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Un Néo-Écossais gagne sa bataille contre un géant de l’automobile

Ranulph Hudston pose devant sa Volkswagen Jetta.

Volkswagen refusait de couvrir l'enlèvement de taches de rouille apparues sur la Jetta 2007 de Ranulph Hudston, même s'il détenait une garantie de 12 ans. Il a traîné l'entreprise devant la Cour des petites créances et a gagné.

Photo : Ranulph Hudston

Radio-Canada

Un résident de Nine Mile River, en Nouvelle-Écosse, s’est tourné vers la Cour des petites créances de sa province pour obliger la compagnie Volkswagen à respecter la garantie contre la rouille de sa Jetta 2007 et contre toute attente, il a gagné contre le géant allemand de l’automobile.

Volkswagen devra verser 7886,40 $ à Ranulph Hudston pour couvrir le coût des réparations.

Lorsque des taches de rouille ont commencé à apparaître sur sa Volkswagen Jetta, M. Hudston, un éducateur à la retraite, s’est tourné vers son concessionnaire qui lui avait vendu une garantie de 12 ans contre la corrosion, au moment de l’achat.

Hillcrest Volkswagen d’Halifax lui a répondu que le type de rouille présent au bas des portières avant de son véhicule n’était pas couvert par la garantie. Le concessionnaire a également refusé de réparer sans frais les bas de caisse, sous les portières, qui présentaient aussi des traces de corrosion.

Des taches de rouille.

Ces taches de rouilles sont apparues l'an dernier dans le bas des portières avant du véhicule de M. Hudston.

Photo : Ranulph Hudston

Trois ans plus tôt, le concessionnaire avait pourtant accepté de couvrir l’enlèvement de taches de rouille qui étaient apparues sur son parechoc avant.

M. Hudston a continué à faire pression sur Volkswagen pour qu’elle respecte sa garantie, mais dans une réponse par courriel, l'entreprise a répondu que sa décision demeurait inchangée, après consultation d’ateliers de débosselage indépendants.

Elle laissait entendre dans son courriel que les taches de rouille étaient le résultat d’un manque d’entretien général du véhicule, d’une ceinture de sécurité mal ajustée ou de boucles de chaussures qui auraient pu érafler la peinture du véhicule.

Des explications peu convaincantes, selon l'arbitre

L’arbitre de la Cour des petites créances Shelley Martin rejette toutefois dans sa décision les justifications de Volkswagen. Elle écrit ne pas comprendre comment une ceinture de sécurité ou des chaussures auraient pu avoir un impact sur les zones où la rouille s’est installée [...].

Elle souligne aussi que les photos du véhicule montrent qu’il était en bonne condition, en dépit de son âge. Elle note aussi que lorsqu’il n’était pas en usage, il était tenu à l’abri des éléments, dans un garage immaculé.

Une stratégie courante

Un représentant de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), George Iny, n’est pas surpris des justifications de Volkswagen. Les fabricants automobiles, dit-il, se réfèrent, pour les cas de rouille, à une grille qui comprend 18 causes qui peuvent être attribuées au propriétaire.

Dans bien des cas, ils vont en lancer autant qu’ils le peuvent, en espérant qu’une ou deux puissent tenir la route. Il suffit d’une pour convaincre le juge qu’ils ne sont pas responsables.

George Iny regarde le journaliste lors d'une entrevue sur le trottoir d'une rue résidentielle.

George Iny, président de l'Association pour la protection des automobilistes

Photo : Radio-Canada

L’une des raisons citées par Volkswagen, dans le cas de M. Hudston, c’était que des excréments d’oiseaux avaient pu causer la rouille, une hypothèse risible, selon M. Iny, compte tenu des zones, dans le bas des portières, où la corrosion était apparue.

Des dizaines de propriétaires de Volkswagen se sont plaints auprès de l’APA, précise-t-il, après avoir eu de la difficulté à faire respecter leur garantie contre la corrosion. L’organisation offre maintenant des conseils à ce sujet sur son site web.

Il note aussi que Volkswagen a réduit sa garantie de 12 à 7 ans l’an dernier. Nous avons l’impression que la compagnie applique cette réduction rétroactivement, ce qui n’est pas permis.

Un appel envisagé

Un porte-parole de Volkswagen Canada, Thomas Tetzlaff, affirme que l’entreprise prend très au sérieux tout ce qui concerne la qualité de ses véhicules et qu’elle respecte entièrement ses garanties.

Elle songe à porter en appel la décision de la Cour des petites créances de la Nouvelle-Écosse.

En dépit de son expérience, Ranulph Hudston croit toujours que Volkswagen fait d’excellents véhicules. Malgré son préjugé favorable envers ce fabricant, les réponses qu’on lui a fournies lorsqu’il a tenté sans succès de faire respecter sa garantie l’ont incité à pousser l’affaire plus loin.

C’est comme s’ils voulaient se débarrasser de moi. En fait, ils semblaient faire exprès de faire traîner les choses en longueur et ça m’a insulté. Je m’attends à du respect des compagnies dont j’achète les produits.

D'après les informations de Yvonne Colbert, CBC

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