•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un promoteur développe un projet de liquéfaction de gaz naturel à Val-d’Or

Une pancarte où sont indiqués deux numéros de téléphones pour une opportunité d'affaires.

La pancarte se trouvant sur le terrain où est prévu un projet de mini-usine de liquéfaction de gaz à Val-d'Or.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Le Groupe Mirault a obtenu une première autorisation de la Ville pour se doter d’installations pour liquéfier du gaz naturel à Val-d’Or, une première dans la municipalité. Le projet suscite toutefois l’opposition de certains élus.

Vue sur une route de campagne avec deux usines.

Le terrain où serait implanté le projet de mini-usine de liquéfaction de gaz.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le Groupe Mirault développe un « arrêt-routier » à l’entrée est de la Ville de Val-d’Or. Le promoteur souhaite également se doter d’installations, sur le même terrain, qui permettraient de liquéfier du gaz naturel. Pour parvenir à ses fins, il a dû obtenir une permission spéciale de la Ville puisque l’usage « liquéfaction de gaz naturel » n’était pas autorisé à Val-d’Or.

Le président du Groupe Mirault, Lucien Mirault, n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue pour donner plus de détails sur son projet.

Je vous contacterai pour une annonce si nous obtenons un contrat pour ce projet… pas de contrat, pas de projet, donc pas de nouvelle, nous a-t-il répondu par courriel mercredi. Il a toutefois précisé, jeudi, qu’il se présenterait au prochain conseil municipal pour fournir plus d’explications sur son projet.

Le Groupe Mirault, bien implanté à Val-d’Or, administre de nombreuses entreprises :

  • Le Centre de transbordement ferroviaire de Val-d’Or
  • La boulonnerie Mirault
  • Le Centre d’amusement Toukiparc

L’autorisation spéciale octroyée par la Ville a toutefois attiré l’attention du président de l’Action boréale, Henri Jacob, qui a questionné les élus lors de la séance du conseil municipal de lundi. Le maire, Pierre Corbeil, lui a alors répondu qu’il s’agissait d’un simple arrêt-routier et qu’il n’y avait aucun lien avec le projet de l’entreprise Gazoduq qui souhaite acheminer du gaz naturel à la future usine de liquéfaction au Saguenay, ce que l’entreprise Gazoduq confirme.

Un terrain vague couvert de neige sur le bord de la route.

Le groupe Mirault développe un « arrêt-routier » à l’entrée est de la Ville de Val-d’Or dans le but d'y ouvrir des installations pour liquéfier du gaz naturel.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Selon le maire, le promoteur utiliserait un pipeline déjà existant pour acheminer le gaz naturel jusqu’à ses installations.

Comment ça fonctionne?

Pour présenter son projet, le promoteur a référé la municipalité au système Cryobox que l’on pourrait qualifier de « mini-usine de liquéfaction de gaz naturel ».

Un système qui, selon leur site internet, permettrait de transformer le gaz naturel sous forme liquide.

Celui-ci doit être maintenu à une température de – 160 degrés Celsius.

Le gaz à l’état liquide : 600 fois moins volumineux qu'à l’état gazeux

Un procédé qui facilite son transport, par camion-citerne par exemple, pour approvisionner des industries.

Conduite de gaz naturel.

Une conduite souterraine de gaz naturel

Photo : La Presse canadienne

Des conseillères s’opposent

La conseillère municipale Éveline Laverdière a tenu à faire savoir son opposition le 17 juin dernier lors du vote pour modifier la réglementation en faveur du promoteur. Il s’agit d’un rare cas où une résolution n’a pas été adoptée à l’unanimité au conseil municipal de Val-d’Or.

Èveline LAverdière pose devant la caméra.

La conseillère municipale Èveline Laverdière, tout comme la conseillère Lysianne Morin, s'est opposée à ce que le Groupe Mirault obtienne une permission spéciale de la Ville pour autoriser le projet d'usine de liquéfaction de gaz.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le gaz naturel, même s’il a des prétentions de produire moins de gaz à effet de serre, c’est impossible de savoir d’où il provient. Est-ce que c’est par fracturation, par gaz de schiste?, souligne Mme Laverdière, qui croit que le gaz naturel n’est pas l’énergie de l’avenir.

De son point de vue, la municipalité, en tant que gouvernement de proximité, se doit de « travailler à faire des bons choix » pour faire face à la crise climatique.

Èveline Laverdière a cependant indiqué qu’elle se plierait à l’opinion de la majorité des élus.

Un constat que partage sa collègue, Lysiane Morin, qui a aussi voté contre la modification réglementaire. Je n’étais pas capable de me rallier à mes autres collègues, dit-elle, c’était contre mes convictions environnementalistes.

Approvisionner des industries de la région?

Comme de fait, des discussions auraient vraisemblablement eu lieu entre le Groupe Mirault et l’usine Nordic Kraft de Chantiers Chibougamau, à Lebel-Sur-Quévillon, qui envisage de remplacer le mazout par le gaz naturel.

Un complexe industriel.

L'usine Nordic Kraft de Chantiers Chibougamau à Lebel-sur-Quévillon

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Fédéric Verreault, directeur exécutif du développement corporatif chez Chantiers Chibougamau, nous a mentionné qu'il connaissait l'existence du projet et qu'il s'agissait d'une des options envisagées pour s'approvisionner.

Un appel à plus d’informations

Le président de l’Action boréale, Henri Jacob, estime qu’il serait dans l’intérêt de la Ville et du promoteur de diffuser davantage d’informations sur ce projet.

Puisqu’il y a un débat actuellement sur le projet de Gazoduq et de liquéfaction, souligne-t-il. Ce qu’on veut surtout, c’est avoir des réponses à nos questions, rassurer la population. Si ce n’est pas dangereux, bien, qu’on nous l’explique clairement.

Le directeur des communications de la Ville de Val-d’Or, Robert Migué, nous a précisé par courriel que la liquéfaction de gaz naturel par le Groupe Mirault nécessite le dépôt de l’étude de dangerosité des matières qui seront présentes sur le site.

Ce rapport est obligatoire dans la poursuite de nos démarches dans l’analyse du dossier du promoteur, conclut-on. Toujours selon M. Migué, la Ville doit aussi modifier son règlement d’urbanisme pour que le projet d’arrête-routier se concrétise.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Abitibi–Témiscamingue

Industrie pétrolière