•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise en santé : pas de solution facile au « tsunami gris », dit le ministre Flemming

« Il y a 350 000 travailleurs au Nouveau-Brunswick, et le tiers sera à la retraite d’ici 10 ans. Nous allons perdre le tiers de notre main-d’oeuvre »

Hugh Flemming et trois autres hommes devant les micros des journalistes.

Le ministre Hugh Flemming a commenté jeudi à Fredericton à la crise à l’Hôpital régional de Campbellton.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« C'est une tempête qui se forme : le tsunami gris. Les gens vieillissent, vivent plus longtemps. Notre système de santé est davantage sollicité. En même temps, nous n'arrivons pas à recruter suffisamment de personnel pour pourvoir les postes. »

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Hugh Flemming, croit que la crise qui frappe l’Hôpital de Campbellton est le symptôme d’un problème plus large, qui transcende les questions politiques dans la province.

L’Hôpital régional de Campbellton fait face à une crise sans précédent. Débordé et en manque de personnel, l’établissement de santé vient de décider d’adopter des mesures extrêmes; il n’accepte plus de nouvelles admissions et ferme ses services de chirurgie et d’obstétrique ainsi que ses cliniques externes.

Il y a 350 000 travailleurs au Nouveau-Brunswick, et le tiers sera à la retraite d’ici 10 ans. Nous allons perdre le tiers de notre main-d’oeuvre, a souligné le ministre Hugh Flemming, jeudi à Fredericton. Notre population ne croît pas à un rythme suffisant pour soutenir nos besoins accrus en santé.

Le ministre dit qu’il ne peut régler ce dilemme d’un coup de baguette magique.

Mes collègues non plus. Ce qu’on peut faire, c’est de se mettre au travail maintenant. Commencer par le recrutement d’infirmières. Les universités ont augmenté leurs inscriptions de façon importante, signale-t-il.

Hugh Flemming dans les corridors du parlement.

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Hugh Flemming, le 21 novembre 2019 à Fredericton.

Photo : Radio-Canada

Le ministre de la Santé évoque la possibilité de regrouper certains services. Nous avons 22 hôpitaux, et 20 d’entre eux ont des laboratoires [...] Et nous manquons de techniciens de laboratoire, lance M. Flemming. Qu’est-ce que ça changerait si tout était fait à un ou deux endroits centraux? [...] Ça n’affecterait pas les soins, ça ne compromettrait rien. Nous avons un système de courrier très efficace. Pourquoi avons-nous besoin de 20 laboratoires?

La solution appartient aux réseaux de santé, soutient le ministre. Ils sont les experts, dit-il.

Au moins un député d’opposition à Fredericton est du même avis.

Ce qui me rend confortable, c’est que le ministre a dit qu’il allait se fier aux experts, affirme Daniel Guitard, député de Restigouche-Chaleur et président de l'Assemblée législative. Il y a quand même des gens qui sont très, très, très compétents, puis on va surmonter [ce problème]. On va trouver des solutions. Mais ce qui me réconforte, c’est que ce n’est pas un politicien qui va aller à l’hôpital pour régler les problèmes, on va se fier aux experts.

Son collègue Gilles LePage, député libéral de Restigouche-Ouest, s’inquiète quant à lui d’un effet domino.

Gilles LePage dans les couloirs de l'Assemblée législative.

Gilles LePage, député libéral de Restigouche-Ouest.

Photo : Radio-Canada

Ce qui est important dans la situation, c’est qu’est-ce qu’on fait avec les patients qui sont là, tout de suite, à l’hôpital à Campbellton. C’est ça, l’urgence. Et ensuite de ça, ce qu’on fait avec ceux-là qui s’en viennent?, s’interroge-t-il. Je prends l’exemple des gens de Kedgwick qui sont obligés d’être transférés de Campbellton vers Bathurst. Ça fait long. Donc à ce moment-là, ça va pas seulement affecter Bathurst, ça va aussi affecter Saint-Quentin, ça va affecter Grand-Sault, Edmundston… Donc, ça a un impact beaucoup plus large et c’est ce qu’on a transmis comme message au ministre, qui l’a bien compris.

Quand un hôpital déclare l’état d’urgence, c’est une catastrophe. Et ce n’est pas comme si c’est arrivé du jour au lendemain, souligne de son côté le député libéral de Campbellton-Dalhousie, Guy Arseneault. Ça fait longtemps que Vitalité dit que ce problème ici s’en vient, qu’il y a un manque de main-d’oeuvre, qu’il y a une difficulté à offrir les services.

Gilles Lanteigne à l'extérieur vêtu d'un manteau d'hiver, devant un édifice.

Gilles Lanteigne, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, le 21 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada

Selon le président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, les hôpitaux sont mal utilisés au Nouveau-Brunswick, et cela exacerbe les problèmes.

Il n’y a pas nécessairement trop d’hôpitaux, mais est-ce qu’il y a une mauvaise utilisation des hôpitaux? Absolument, martèle M. Lanteigne. Je pense qu’on pourrait même, en faisant certains changements, améliorer la qualité et la sécurité des services et bien sûr l’efficience [sic] qui nous permettrait de composer avec notre pénurie de main-d’oeuvre.

Ce qu’on voit à Campbellton, c’est qu’environ la moitié des lits à courte durée sont occupés par des personnes qui sont dans une situation où elles seraient mieux ailleurs, dans un environnement beaucoup plus familier qu’un hôpital, poursuit-il. Ces gens-là, qui occupent ces lits [...], ne méritent pas d’être ici. Ce que ça fait, c’est que ça congestionne les services et ça a des répercussions sur l’ensemble des départements de l’hôpital.

Le ministère du Développement social fait tous les efforts possibles, estime Gilles Lanteigne. Mais ce qu’on voudrait, c’est qu’ils puissent prendre les patients au niveau des foyers de soins beaucoup plus rapidement, ajoute-t-il, ce qui permettrait d’avoir des gens qui se remobiliseraient plus facilement et qui auraient une meilleure qualité de vie.

Enquête après enquête, les personnes âgées nous répètent qu’elles veulent vivre dans leur milieu et qu’elles ne sont pas bien dans un hôpital, affirme le pdg de Vitalité.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Établissement de santé