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Rendre hommage à un agent de la GRC 55 ans après sa démission parce qu'il était gai

Dans sa résidence à South Surrey, l'agente de la GRC Elenore Sturko consulte un journal appartenant à son grand-oncle alors qu'il était en poste dans le Nord.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Comme ses quatre frères cadets, R.D. Van Norman a choisi d’enfiler l’uniforme de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de servir son pays en 1947. Dix-sept ans plus tard, il était forcé de démissionner après avoir été aperçu à l'hôtel Lord Elgin à Ottawa, un lieu de rencontre connu pour être fréquenté par des hommes gais. Aujourd'hui, sa petite-nièce se prépare à lui rendre hommage.

Elenor Sturko a récemment découvert un journal intime qui appartenait à son grand-oncle. Un livre qui a changé sa vie et qu'elle s'apprête à partager avec le public en son honneur.

Un vieux journal intime contient des photos de membres de communautés nordiques.

Van Norman tenait un journal dans lequel il conservait des photos de membres des communautés nordiques.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

R.D. Van Norman, comme de nombreux policiers, militaires et employés de la fonction publique, a perdu son emploi en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur expression de genre.

Lorsque le premier ministre Justin Trudeau a présenté ses excuses auprès des communautés LGBT+ en 2017, Elenore Sturko s'est rendue à Ottawa pour les écouter. Vêtue de son uniforme rouge, assise à côté de sa femme, l’agente de la GRC s'est inspirée de cet événement pour en apprendre davantage sur l'histoire de son grand-oncle.

Cela m'a touchée, dit-elle, cela m'a fait réfléchir à la manière dont mon oncle et toute ma famille avaient été touchés.

Une carrière impressionnante avortée

Natif du Manitoba, Van Norman a appris à parler l'inuktitut et s'est immergé dans la culture locale lors de son séjour dans les communautés nordiques de Pond Inlet, au Nunavut, ainsi qu'Iqaluit, Fort Smith et Yellowknife, dans les années 1950.

Il a reçu la médaille du couronnement de la reine pour son travail sur le Réseau d'alerte avancé, une chaîne de stations radars de l'Alaska à l'Islande, en passant par le Canada et le Groenland, conçu pour détecter les bombardiers soviétiques.

Une femme consulte de vieux journaux.

Van Norman est décédé du sida en 1988, à l'âge de 60 ans. Sa petite-nièce souhaite lui rendre hommage.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Les relations qu'il a nouées avec les communautés touchent davantage Mme Sturko. Il avait une profonde admiration pour les habitants et leur culture, dit-elle.

Bien qu'il travaillait comme agent de la GRC à une époque qui a eu de profondes répercussions sur les Inuits et sur la colonisation du Nord, il était également un protecteur des personnes qu'il servait, a-t-elle déclaré.

Je suis tellement fière.

Elenore Sturko

Pour partager le récit de son grand-oncle, Mme Sturko a transcrit ses paroles, copié ses photographies et en a fait un livre qui va bientôt être publié. Elle envisage de donner des exemplaires gratuits aux habitants des communautés au sein desquelles Van Norman a travaillé.

Un vieux livre dont le titre, en anglais, signifie « Photos du Nord ».

La carrière de Van Norman était impressionnante et aurait dû être célébrée, mais à cause de la purge contre les homosexuels, elle a été reléguée aux oubliettes.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Pour payer la traduction en inuktitut et l’impression du livre, Mme Sturko a reçu une subvention de 17 000 $ du Fonds Purge LGBT. Le directeur du fonds, Wayne Davis, explique que c’est exactement le genre de projet que son organisation souhaite soutenir.

Le projet de Mme Sturko vise à rendre hommage à M. Norman, mais aussi à inspirer les gens à en apprendre davantage sur l'histoire des peuples autochtones du Nord canadien.

Tous les profits de la vente du livre serviront à financer des projets dans les communautés où Van Norman a servi.

Avec les informations de Jesse Johnston

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