•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Horaire de faction : les ambulanciers gaspésiens à bout de patience

Une femme porte une chemise sur laquelle se trouve un écusson portant l'inscription « Technicien ambulancier - Paramédic - Québec ».

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec demande à Québec de poser des actions concrètes pour «mettre fin à l'immobilisme de Paraxion».

Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

Isabelle Larose

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ) presse le gouvernement du Québec d'agir pour accélérer la transition des horaires de faction vers des horaires à l'heure pour les ambulanciers de Sayabec, Grande-Rivière et Paspébiac.

Le syndicat estime que Paraxion, l’entreprise ambulancière qui dessert ces secteurs, se traîne les pieds dans le dossier, 20 mois après l'annonce du financement nécessaire pour assurer le changement des horaires.

La Fédération demande des actions concrète de la part de Québec pour « mettre fin à l'immobilisme de Paraxion ».

La FPHQ soutient que les horaires de faction, qui forcent les ambulanciers à être disponible 24 heures sur 24 durant 7 jours consécutifs, sont une cause majeure des mauvaises conditions de travail des ambulanciers et qu’ils contribuent à allonger les délais de réponse aux appels d’urgence.

Pourquoi, parmi les 30 conversions d’horaire annoncées par le ministre Barrette en mars 2018, seulement Paraxion n’est-il pas parvenu à transformer ses horaires de travail?

Jérémie Landry, vice-président aux relations de travail de la FPHQ

La Fédération croit que le maintien des horaires de faction aggrave la pénurie de main-d’œuvre en Gaspésie et que Paraxion court à sa propre perte en retardant la transition vers des horaires à l’heure.

Oui, il a une pénurie de main-d’œuvre, admet Jérémie Landry, mais je pense qu’en réorganisant le tout, il y avait possibilité de le faire au moment opportun, mais ça ne s’est pas fait.

Une ambulance est toujours prête à partir sur une intervention.

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec soutient que les horaires de faction ne sont pas attrayants pour la relève.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

La FPHQ affirme aussi que le retard de conversion des horaires à Sayabec empêche les ambulanciers de Matane de demander une modification de leur horaire, car le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent exigerait que la transition à Sayabec soit complétée avant que Matane puisse en faire la demande.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent n'a pas souhaité confirmer cette affirmation.

La réplique de Paraxion

L’entreprise ambulancière Paraxion déplore que le FPHQ doute de sa bonne foi dans le dossier.

Ce n’est pas un manque de volonté, c’est vraiment un manque de ressources. Je n’ai pas le personnel nécessaire pour transformer les horaires.

Franckie Lévesque, directeur des opérations de Paraxion en Gaspésie

Le directeur des opérations de Paraxion en Gaspésie, Franckie Lévesque, affirme que la mise en place des horaires à l’heure provoquerait des ruptures de services puisqu’elle nécessite le double d’ambulanciers.

Contrairement au syndicat, qui rapporte que les problèmes de recrutement de la compagnie découlent du maintien des horaires de faction, Paraxion soutient que la source du problème est plutôt liée au manque de finissants en soins ambulanciers. Selon Franckie Lévesque, 350 ambulanciers sortent des écoles annuellement, alors que les besoins s’élèvent à 500.

À Baie-Comeau, Sept-Îles, Rimouski, il y a des entreprises qui sont en pénurie de main-d’œuvre et qui ont des horaires à l’heure exclusivement, rétorque M. Lévesque

Ambulance en Gaspésie

Contrairement à Paraxion, Secours Baie-Des-Chaleurs, un organisme sans but lucratif qui offre des services de soins préhospitaliers entre Nouvelles et Maria, a été en mesure de convertir rapidement ses horaires après l'annonce de Québec.

Photo : Radio-Canada

Est-ce qu’une intervention politique, comme demandée par la FPHQ, pourrait changer les choses?

Si le CISSS ou le Ministère veut prendre la responsabilité finale de ruptures de service, on va les transformer, lance Franckie Lévesque. Mais moi en tant qu’entreprise, je ne peux pas transformer les horaires sans avoir les ressources.

Franckie Lévesque appelle Québec à revoir le nombre d’ambulanciers formés chaque année.

Des avancées

Paraxion précise que le projet pour compléter la conversion des horaires pour le secteur de Sayabac a été déposé au CISSS du Bas-St-Laurent la semaine dernière.

Le plan devra être évalué par le CISSS et le ministère de la Santé et des Services sociaux afin de s'assurer qu'il répond aux normes cliniques établies, précise la porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Ariane Doucet-Michaud, qui précise que l'organisation travaille en collaboration avec Paraxion afin de trouver des solutions pour assurer la conversion d'horaire de la zone de Sayabec.

Par ailleurs, une rencontre avec le CISSS de la Gaspésie est prévue prochainement pour étudier la conversion partielle de l’horaire à Grande-Rivière. L’horaire à l’heure pourrait se mettre en place si le CISSS autorise une conversion de 16 ou 18 heures par jour, mais Franckie Lévesque estime qu’il n’a pas les ressources humaines pour mettre en place un changement sur 24 heures.

Appelé à commenter le dossier, le CISSS de la Gaspésie affirme également travailler en étroite collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et Paraxion sur ce dossier.

Quant au ministère de la Santé et des Services sociaux, il se dit sensible au fait qu’il y a des difficultés de recrutement de main-d’œuvre .

Nous travaillons avec le ministère de l’Éducation pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans le secteur préhospitalier d’urgence (augmentation des cohortes, etc.), écrit par courriel la relationniste du ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Claude Lacasse.

Mme Lacasse précise aussi qu'un comité national de transformation du système préhospitalier d’urgence a été mis en place cet automne dans le but de revoir l’organisation des services et d’identifier des pistes de solutions.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Relations de travail