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Google durcit ses règles pour les publicités politiques

Un homme navigue sur la page d’accueil du site web de Google, sur son téléphone intelligent.

Le débat sur la publicité politique déchire depuis quelques mois la scène politique américaine.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Agence France-Presse

Le géant américain Google a annoncé mercredi un durcissement de ses règles en matière de publicités politiques, mais n'entend « statuer » sur leur véracité que dans des cas exceptionnels.

Prenant position après Twitter, qui a opté pour une interdiction pure et simple, et Facebook, adepte d'une très grande tolérance au nom de la liberté d'expression, Google estime que personne ne peut statuer sur toutes les affirmations et insinuations politiques.

Que vous soyez candidat ou candidate aux législatives ou que vous placiez une annonce pour des meubles de bureau, nous appliquons les mêmes règles à tout le monde. Il n'y a pas d'exception taillée sur mesure, indique Scott Spencer, vice-président du groupe chargé des publicités.

Le géant des technologies, qui tire la majorité de ses revenus de la publicité, veut toutefois interdire la diffusion d’annonces qui pourraient nuire de façon significative à la participation ou à la confiance dans le processus électoral ou démocratique. Il est question ici d’informations manifestement fausses, telles qu’une fausse date de scrutin ou la fausse annonce de la mort d'une personnalité politique. 

Étant donné les inquiétudes récemment exprimées et les débats autour des annonces politiques [...], nous voulons améliorer la confiance de l’électorat dans les publicités qu’il pourrait voir sur nos plateformes, explique Scott Spencer.

Google précise d’ailleurs qu'il compte restreindre davantage les options de ciblage pour les publicités politiques. Les seuls critères disponibles seront l'âge, le genre et la zone de résidence.

Notre approche sera de cette façon alignée avec les pratiques de longue date de médias comme la télévision, la radio et la presse, et permettra aux publicités électorales d'être vues plus largement dans le débat public.

Scott Spencer. vice-président du groupe chargé des publicités de Google

Ces nouvelles règles seront mises en place au Canada à partir du 6 juin 2020. Elles toucheront le Royaume-Uni dès la semaine prochaine puisque ses élections législatives se tiennent le 12 décembre.

Les « faits alternatifs » épargnés

La position de Google se rapproche toutefois de celle de Facebook lorsqu’il est question de candidats ou candidates qui chercheraient à disséminer des fausses informations.

Nous reconnaissons qu'un dialogue politique robuste constitue une part importante de la démocratie, et personne ne peut raisonnablement statuer sur toutes les affirmations politiques, contre-affirmations et insinuations, indique Scott Spencer.

Nous pensons que nous n'allons au final interdire qu'un nombre très limité de publicités politiques, ajoute-t-il.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a défendu le mois dernier les messages politiques sur son réseau, y compris ceux comportant des mensonges ou des contre-vérités, au nom de la liberté d'expression. Il estime notamment que ces publicités sont utiles aux candidats et candidates qui ont moins de couverture médiatique que leurs adversaires. 

Nous pensons que la portée d'un message politique doit se mériter, pas s'acheter, a écrit pour sa part le 30 octobre Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, annonçant que son réseau n'accepterait plus aucune publicité à caractère politique.

Des tensions aux États-Unis

Le débat déchire depuis quelques mois la scène politique américaine. Les arguments de Facebook ne satisfont pas de nombreux élus et élues, notamment démocrates, face aux efforts répétés de Donald Trump pour répandre de fausses informations sur leur parti.

Joe Biden, candidat démocrate à la Maison-Blanche, a notamment critiqué Facebook pour avoir refusé de retirer une publicité du président relayant des mensonges à son égard.

Mark Zuckerberg a déclaré la semaine dernière qu'il envisageait de revenir en partie sur sa décision controversée.

Nous explorons différentes manières de raffiner notre approche aux annonces politiques, a confirmé Joe Osborne, un porte-parole de Facebook, mercredi.

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