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Membres humains et tapis roulant… ou doubler la danse autrement

montage photo montrant des jambes et un danseur en mouvement.

La Nouvelle Scène propose un programme de danse double du 21 au 23 novembre.

Photo : Radio-Canada / Crédits photo : Maxime Robert-Lachaîne / Dominique Skoltz

Christelle D'Amours

Un interprète confiné sur un tapis roulant et d’autres qui traversent des murs : dans une même soirée, les danseurs défient les limites de la lumière, de l’espace et du corps. Les spectacles contemporains Running Piece et Lamelles sont présentés en plateau double à La Nouvelle Scène jusqu’à samedi.

Le doublé de danse combinant Running Piece et Lamelles demande au public de réfléchir un peu.

L’une des prestations fait dans le confinement alors que l’autre transcende l’espace. Dans la première, un danseur évolue sur un plancher roulant. Dans la suivante, la lumière est un personnage à part entière, découpant les corps avec une précision relevant presque de l’autopsie.

Pour chacune des représentations, le spectateur peut imaginer sa propre interprétation de l'histoire.

Sur scène, les corps couchés des danseurs demeurent dans l'ombre, mais leurs visages sont sous les projecteurs, donnant l'impression que les têtes sont coupées.

Le metteur en scène Cédric Delorme-Bouchard utilise la lumière pour découper le mouvement.

Photo : Maxime Robert-Lachaine

Mouvement roulant

Ironiquement, Jacques Poulin-Denis a lui aussi fait coup double ambitieux en chorégraphiant Running Piece. D’une part, il s’est mis au défi de créer dans un espace aussi restreint qu’une courroie de tapis roulant. D’autre part, il demande toute une prouesse physique au danseur qui doit constamment être en action.

À Ottawa, c’est le Vancouvérois James Gnam, l’un des trois seuls interprètes à avoir dansé cette chorégraphie, qui sera sur scène durant une heure.

C’est très exigeant, confirme le chorégraphe. Des fois, il marche, mais il ne descend jamais de l’appareil.

Ça parle de plein de choses, mais entre autres de cette espèce de course contre la montre qu’on se fait subir de nos jours dans notre société, toujours être à la presse.

Jacques Poulin-Denis, chorégraphe de Running Piece

Un peu comme un cobaye qu’on étudie, le danseur raconte une histoire devant le public qui l’observe. C’est un peu comme si on suit une personne qui traverse abstraitement plusieurs étapes de sa vie ou de la civilisation humaine, décrit M. Poulin-Denis.

Selon le créateur, les morceaux du casse-tête se mettent assez facilement en place dans son oeuvre. Le spectateur peut en tirer un récit qui défile avec la musique, entre jeux de lumière et projections vidéo.

Un danseur exécute des mouvements amplifiés sollicitant ses bras et ses jambes.

C'est James Gnam, un artiste de Vancouver, qui danse « Running Piece » à Ottawa.

Photo : Dominique Skoltz

De chair et de lumière

Dans Lamelles, le mur devient une frontière, alors que les corps en testent les limites.

Sur scène s’enlacent un mur et des corps, découpés par la lumière. Le spectateur doit porter une attention particulière à ce qui est mis sous les projecteurs et imaginer ce qui est caché dans l’ombre.

En partant du mur, qui est un concept plutôt froid, on vient ouvrir sur toutes sortes d’aspects de la condition humaine, avance le metteur en scène et concepteur lumière Cédric Delorme-Bouchard.

Tout en étant très contemporain, le spectacle offre tout de même une gradation d’idées.

Quand on est dans la salle et qu’on regarde les trois actes, on sent qu’on vient creuser dans quelque chose de très différent. Et même s’il n’y a pas de mots pour nous le nommer, on ressent de quoi on parle.

Cédric Delorme-Bouchard, metteur en scène et concepteur lumière de Lamelles
Des danseurs vêtus de blanc sont sur une scène illuminée de blanc et d'où fuse une fumée blanche.

La fumée crée un mur dans le troisième acte, la finale du spectacle «Lamelles».

Photo : Patrice Tremblay

Pour concevoir Lamelles, le scénographe s’est entouré des interprètes du spectacle. Ensemble, ils ont essayé diverses intensités de lumière, des costumes de toutes les couleurs et matières, en plus de tester différents rythmes, vitesses et mouvements.

Devant l’éventail des possibilités, le créateur a arrêté son choix sur trois concepts qu'il a transposés en trois actes.

Le premier est animal et pulsions. La vie, la mort et le primal habitent un univers plutôt sombre. C’est tout de ce qui est profondément biologique, tout ce qui est profondément mortel en nous. Ce sont des fragments de chair, des fragments animaux qui se démènent, qui luttent contre l’environnement et qui s’en vont tranquillement vers la mort, ajoute M. Delorme-Bouchard.

Le deuxième acte s’attaque à la complexité de l’être humain : un tout composé de chair et d’émotions, comme autant d’histoires d’amour, de relations, de haine qui se tissent sur le plateau, détaille celui qui s’inspire du travail de la regrettée chorégraphe Pina Bausch pour mettre le corps en relation avec l’espace.

Dans le troisième et dernier acte fumant, les corps sont vêtus de blanc et valsent dans la lumière. On rentre dans un autre univers qui est de l’ordre du sublime, du sacré, de '' la grande question '', évoque le metteur en scène en demeurant évasif face à la complexité de ce qui « transcende la condition humaine ».

POUR Y ALLER
Running Piece + Lamelles
Du 21 au 23 novembre
La Nouvelle Scène

Avec les informations de Kevin Sweet

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