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La saignée pourrait se poursuivre à Rona, selon des experts

Un camion de livraison

Le magasin Rona de Saint-Lambert, en Montérégie, fermera le 31 janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La greffe peine à prendre entre les quincailliers Lowe’s et Rona, constatent trois spécialistes qui sont plutôt pessimistes pour l’avenir, au point où l’un d’eux y voit la répétition du mariage raté entre Loblaws et Provigo.

Selon les spécialistes interrogés par Radio-Canada, les 34 nouvelles fermetures de magasins Rona (environ 6 % des succursales), annoncées mercredi, étaient en partie prévisibles. Et même si le géant américain vient d’annoncer une hausse substantielle de ses bénéfices, qui ont atteint 1,05 milliard de dollars américains au troisième trimestre.

Dans un contexte de stagnation des ventes, d’essor du commerce en ligne et de développement de concurrents régionaux, la stratégie de Lowe’s avec Rona consiste à diminuer les coûts en restructurant l’entreprise et en simplifiant les lignes de produits afin d’aller chercher des économies, explique Louis Hébert, professeur titulaire au Département de management à HEC Montréal.

Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques, va plus loin.

Malheureusement, la fermeture des 34 magasins, ce n’est pas la fin du rétrécissement de la compagnie.

Michel Nadeau

En entrevue à l’émission 24/60, il s'est dit pessimiste pour le siège social de Boucherville qui doit pourtant être préservé, selon les termes de l’entente intervenue lors de la vente de Rona à Lowe's en 2016.

M. Nadeau a aussi suggéré au gouvernement Legault de contacter d'autres enseignes pour reprendre les petits magasins qui pourraient être les prochaines victimes, Lowe’s étant plus habitué à gérer des magasins de grande superficie, selon lui.

Si la stratégie économique de Lowe’s n’est pas en cause, ce serait en matière de management que le bât blesse. C'est du moins l'avis de Jacques Nantel, professeur émérite au Département de marketing à HEC Montréal. En entrevue à RDI Économie, il a évoqué un mariage presque contre nature, entre les deux entreprises spécialisées en quincaillerie.

Lowe’s, c’est une armée extrêmement bien organisée de grandes surfaces, avec une logique et une culture corporatives. Le groupe Rona, c’est un mouvement associatif formé par un grossiste et de petits détaillants indépendants, a-t-il expliqué.

Vous êtes Lowe’s et vous arrivez dans le groupe Rona, c’est un peu comme si vous aviez acheté le village Gaulois. Vous ne pouvez pas débarquer et demander à un propriétaire opérant de changer son mode de fonctionnement, d’acheter davantage et d’acheter certains types de produits.

Jacques Nantel, HEC Montréal

Il en veut pour preuve que, depuis l’acquisition par Lowe's en 2016, les désaffiliations de franchisés Rona ont été supérieures aux nouvelles affiliations.

Selon lui, il s’agit d’un scénario presque identique à celui de l'absorption de l'enseigne québécoise Provigo par l’Ontarienne Loblaws dans les années 1990. Aujourd’hui, la bannière Loblaws n’existe plus au Québec, on a ramené la bannière Provigo et ça fonctionne plutôt bien.

Cela dit, selon M. Nantel, même si le détaillant Rona n’avait pas été racheté, on serait peut-être dans la même situation, mais avec sûrement moins de fermetures, a-t-il conclu.

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