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analyse

À quel rythme se déroulera la suite de la procédure de destitution de Donald Trump?

Le calendrier politique pourrait influer sur la manière dont démocrates et républicains entendent gérer la suite de l’enquête en destitution du président Trump.

Gros plan sur Donald Trump qui affiche un air sérieux.

Le président américain Donald Trump a participé à un rassemblement électoral dans la ville de Lexington, au Kentucky, lundi soir, appelant ses supporteurs dans cet État conservateur à aller voter.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Raphaël Bouvier-Auclair

Dans les épiceries de Washington, les dindes sont bien visibles sur les étagères… un rappel que l’Action de grâce américaine, qui a lieu le 28 novembre cette année, approche à grands pas et que, la semaine prochaine, la capitale se videra de ses élus.

Au retour de ce congé, l’enquête en vue de la destitution de Donald Trump devrait passer à une vitesse supérieure.

La preuve est claire que le président a abusé de son pouvoir pour ses bénéfices personnels, a déclaré jeudi la présidente de la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi. Celle-ci reproche à Donald Trump d’avoir fait pression sur le gouvernement ukrainien pour qu’il déclenche des enquêtes sur ses adversaires politiques, notamment le fils de l’ancien vice-président Joe Biden.

Les démocrates semblent maintenant prêts à faire un pas de plus vers la rédaction d'actes d'accusation sur lesquels la Chambre pourrait être appelée à se prononcer avant Noël. Des mots comme « corruption » et « entrave » ont d’ailleurs été entendus à plusieurs reprises de la part des ténors du parti au cours des derniers jours, donnant une indication de la teneur des accusations qui pourraient être déposées contre Donald Trump.

Dès le déclenchement de l’enquête, Nancy Pelosi avait laissé entendre qu’elle ne voulait pas perdre de temps. Si la Chambre accuse le président, le Sénat devra se prononcer sur son sort. Si ces procédures s’étirent au-delà de la fin du mois de janvier, elles pourraient faire de l’ombre à la course à l’investiture démocrate, dont les premiers votes auront lieu au début du mois de février en Iowa.

Nancy Pelosi derrière un lutrin.

La présidente de la Chambre des représentants tient une conférence de presse avant de participer au vote relativement au processus de destitution du président Trump.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Les démocrates se heurtaient à un choix de taille : accélérer le rythme dans l’espoir que la procédure soit réglée en février, ou étoffer la preuve à présenter aux Américains, qui restent assez divisés sur la destitution du président.

Les comités qui mènent l’enquête n’ont après tout pas obtenu plusieurs documents dont l’accès a été bloqué par la Maison-Blanche. De nombreux acteurs de premier plan des événements reprochés au président Trump ont par ailleurs refusé de se présenter devant le Congrès.

John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale, dont le nom a émergé dans plusieurs témoignages, a par exemple refusé de comparaître tant qu’un tribunal ne l’aurait pas contraint à le faire.

Interrogée à ce sujet, Nancy Pelosi a affirmé que ses collègues et elle ne seraient pas à la merci des tribunaux.

Le calendrier républicain

Si la Chambre des représentants accuse le président Trump, la procédure sera acheminée vers le Sénat, où contrairement à la Chambre, ce sont les républicains, alliés du président, qui détiennent la majorité.

Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine, qui doute que le président soit ultimement démis de ses fonctions, ne donne pas énormément de détails sur la manière dont un procès pourrait se dérouler.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, marche vers son bureau du Capitole le 4 octobre 2018, à Washington.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, marche vers son bureau du Capitole le 4 octobre 2018, à Washington.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Plusieurs sénateurs démocrates sont candidats à l’investiture; je suis certain qu’il seront très heureux d’être ici dans leurs fauteuils, a-t-il affirmé cette semaine sur le ton de l’ironie.

Tout comme Nancy Pelosi, il sait très bien qu’une procédure s’étalant sur les premiers mois de l’année pourrait influencer les primaires démocrates. Six des aspirants présidents, dont Bernie Sanders et Elizabeth Warren, sont sénateurs et devraient donc s’absenter de la campagne pour jouer leur rôle de juré dans le procès du président.

Mais prendre son temps comporte aussi son lot de risques. Ainsi, la destitution et les gestes reprochés au président pourraient s’inviter dans des courses sénatoriales de 2020 et placer dans une position délicate certains sénateurs républicains qui tentent de conserver leur siège, notamment dans le Maine, au Colorado et en Arizona.

Je pense que c’est pourquoi McConnell voudra régler ce dossier le plus vite possible, lance Craig Smith, ancien directeur des politiques sous Bill Clinton, lui aussi la cible d’une procédure de destitution en 1998.

Mais il ajoute que les républicains feront également face à un dilemme. S’ils semblent rejeter le tout sans tenir un véritable procès, les gens penseront que c’est une opération de camouflage, explique-t-il. Selon Politico, la Maison-Blanche serait d’ailleurs favorable à la tenue d’un procès en bonne et due forme et non d’un rejet immédiat des accusations.

Comment gérer le plus efficacement possible le temps alloué, tout en tenant compte de l’opinion publique? Les élus démocrates et républicains profiteront du congé de l’Action de grâce pour réfléchir à la meilleure recette.

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