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analyse

Trudeau cède de la place sous les projecteurs

Chrystia Freeland regarde Justin Trudeau parler aux journalistes devant elle.

La nouvelle vice-première ministre Chrystia Freeland

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Fannie Olivier

Depuis que Justin Trudeau est devenu chef libéral, la marque « Trudeau » a pratiquement éclipsé celle du Parti libéral. Mais l’usure du pouvoir s’est également accompagnée de l’usure de l’image, si bien que le chef n’a plus d’autre choix que de faire un pas de côté et de céder un peu de sa place sous les projecteurs à son équipe.

C’est ce qu’il a fait, notamment en confiant à Chrystia Freeland le rôle de vice-première ministre, un poste qui avait été relégué aux oubliettes depuis plus d’une décennie.

Le rôle n’a pas de définition officielle et la principale intéressée le forgera certainement à son image. Déjà, Justin Trudeau semble lui en mettre lourd sur les épaules, en évoquant en point de presse la nécessité de consolider « l’unité nationale ».

Elle servira d’interlocutrice aux mécontents de l’Alberta et de la Saskatchewan, où les libéraux n’ont fait élire aucun député et où l’image de Justin Trudeau est à ce point ternie que le dialogue est devenu presque impossible. Un intermédiaire entre lui et les premiers ministres des Prairies ne pourra pas faire de tort.

Justin Trudeau a également cédé un peu de place sur le podium en acceptant de nommer un lieutenant politique pour le Québec. Il y a quatre ans, le chef libéral ne voyait pas l’intérêt de nommer un lieutenant alors que la province avait déjà son « général », puisque lui-même représente une circonscription montréalaise. Mais il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée.

Il faut dire que les circonstances lui ont forcé la main : fort de ses 32 députés, le Bloc québécois sera désormais le deuxième parti d’opposition à prendre la parole à la période de questions aux Communes.

Ça signifie plus de questions en français et plus de questions spécifiquement sur le Québec. Il faudra y répondre – et bien – si les libéraux souhaitent éviter que la remontée bloquiste aux dernières élections ne se transforme en escalade. Car les résultats du 21 octobre au Québec pour les libéraux sont loin d’être ce qu’ils espéraient en début de campagne. Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que le nombre de ministres québécois est passé de 8 à 10. Il y a du terrain à reconquérir.

Avec les nominations de Pablo Rodriguez et de Chrystia Freeland, Justin Trudeau semble comprendre qu’il a besoin de renforts pour les dossiers les plus délicats.

Justin Trudeau a par ailleurs agrandi son Cabinet, signe qu’il a, plus que jamais, besoin de la force du nombre pour accomplir ce qu’il ne pourra faire seul.

Mais la formation du Cabinet n’est qu’une première étape du deuxième mandat de Justin Trudeau. Viendra dans les prochains jours le temps de choisir sa garde rapprochée au sein de son bureau. Quelle place accordera-t-il à des conseillers de l’Ouest? Ou du Québec? Le bureau du premier ministre avait la réputation d’être très homogène, très ontarien et composé de gens au passé et aux opinions similaires. Justin Trudeau osera-t-il s’entourer de conseillers qui ne pensent pas tous de la même façon?

Les blessures auto-infligées ont été légion au cours du premier mandat. En situation minoritaire, Justin Trudeau ne pourra se permettre autant d’erreurs.

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