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Le projet minier Wasamac à Rouyn-Noranda franchit une autre étape

Une affiche avec le logo de Monarques Gold.

La corporation aurifère Monarques dit avoir trouvé une façon de ne pas affecter le secteur avec le projet minier Wasamac.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Jean-Marc Belzile

La corporation aurifère Monarques a revampé le projet Wasamac au cours des dernières années afin de diminuer l'impact sur l'environnement et sur les citoyens du secteur, et a officiellement déposé un avis de projet au ministère de l'Environnement.

Le projet Wasamac, situé entre les quartiers Évain et Arntfield, avait été vivement dénoncé par plusieurs citoyens au début des années 2010 alors que le projet était la propriété de Mines Richmont. C'est que le gisement est situé à proximité du mont Kékéko et de quelques résidences.

Marc-André Lavergne et Jean-Marc Lacoste posent devant une affiche.

De gauche à droite: Marc-André Lavergne, vice-président aux opérations et relations avec la communauté et Jean-Marc Lacoste, président et chef de la direction de Monarques.

Photo : Gracieuseté de Corporation Aurifère Monarques

La solution : une nouvelle technologie

Monarques assure toutefois avoir trouvé une façon de ne pas affecter le secteur à la suite de consultations avec les citoyens.

Il s'agit d'un système semblable à un train électrique nommé Rail-Veyor, une technologie qui a fait ses preuves à la mine Goldex de Val-d'Or.

L'affiche à l'entrée du site minier Goldex, d'Agnico Eagle, avec la mine au loin.

Le complexe minier Goldex, d'Agnico Eagle, situé à Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Dans le fond, cette technologie permet d'acheminer le matériel à des distances quand même éloignées d'un gisement, donc dans notre cas, grâce à cette technologie, on est capable d'acheminer le matériel par le sous-sol à un endroit déterminé à notre choix et, nous, on a opté pour un secteur situé à l'ouest de la 117, un endroit éloigné des citoyens du rang des Cavaliers et du lac Hélène, explique le vice-président aux opérations et relations avec la communauté, Marc-André Lavergne

Le maire Mario Provencher s'inquiétait lui aussi, en 2012, de voir de nombreux camions y circuler, mais cette nouvelle technologie permettra également d'éviter les camions puisque le minerai du sous-sol sera transporté directement à l'usine sur place.

C'est énormément d'avantages parce qu'en amenant le matériel par le sous-terrain à cet endroit, on est capable de construire l'ensemble de nos infrastructures dans ce secteur-là, un secteur moins habité, et qui permet d'éliminer toutes les infrastructures qui avaient inquiété les citoyens à l'époque à différents niveaux, autant au niveau visuel que par rapport au parc de Kékéko ou leur résidence. Et ça réduit tout ce qui est la circulation, le bruit dans le secteur du gisement Wasamac, affirme Marc-André Lavergne.

Pas tous satisfaits

Francis Bouffard, membre de la Coalition des citoyens du projet Wasamac, salue les efforts de la minière, mais, pour lui, ce n'est pas suffisant.

Je demeure convaincu que, dorénavant, quand la mine va être là, au lieu d'habiter dans le bois, je vais habiter dans un quartier industriel. Il va y avoir un changement complet de l'écosystème, ça, c'est clair. Les opérations de surface sont amenées un peu plus à l'ouest, donc, si je veux être égoïste, oui ils les ont éloignés de ma maison à moi, mais ça se rapproche d'autres maisons plus près du boulevard Rideau, déplore-t-il.

Les collines Kékéko à Rouyn-Noranda

Les collines Kékéko à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

Plusieurs étapes doivent encore être franchies avant de débuter la construction, notamment l'étude d'impact et les audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Le processus pourrait être plus rapide que la normale puisque le projet Wasamac fera partie d'un tout nouveau projet pilote du gouvernement caquiste, qui a choisi six projets dans la province. L'objectif est de créer une table interministérielle pour éviter des délais inutiles lors de l'obtention des permis comme nous l'explique Marc-André Lavergne.

Encore une fois, les citoyens sont oubliés dans le projet. C'est difficile de se défendre contre une minière avec tous les aspects scientifiques et techniques.

Francis Bouffard, membre de la Coalition des citoyens du projet Wasamac

Ce n'est pas d'enlever des étapes, c'est vraiment de s'assurer que quand des informations sont données à un ministère, les autres ministères sont capables d'aller chercher cette information pour éviter des doublons, pour éviter des délais de réponses autant du côté des promoteurs que du côté des différents ministères, précise M. Lavergne. Tous ces éléments vont permettre d'avancer beaucoup plus vite le processus.

Francis Bouffard affirme avoir été très surpris d'apprendre cette nouvelle.

Ça fait des années que les citoyens réclament d'être accompagnés lorsqu'il y a des projets dans leur quartier, et là, j'apprends que c'est la minière qui va être accompagnée, alors je suis vraiment déçu et même un peu fâché [...] Moi, j'ai déménagé dans le bois pour être bien, pas pour me défendre et devenir un environnementaliste à tout craindre, je veux juste défendre ma qualité de vie, se désole-t-il.

La Ville salue la création d'emplois

La mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, croit que le projet est une bonne nouvelle pour la Ville de Rouyn-Noranda.

C'est un projet qui peut générer jusqu'à 300 emplois alors c'est majeur pour Rouyn-Noranda, mais c'est aussi de s'assurer de rencontrer et d'écouter les citoyens touchés par le projet et c'est ce que l'entreprise fait, souligne la mairesse.

Monarques prévoit extraire 6000 tonnes de minerais par jour pendant 11 ans. La mine emploierait 300 personnes durant l'exploitation, et 420 pendant la construction.

Monarques souhaite débuter la construction du projet Wasamac en 2022 avec un investissement initial de plus de 460 millions de dollars.

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Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais