil général avec la présence du conférencier invité Alain Webster, spécialiste de l’économie circulaire à l’Université Sherbrooke.

Dimanche, les militants se prononceront sur une contre-proposition à la réforme du mode de scrutin du gouvernement caquiste.

Plutôt qu’un projet de scrutin proportionnel mixte compensatoire, un comité de membres influents privilégie le mode préférentiel et tentera de convaincre leurs pairs d’y adhérer.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec

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