•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Boom de la construction : Toronto atteint de nouveaux sommets

Un chantier de construction avec des grues.

Le projet « The Well » à l'angle des rues Front et Spadina, au centre-ville de Toronto, est le plus grand chantier de construction en Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada / Sue Reid

Philippe de Montigny

Les grues et les chantiers de construction sont devenus une partie intégrante du paysage de la Ville Reine. Pourtant, il est toujours difficile de combler la forte demande du marché immobilier.

La Ville recense plus de 200 gratte-ciels et tours à condos présentement en construction, dont 16 qui compteront plus de 50 étages. Même une filiale de Google veut s’implanter et construire des édifices à logements dans un nouveau quartier intelligent, au bord du lac Ontario.

En deux ans seulement, le nombre de grues dans la Ville Reine est passé de 72 en mai 2017 à 120 en mai 2019, selon le plus récent rapport de la firme de consultants Rider Levett Bucknall (RLB), qui travaille auprès de promoteurs immobiliers à l’échelle mondiale.

Toronto compte d’ailleurs plus de grues que les trois plus grandes villes américaines combinées. Selon l'indice des grues RLB, il y en a 27 à New York, 49 à Los Angeles et 27 à Chicago.

C'est comme nos arbres maintenant.

John Tory, maire de Toronto
Le nombre de grues dans les grandes villes nord-américaines : 120 à Toronto, 27 à New York, 49 à Los Angeles et 27 à Chicago.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est à Toronto qu'on compte le plus de grues.

Photo : Radio-Canada / Cam Gauthier

Selon le rapport, les projets à usage mixte et résidentiels, surtout à l’extérieur du centre-ville, constituent la grande majorité des chantiers de construction.

C'est une occasion pour nous. Ça représente beaucoup d’emplois et c'est un signe de confiance dans notre pays et notre ville aussi, ajoute le maire de Toronto.

En tout, 246 grues surplombent la grande région de Toronto, telle que définie par RLB, ce qui inclut la banlieue, ainsi que les villes de Barrie et Hamilton. Ce chiffre devrait augmenter encore davantage avec d’importants projets d’infrastructure et de transport en commun qui s’amorcent.

Des ouvriers sur un édifice en construction, avec une grue en arrière-plan.

La Ville de Toronto recense plus de 200 gratte-ciels et tours à condos en construction.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Pourquoi tous ces projets?

En gros, la population grimpe très rapidement. L’architecte et urbaniste, Éric Turcotte, souligne qu’entre 125 000 et 135 000 nouveaux habitants s’ajoutent dans la grande région de Toronto, chaque année.

C’est quand même énorme. En perspective, on a pratiquement la ville de Trois-Rivières qui vient de s'ajouter.

Éric Turcotte, urbaniste à Urban Strategies Inc.
Un homme en veston devant un chantier de construction.

Éric Turcotte, architecte et urbaniste à Urban Strategies à Toronto

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

L’afflux de jeunes Canadiens des autres provinces ou de régions rurales, mais surtout de nouveaux arrivants venus de l’étranger, fait exploser la demande du marché immobilier et provoque une flambée des prix.

Pour un appartement d'une chambre, le loyer moyen est de 2350 $, selon le site Padmapper.

Le prix de vente moyen d’une maison unifamiliale était de 1,05 million de dollars, le mois dernier, selon la chambre immobilière de Toronto. Pour un condo, les acheteurs devaient débourser en moyenne 617 410 $, une augmentation de 9,6 % par rapport à octobre 2018.

Une taxe sur les logements inoccupés réclamée à Toronto

Malgré tous ces nouveaux bâtiments, il est toujours difficile de combler la forte demande.

La présence de spéculateurs n'aide pas. Certains achètent des propriétés sans jamais y mettre les pieds, souligne David Hulchanski, professeur et chercheur à l’Université de Toronto.

L'expert en logement souhaite que la Ville s'attaque à la spéculation immobilière comme en Colombie-Britannique, où une taxe sur les logements inoccupés semble porter ses fruits.

Le problème prend de l'ampleur. Beaucoup de condos ne servent pas au logement, mais plutôt comme investissement, et ils sont vacants, affirme M. Hulchanski.

Ana Bailão, conseillère municipale à Toronto

Ana Bailão, conseillère municipale à Toronto

Photo : Radio-Canada

En juillet 2017, le conseil municipal de Toronto avait demandé à ses fonctionnaires d’évaluer la possibilité d’imposer une telle taxe. Mais le dossier n’a pas avancé, faute de suivi, explique la conseillère Ana Bailão.

La Ville ne peut pas se permettre d’avoir des milliers de logements laissés vacants. Que ce soit 2000 ou 5000, il faut les remettre sur le marché au plus vite.

Ana Bailão, conseillère municipale à Toronto

Jeudi dernier, le conseil exécutif de Toronto a demandé au directeur municipal et au directeur financier de lui fournir une mise à jour dans ce dossier, tout en révisant l’approche adoptée à Vancouver.

Il faut mettre de la pression, ajoute la conseillère.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Toronto

Immobilier