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L’Iran privé d’Internet depuis quatre jours

La police iranienne tente de disperser des manifestants dans les rues de Téhéran.

Les manifestations contre la hausse du prix de l’essence ont débuté jeudi dernier après que le gouvernement iranien a annoncé que celui-ci augmenterait de 50 à 200 %.

Photo : via reuters / Wana News Agency

Radio-Canada

Le gouvernement de l’Iran a bloqué l’accès à Internet à ses 81 millions d’habitants et habitantes, samedi, après que des manifestations contre la hausse annoncée du prix de l’essence sont devenues violentes. Ce cas de censure inquiète le groupe de défense des droits numériques NetBlocks.

Cette perturbation d’Internet est la plus sévère que nous avons enregistrée en Iran depuis l’accession au pouvoir du président Rouhani [en 2013], et la déconnexion la plus sévère, en termes de complexité technique et d’ampleur, jamais observée par NetBlocks, a déploré  l’organisme dans un billet de blogue. 

NetBlocks rapporte qu’environ 4 % des réseaux Internet iraniens sont fonctionnels. Ceux-ci seraient uniquement accessibles par des organismes gouvernementaux et par certaines entreprises. Cela veut donc dire que la population iranienne est isolée du reste du monde, et vice versa. 

Du fait de cette coupure, la situation reste très difficile à évaluer à l'échelle du pays. Le gouvernement de Téhéran a averti qu'Internet ne serait rétabli qu'en cas de retour au calme durable.

La professeure à l’Institut français de géopolitique Frédérick Douzet a expliqué au quotidien Le Monde comment fonctionnait le réseau Internet de l’Iran, qui est connecté à l’Internet mondial par seulement trois points d’entrée. 

Ces trois points d’entrée sont des opérateurs contrôlés par l’État, qui peuvent couper l’accès au réseau mondial. Le réseau iranien a été reconfiguré ces dernières années afin de permettre à ces trois opérateurs de sélectionner des catégories de trafic qui peuvent circuler entre l’intérieur et l’extérieur du réseau, ou de les bloquer totalement, dit Frédérick Douzet. 

C’est une configuration de réseau totalement différente de celle qu’on voit en Amérique du Nord ou en Europe, où le réseau s’est construit de façon totalement décentralisée.

[Internet dans les pays occidentaux] est connecté au reste du monde par de multiples canaux que l’on ne peut pas fermer brutalement. La Russie n’est pas encore en mesure de le faire, mais cela semble être un objectif. En Iran, c’est surtout une première par le niveau de sophistication de la coupure, poursuit la professeure Douzet. 

Au moins « des dizaines » de morts

Les manifestations contre la hausse du prix de l’essence ont débuté jeudi dernier après que le gouvernement iranien a annoncé que celui-ci augmenterait de 50 à 200 %.

L'ONU a tiré la sonnette d'alarme mardi après quatre jours de troubles, disant craindre que des dizaines de personnes aient été tuées lors de manifestations.

L'organisation de défense des droits de la personne Amnistie internationale a avancé que le bilan des morts pourrait se situer entre 100 et 200, dénonçant un recours à la force létalecontre des rassemblements largement pacifiques.

Selon les informations publiées dans les médias iraniens, seuls cinq décès ont été officiellement confirmés, dont ceux de trois membres des forces de l'ordre tués à l'arme blanche par des émeutiers dans la province de Téhéran. Les funérailles des trois agents sont prévues mercredi.

Les autorités ont accusé des puissances étrangères, notamment les États-Unis, leur ennemi juré, de fomenter les heurts.

Avec les informations de Le Monde, Gizmodo, et Agence France-Presse

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