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Le syndic recommande la reprise de Groupe Capitales Médias par un collectif

Des journaux de Capitales Médias empilés de manière à ce qu'on en voie le titre.

Les employés des six quotidiens du Groupe Capitales Médias lancent une campagne de démarrage de coopératives de solidarité pour chacun des journaux.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jonathan Lavoie

Tout comme le gouvernement du Québec, le syndic PricewaterhouseCoopers (PWC) retient le modèle de coopérative proposé par les employés de Groupe Capitales Médias pour assurer la survie des six journaux régionaux, dont Le Soleil.

On pense que les négociations vont être plus faciles avec le collectif qu'avec un tiers, a déclaré le comptable de PWC Christian Bourque en comparant les offres du collectif d’employés et de Métro Média.

Dans les deux cas, les offres sur la table mettaient fin au régime de retraite actuel. Les conventions collectives et les régimes d’assurances collectives devront également être modifiés.

Les deux offres étaient aussi équivalentes quant aux compressions en prévoyant réduire le nombre d'employés de 15 %, que ce soit par attrition ou en procédant à des mises à pied.

Selon PWC, le modèle de coopérative proposé par les employés aura pour avantage de faciliter la transition et la restructuration. Dans ce modèle, les employés deviendront également propriétaires. Ils seront donc forcés de trouver un modèle financier qui pourra assurer la survie des journaux.

Il sera aussi beaucoup plus simple, et moins coûteux, de conserver la même entité d'affaires. On est arrivé à la conclusion que c'est peut-être plus simple de faire ce qu'on appelle une rénovation que de faire une destruction et une reconstruction, illustre Christian Bourque.

Le syndic estime aussi que la reprise par Métro Média aurait coûté plus cher, notamment parce que l’entreprise ne s’engageait pas à assumer la totalité des abonnements déjà payés par les lecteurs. Ces abonnements totalisent 4,7 millions de dollars. L'offre de Métro Média excluait aussi le paiement de vacances de certains employés qui ont récemment quitté Groupe Capitales Médias.

Bien que le modèle de coopérative soit retenu par le syndic, c’est le tribunal qui devra prendre la décision.

D’entrée de jeu, le juge a indiqué qu’il n’était pas tenu de rendre une décision ce mercredi.

Capitalisation incertaine

Au moment de ficeler l’offre qui a été présentée au tribunal, le collectif d'employés affirmait avoir sécurisé 15 millions de dollars de financement.

Ce montant inclut notamment les contributions éventuelles des employés au nouveau modèle d’affaires et l’appui financier de partenaires privés.

Or, le financement privé semble loin d’être assuré. Mardi, le Mouvement Desjardins a notamment annoncé qu’il se désistait et ne financerait pas le projet.

Le Fonds de solidarité FTQ devait lui aussi participer au montage financier, mais le retrait de Desjardins fait maintenant hésiter les gestionnaires.

PWC admet qu’il s’agit, pour l’instant, d’un point faible dans le plan de rachat proposé par les employés.

On va espérer dans les 30 jours qu’il nous reste que [les partenaires financiers] soient remplacés, a déclaré Christian Bourque devant le juge.

Assez de fonds jusqu’en janvier

L'associé chez PWC a également informé le juge que la situation financière de l’entreprise était meilleure que ce qui était anticipé le mois dernier.

Les revenus sont en hausse d’environ 1 million de dollars. Les dépenses ont également diminué de 2 millions de dollars, principalement en raison du départ de plusieurs employés et du recours plus restreint aux employés temporaires.

Lors de la dernière audience, le syndic avançait que les actifs de Groupe Capitales Médias lui permettraient probablement de poursuivre ses activités jusqu’au début du mois de décembre.

Date fatidique repoussée

Cette date fatidique est repoussée au mois de janvier. Ça nous laisse plus de temps pour travailler notre dossier, a soutenu Christian Bourque.

Le comptable agréé a par ailleurs indiqué que l’aide d’urgence de 5 millions de dollars accordée par le gouvernement du Québec en août avait été dépensée.

La campagne de dons lancée par les six journaux régionaux a également permis d’encaisser 150 000 $ jusqu’à présent. Les créances totales de Groupe Capitales Médias sont évaluées à 45 millions de dollars.

Le plan présenté mercredi prévoit qu'Investissements Québec renonce à récupérer les 15 millions de dollars prêtés à Groupe Capitales Médias au cours des dernières années.

Les autres créanciers devront se partager la somme symbolique de 250 000 $.

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