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Des ados inactifs partout dans le monde

Des adolescents sur un sofa regardent des appareils électroniques.

Un grand nombre de jeunes délaissent l'activité physique quand ils arrivent au secondaire.

Photo : iStock

Ximena Sampson

Quelque 81 % des élèves âgés de 11 à 17 ans, un peu partout dans le monde, ont un niveau d’activité physique insuffisant, selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il s’agit de l’étude la plus ambitieuse jusqu’à maintenant, puisqu’elle couvre 1,6 million de jeunes dans 146 pays.

Les chercheurs ont analysé le niveau d’activité physique des adolescents fréquentant un établissement scolaire entre 2001 et 2016.

Il en ressort que :

  • le niveau d’activité des jeunes partout dans le monde est très bas;
  • les filles sont plus inactives que les garçons.

Les chercheurs de l’OMS n’ont découvert aucun lien évident entre le niveau de revenu d’un pays et l’insuffisance de l’activité physique des ados.

Ils constatent, cependant, certaines différences selon les régions.

Ainsi, ce sont les adolescents de la région d’Asie-Pacifique à revenu élevé (Brunei, Japon, Corée du Sud et Singapour) qui ont les pires taux d’inactivité physique, tandis que ceux d’Asie du Sud et des pays occidentaux à revenu élevé sont les moins inactifs.

Dans 142 des 146 pays sondés, ce sont les filles qui sont les plus inactives.

Le taux d’inactivité des jeunes filles atteignait ou dépassait 90 % dans 27 pays en 2016. Pour ce qui est des garçons, seuls deux pays étaient dans cette situation (les Philippines et la Corée du Sud).

Qu’est-ce qui explique un si faible taux d’activité? C’est l’importance accordée aux études, pense Juana Willimsen, conseillère en matière d'activité physique auprès de l’OMS.

Dans certains pays, souligne-t-elle, les cours d’éducation physique sont supprimés afin que les adolescents puissent passer plus de temps sur des matières comme les mathématiques ou les langues. Et, même après les heures d’école, les jeunes continuent d'étudier avec des tuteurs.

L’OMS recommande que les jeunes fassent au moins une heure d’activité physique d’intense à modérée chaque jour. Outre le sport organisé, l’utilisation de moyens de transport actifs, comme la marche et le vélo, les travaux ménagers et les jeux libres sont également comptabilisés.

Qu'en est-il chez nous?

Le Canada ne fait pas partie des pires élèves : le pays se classe au 11e rang des moins inactifs, avec une moyenne de 76,3 % des jeunes qui font au moins une heure d’activité physique par jour.

Le taux d’inactivité des garçons s’est amélioré par rapport à 2001, mais la situation des filles stagne.

Ces résultats ne surprennent pas Geneviève Leduc, conseillère principale aux programmes auprès de l’organisation Fillactive, qui fait la promotion de l’activité physique auprès des adolescentes.

Dès l'âge de neuf ans, on commence à voir cette différence qui se creuse entre l'activité physique des filles et des garçons, souligne-t-elle.

Les causes en sont multiples : d’une part, une partie des filles préfèrent les activités non compétitives et n’aiment pas nécessairement les sports d’équipe. Or, c’est habituellement ce qui leur est proposé lors des cours d’éducation physique.

D’autre part, les changements propres à l’adolescence jouent aussi un rôle.

La période de l'adolescence, chez les jeunes filles, est une période où le regard de l'autre posé sur soi prend une importance capitale, note Mme Leduc. On se retrouve dans une posture vulnérable quand on est dans le cours d'éducation physique, qu'on ne se sent pas tout à fait compétente et qu’on a l'impression que tous les regards sont tournés vers nous.

De plus, alors que les enfants se font souvent imposer des activités, cela ne fonctionne plus avec les adolescents. Les jeunes filles ont donc tendance à délaisser la pratique sportive.

Un groupe de quatre jeunes filles en accoutrement de roller derby.

À la fin du secondaire, 9 filles sur 10 ne répondent pas aux normes canadiennes en matière d’activité physique.

Photo : Radio-Canada / Élise Lacombe

Les jeunes filles n’ont pas nécessairement appris à se valoriser par l'intermédiaire du sport ou de l'activité physique.

Geneviève Leduc, conseillère principale à l’organisation Fillactive

Une société de plus en plus sédentaire

Les faibles taux d’activité des jeunes du secondaire s’expliquent aussi, en partie, par la fin du transport actif pour se rendre à l’école, souligne Jean Lemoyne, professeur au Département des sciences de l’activité physique à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Les écoles secondaires étant habituellement situées plus loin du domicile des jeunes, ceux-ci utilisent le transport scolaire plutôt que de marcher, comme ils pouvaient le faire au primaire.

De plus, une proportion importante de jeunes délaissent les sports organisés qu’ils affectionnaient au primaire et ne pratiquent presque plus des activités libres appréciées des enfants, comme aller simplement jouer au parc.

Ces deux facteurs combinés font en sorte que le niveau d'activité physique des adolescents décline.

Jean Lemoyne, professeur à l’UQTR

Il est urgent de mettre en place une action globale pour contrer ce phénomène, d’autant plus que c’est au cours de l’adolescence que s’établissent les piliers de la bonne santé, affirme Mme Willimsen.

Bien des efforts restent à faire pour atteindre l’objectif de l’OMS d’augmenter de 15 % le taux d’activité physique d’ici 2030.

Il est à noter que les données ont été recueillies dans les classes auprès de jeunes scolarisés. Cependant, dans les pays en développement, ceux-ci sont loin représenter la majorité. Alors que dans les pays à revenu élevé, 6 % des adolescents ne fréquentent pas l’école secondaire, c’est le cas de 59 % d’entre eux dans les pays à faible revenu.

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