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Les démocrates exposent leur division entre modérés et progressistes

Une estrade consacrée aux débats devant public.

Le débat du 20 novembre était le 5e de la course à l'investiture démocrate.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Agence France-Presse

Modérés et progressistes se sont montrés divisés mercredi lors du débat démocrate pour l’investiture du parti en vue de la présidentielle américaine. Le jeune maire Pete Buttigieg, en pleine ascension, a tenté de se présenter en rassembleur capable de regagner les électeurs qui ont été un temps séduits par Donald Trump.

Empruntant la même voie modérée que l'ancien vice-président Joe Biden, favori dans les sondages, Pete Buttigieg a toutefois reconnu qu'il n'avait pas percé chez les Noirs, un électorat clé si les démocrates veulent battre le président républicain en 2020.

Malgré leur union contre Donald Trump, menacé par une procédure de destitution, les quatre grands candidats ont nettement exposé leurs différends, MM. Biden et Buttigieg critiquant le programme plus à gauche des sénateurs Warren et Sanders.

Leurs projets de réforme vers un système universel de santé ne sont pas la bonne approche pour rassembler les Américains, a lancé Pete Buttigieg, benjamin de la course âgé de 37 ans.

Six des principaux candidats à l'investiture démocrate

De gauche à droite : Tulsi Gabbard, Amy Klobuchar, Pete Buttigieg, Elizabeth Warren, Joe Biden et Bernie Sanders

Photo : Reuters / Brendan McDermid

L'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, a lui martelé qu'en ce moment, la vaste majorité des démocrates ne soutient pas une telle réforme.

La sénatrice Elizabeth Warren a défendu ses propositions en affirmant que la meilleure façon de rassembler était de construire une Amérique qui fonctionne pour tous, pas juste pour les riches.

Tous portés par la volonté brûlante de battre le président républicain Donald Trump en novembre 2020, 17 candidats sont en lice pour l'investiture démocrate, et 10 d'entre eux débattaient en direct mercredi à la télévision.

Une course à quatre qui se profile

Mais un peloton de tête s'est nettement dégagé ces derniers mois, avec en tête Joe Biden (30 %), qui fêtait justement ses 77 ans mercredi, suivi d'Elizabeth Warren, 70 ans (18 %), et de Bernie Sanders, 78 ans (17 %), selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics.

Perçu comme le premier candidat homosexuel ayant de réelles chances dans la course à la Maison-Blanche, M. Buttigieg arrive en quatrième place avec seulement 8 %.

Mais il connaît depuis fin octobre une ascension fulgurante dans les sondages de l'Iowa, un État clé, puisqu'il votera le premier le 3 février, et plus récemment dans le New Hampshire, qui suivra juste après (11 février).

Maire de South Bend, une ville de 100 000 habitants dans l'Indiana, cet ex-militaire était encore inconnu du grand public il y a un an.

Les candidats Bernie Sanders, Pete Buttigieg, Cory Booker et Tom Steyer  remerciant la modératrice du débat, Rachel Maddow

Pete Buttigieg a été élu maire de South Bend pour la première fois en 2011, quand il n'avait que 30 ans. Il devenait ainsi le plus jeune maire d'une ville américaine de plus de 100 000 habitants.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

J'ai l'expérience nécessaire pour défier Donald Trump. Je sais bien qu'elle ne correspond pas à l'expérience traditionnelle de l'establishment à Washington, a-t-il ironisé.

Pour battre ce président, nous avons besoin de quelqu'un qui [...] vienne vraiment des endroits où il séduit, a-t-il ajouté en référence à son Midwest natal, fait de bassins ouvriers et de régions rurales qui ont basculé en faveur du milliardaire Donald Trump en 2016 après des années de vote démocrate.

Alors que le débat était organisé à Atlanta, en Georgie, un État à forte population noire, M. Buttigieg a été interpellé sur son soutien très faible parmi les Noirs, qui votent en vaste majorité pour les démocrates.

Après l'avoir critiqué cette semaine, la sénatrice noire Kamala Harris a déclaré que le Parti démocrate ne pouvait plus les tenir pour acquis.

À un moment, les gens en ont marre qu'on les remercie juste parce qu'ils se mobilisent et disent, "à votre tour de vous mobiliser pour moi", a-t-elle déclaré sous les applaudissements.

J'accepte le défi de me rapprocher des électeurs noirs qui ne me connaissent pas encore, a réagi Pete Buttigieg.

Puis, alors qu'il était venu au débat avec son époux, il a expliqué comment le fait de vivre dans un pays qui n'avait légalisé le mariage gai qu'en 2015 lui avait inculqué l'obligation profonde d'aider ceux dont les droits sont remis en jeu tous les jours, même si leurs expériences n'ont rien à voir avec les miennes.

Ses échanges sur la politique étrangère avec l'élue hawaïenne Tulsi Gabbard, elle aussi une ex-militaire, ont donné les moments les plus vifs du débat.

Joe Biden ménagé

Le favori Joe Biden a bafouillé pour son entrée dans le débat, s'attirant les moqueries du fils de Donald Trump sur Twitter. Mais il a été plutôt épargné par ses rivaux.

Malgré sa première place dans les sondages, il est menacé par les doutes concernant son âge et sa viabilité dans la course alors qu'il a été happé dans le scandale ukrainien qui vaut à Donald Trump la menace d'une destitution.

Son nom est au coeur de cette procédure, les démocrates accusant le président républicain d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant aux Ukrainiens une enquête sur les Biden.

Pour M. Biden, l'affaire montre avant tout que Donald Trump ne veut pas que je devienne le candidat.

Favorable à la destitution, Bernie Sanders a pour sa part lancé une mise en garde : Nous ne pouvons pas être simplement obnubilés par Donald Trump, parce que si nous le faisons, nous allons perdre l'élection.

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