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Grève au CN : les exportations de grain en péril dans l'Ouest

Élévateur à grain de la société Richardson avec une autoroute à l'avant-plan.

Les élévateurs à grain sont une étape entre l'acheminement ferroviaire du grain et son exportation.

Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

Mohamed-Amin Kehel

La grève des employés du Canadien National (CN), qui a commencé mardi 19 novembre, ne fait pas les affaires des producteurs de grain de l'Ouest canadien. Après un automne catastrophique, ils craignent que le débrayage ne s'éternise et ne bloque les exportations. Cela plongerait les producteurs dans une situation encore plus délicate qu'actuellement.

Dans les gares touchées par la grève, les élévateurs où sont stockées les cargaisons de grains avant d’être exportées ne sont pas déchargés à cause du débrayage. Or les producteurs continuent d'envoyer leurs récoltes, ce qui remplit ces élévateurs. À l’heure actuelle, les élévateurs sont remplis à 60 % de leur capacité dans l'Ouest. Wade Sobkowich, président de la Western grain elevator association, affirme que, si les élévateurs venaient à se remplir complètement, aucune exportation ne serait possible.

CN gère 50 % des élévateurs, donc cela pourrait avoir des conséquences importantes pour les fermiers et pour nos clients qui attendent leurs livraisons de grains.

Wade Sobkowich, président de la Western grain elevator association

Il ajoute surtout que, sans exportation, les producteurs ne peuvent pas être payés et leur grain est condamné à rester dans les entrepôts et à perdre de la valeur. Selon lui, deux jours de grève supplémentaires suffisent pour en arriver à une telle situation.

Le coup de grâce pour les producteurs

Cette grève vient ponctuer une année difficile pour les fermiers. La guerre commerciale entre Trump et la Chine leur a fait perdre des marchés et les précipitations de l’automne ont abîmé les récoltes.

Bernie McClean est producteur de canola en Saskatchewan et directeur de la Canadian canola growers association. Selon lui, cette grève du Canadien National était la dernière chose dont ils [les agriculteurs NDLR] avaient besoin.

Nous avons perdu un gros marché, nous avons une récolte compliquée et maintenant cette perturbation du transport ferroviaire. Cela transforme une situation difficile en une crise critique.

Bernie McClean, directeur de la Canadian canola growers association

Il estime aujourd’hui qu’il est urgent de trouver une solution à cette situation. Il exporte 90 % de sa production et, si cette grève s'éternise, cela pourrait rapidement devenir critique pour ses finances.

Bill Campbell, président de Keystone agricultural producers, au Manitoba, appelle le gouvernement fédéral à entrer dans les négociations pour trouver une issue. Selon lui, chaque jour perdu sans exportation est un jour perdu définitivement.

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