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Il était une fois… une histoire de recrutement, d’intégration et d’amitié

Jean-Charles Djabouh et Adrien Lavoie sont dans les locaux de la firme Wooki.

Jean-Charles Djabouh et Adrien Lavoie : une histoire d'intégration réussie.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Alain Jean-Mary

Dans le contexte social actuel où au quotidien il est question de l'accueil des immigrants, de main-d'oeuvre qualifiée et de francisation, deux Gatinois ont sans le savoir écrit un nouveau chapitre sur l’intégration des nouveaux arrivants en misant sur l’amitié comme gage de réussite.

L’un est un réfugié de la Côte d’Ivoire qui s’est retrouvé dans différents camps en retrait de la guerre civile qui sévissait dans son pays. L’autre est un millénarial diplômé en communication de l’Université d’Ottawa et entrepreneur dans la vente en ligne.

Jean-Charles Djabouh, membre à part entière de l'entreprise Wooki.

Jean-Charles Djabouh est arrivé en Outaouais en 2015. Il a fui son pays, la Côte d'Ivoire, après les élections présidentielles de 2010.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Jean-Charles Djabouh est arrivé en Outaouais en 2015. Il a été pris en charge par des organismes de la région qui l’ont aidé à trouver un logement et lui ont fourni le nécessaire lui permettant de fonctionner au quotidien.

Adrien Lavoie est le propriétaire de la firme Wooki.

Adrien Lavoie, le propriétaire de l'entreprise Wooki, n'a pas senti le besoin de faire appel à un programme d'intégration des nouveaux arrivants pour embaucher Jean-Charles.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

À cette même époque, Adrien Lavoie travaille pour un commerce de vente d’accessoires de sport et commence à mettre sur pied son entreprise de vente en ligne, Wooki. C’est d’ailleurs dans cette boutique que les deux jeunes hommes ont fait connaissance, lorsque Jean-Charles est venu acheter des souliers de basketball.

Depuis mon arrivée, je n'avais pas d'endroit où acheter des souliers. Il a vraiment été cool avec moi, se remémore Jean-Charles. Il a réduit le prix des chaussures. [Puis finalement ], il me les a données, tellement elles n'étaient pas chères.

Heureux de sa nouvelle paire de chaussures et en guise de reconnaissance, Jean-Charles offre son aide à Adrien pour faire du bénévolat. Le jeune homme d’affaires n’a pas beaucoup d’informations sur ce nouvel arrivant, mais devant la détermination de ce dernier, il lui a offert une chance.

Je ne le connaissais même pas!, se rappelle Adrien, en riant. Il m'avait déjà relancé une ou deux fois pour faire du bénévolat, puis un jour j'ai reçu une grosse commande. J’ai écrit à Jean-Charles : ‘‘Ben, veux-tu venir m’aider?”

Jean-Charles a offert ses services à Adrien pour faire du bénévolat au sein de son entreprise.

Jean-Charles à l'oeuvre dans les locaux de Wooki.

Photo : Une gracieuseté de Jean-Charles Djabouth

Un peu comme une épice que l’on teste dans une recette et qui devient l’ingrédient secret du plat, Jean-Charles est devenu la perle rare. À force de se présenter de plus en plus fréquemment dans la nouvelle entreprise d’Adrien, il a fini par être embauché comme employé régulier chez Wooki.

Jean Charles est une personne très fiable. Je l’ai vu au fil du temps et c’est pour ça que je l’ai engagé.

Adrien

Manutention, prise de commandes, expédition, révision de l’inventaire et même formation des nouveaux employés, Jean-Charles a appris c’est quoi la vie dans une PME.

Jean-Charles et Adrien déplacent des boîtes de souliers.

Jean-Charles et Adrien à l'oeuvre dans les locaux de l'entreprise Wooki

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Subventions ou pas, on avance ensemble!

L’entreprise Wooki est allée de l'avant en recrutant Jean-Charles, mais aussi d’autres nouveaux arrivants, sans se prévaloir des divers programmes gouvernementaux qui subventionnent l’embauche d’immigrants. Adrien n’a pas vu la nécessité de faire appel à eux.

Je ne voyais pas d'avantages à aller remplir des papiers, faire une demande ou quoi que ce soit. Ce n'est même jamais venu à discussion, soutient-il.

Sur la scène provinciale, il existe au Québec le Programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME). En Ontario, il y a notamment le programme Partenariats pour la création d’emplois de l’Ontario (PCEO) qui permet d’offrir une expérience de travail aux personnes sans emploi.

Adrien Lavoie et son équipe de la firme Wooki.

Adrien Lavoie, le propriétaire de la firme Wooki, a recruté plusieurs nouveaux arrivants.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Complicité, partage d’expérience et de connaissances!

La relation patron-employé entre les deux jeunes hommes a rapidement fait place à une grande complicité. Adrien devenant même le mentor de Jean-Charles.

On se voyait dans le quotidien, on partageait nos bons coups et mauvais coups. C'était sous-entendu que l’on devenait plus que de simples collègues de travail, précise Adrien.

Jean-Charles Djabouh et Adrien Lavoie, de hors, lors d'une réception.

Jean-Charles Djabouh et Adrien Lavoie ont une belle complicité. Au fil des ans, ils sont devenus de bons amis. Ici, on les aperçoit au mariage d'un ami commun.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

L’intégration de Jean-Charles est aussi passée par l’éducation. Adrien est un diplômé du département de communication de l’Université d’Ottawa, cela a beaucoup influencé Jean-Charles qui a entamé en 2016 des études en gestion à l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Il est un modèle pour moi. Il est jeune, il a des ambitions, il a des rêves, il a une vision et c'est quelque chose qui m'a plu.

Jean-Charles

Il m'arrive souvent avec des théories ou de la matière de l’école, avance Adrien, qui semble en admiration devant son ami. Je n'ai pas étudié en administration et Jean-Charles est capable d'appliquer son baccalauréat dans mon entreprise.

L’entreprise Wooki vend principalement des chaussures en ligne. Elle est en activité depuis 2011 et est incorporée depuis 2016. Son chiffre d’affaires brut était de 1,6 M$ en 2018 et la prévision 2019 se situe entre 2,2 et 3 millions de dollars en chiffre d’affaires.

Jean-Charles complétera son baccalauréat en décembre et songe même à démarrer sa propre entreprise.

Jean-Charles Djabouh et Adrien Lavoie sont des collègues de travail, mais avant tout, ils sont des amis.

Jean-Charles Djabouh, un réfugié de la Côte d'Ivoire, et Adrien Lavoie, propriétaire de l'entreprise Wooki, ont développé une belle amitié.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Un avenir prometteur

Même si Jean-Charles est conscient de tout le chemin qu'il a parcouru en quatre ans, il lui arrive malgré tout de ne pas réaliser ce qui se passe, puisque dans les camps de réfugiés où il a vécu, plusieurs personnes qu'il a connues y sont encore. Elles n’auront peut-être jamais la chance qu'il a eue, se désole-t-il.

Dans une lettre qu’il a écrite à Radio-Canada, Jean-Charles est très reconnaissant envers tous ceux qui lui ont tendu la main et qui lui ont accordé cette confiance. Il tient à remercier le Canada, en particulier le Québec, de lui avoir permis d’immigrer. Maintenant, dit-il, il veut contribuer activement au développement de son pays d’accueil.

Je voudrais encourager le monde qui immigre à s'armer de courage et d'avoir foi en ses objectifs.

Jean-Charles

En ces temps de loi 21 et de test des valeurs, le processus d’intégration qu’Adrien a réalisé avec Jean-Charles au sein de son entreprise est une histoire inspirante, humaine et payante socioéconomiquement pour notre région.

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Ottawa-Gatineau

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