•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Beauceville se sent abandonnée par le gouvernement Legault

La rivière Chaudière commence à geler à Beauceville.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

Sébastien Tanguay

L’aide promise par le gouvernement Legault tarde à atteindre Beauceville. Les eaux de la Chaudière commencent déjà à geler et nulle trace des estacades qui devaient réguler les glaces au printemps prochain. Le maire fulmine et se demande si les promesses faites par Québec n’étaient que du vent.

Les estacades, c’est vraiment au point mort, déplore François Veilleux, premier élu de Beauceville. On appelle le gouvernement, on lui écrit, on lui envoie des courriels, on lui laisse des messages. Personne ne nous rappelle.

Pourtant, le maire de Beauceville se rappelle que la ministre de la Sécurité publique, au lendemain des inondations qui ont saccagé le centre-ville, avait accouru, promettant l’aide du gouvernement.

C'est eux autres même qui sont venus ici au début de tout, Madame Geneviève Guilbault était là pour nous dire : on va vous aider, on va vous payer, on va vous relocaliser. Mais regardez: les maisons qui étaient censées être démolies ne le sont toujours pas et les gens qui y vivent n’ont toujours pas été payés. C’était vrai ou c’était faux? Les gens sont inquiets.

Le maire indique que depuis 10 jours, il demeure sans nouvelle du gouvernement. 

Le maire de Beauceville François Veilleux discute avec le journaliste Sébastien Tanguay.

Le maire de Beauceville François Veilleux discute avec le journaliste Sébastien Tanguay.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

Ça doit faire une dizaine de jours que je n’ai pas parlé avec la Sécurité publique. La dernière fois, nous avons parlé d’une résolution qui avait été adoptée par une municipalité d’à côté, affirme François Veilleux.

Cette résolution, c’est celle de Notre-Dame-des-Pins. Votée le 12 novembre, elle s’oppose à la construction de deux estacades à Beauceville, par peur des répercussions négatives qu’elles pourraient avoir sur le village de 1200 âmes situé 10 km en amont.

Une décision précipitée, selon le maire de Beauceville, qui déplore que sa ville et ses 7000 habitants puissent se retrouver sans défense devant la débâcle, au printemps prochain.

Rien ne nous garantit qu’on ne revivra pas la même crue en 2020, dit-il. Les estacades amèneraient une diminution des risques. Ce serait une première étape en vue d’autres travaux à effectuer dans la rivière Chaudière.

Une source gouvernementale a toutefois confirmé à Radio-Canada que M. Veilleux a été rencontré mardi et que le permis sera octroyé vendredi. L'objectif serait d'installer les estacades au début du mois de décembre si la météo le permet.

Un lent retour à la normale

En attendant, le centre-ville de Beauceville, coeur économique de l’endroit, commence tranquillement à revivre.

L’épicerie de la famille Jinchereau a accueilli jeudi ses premiers clients en sept mois. Inondé au printemps, l’établissement, le seul du genre à Beauceville, a profité de la catastrophe pour se refaire une beauté.

Désormais, son commerce est plus à même de se défendre contre les eaux de la rivière. La paix d’esprit, toutefois, a un prix.

Façade du IGA de Beauceville

Réouverture du IGA de Beauceville

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

Nous avons investi plus de 4 millions de dollars, assure le propriétaire, Pierre Jinchereau.

Les citoyens de Beauceville devaient depuis le printemps faire de longs détours pour remplir leur frigo. Le retour de l’épicerie redonne un peu de normalité à la communauté éprouvée.

On est heureux. Avec tout ce qu'on a eu, ça va aider Beauceville à repartir à neuf, croit Jacques Fortin, rencontré dans les allées de l’épicerie.

Employés et clients devant un comptoir de l'épicerie

Employés et clients sont de retour au IGA de Beauceville

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

Plusieurs voient, dans cette réouverture, la première bonne nouvelle en plusieurs mois.

On faisait des fois jusqu'à 30 ou 40 miles pour faire notre épicerie. Ça commence à être rough pour le bonhomme, ajoute Jean-Marc Poulin. Là, on a tout sous la main. Ils ont fait quelque chose d'extraordinaire, quelque chose de beau.

Les gens de Beauceville commencent à pouvoir fréquenter à nouveau les restaurants de la municipalité. Ils peuvent aussi faire le plein en ville, sans devoir faire de longs détours pour trouver un peu d’essence.

Sans les estacades, toutefois, le maire François Veilleux s'inquiète. Les bonnes nouvelles pourraient à nouveau disparaître sous les eaux, dès l’arrivée du printemps.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Incidents et catastrophes naturelles