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  • Archives
  • Quand Elian Gonzalez a été repêché au large de la Floride

    Le petit Elian Gonzalez a été secouru en mer par la Garde côtière américaine.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Il y a 20 ans, l’histoire d’un petit naufragé cubain émouvait et fascinait l’Amérique. Elian Gonzalez, cinq ans, devait-il rester aux États-Unis ou revenir à Cuba auprès de son père? Retour en archives sur ce drame à couleur politique.

    Le 25 novembre 1999, le petit Elian Gonzalez est secouru en mer par la Garde côtière américaine.

    L’enfant cubain est le survivant du naufrage d’une embarcation de fortune à bord de laquelle il se trouvait pour atteindre les côtes de la Floride.

    Comme l’explique le présentateur Pierre Craig au bulletin de nouvelles du 30 novembre 1999, sa mère, qui souhaitait refaire sa vie aux États-Unis, a péri noyée avec une dizaine d’autres réfugiés cubains.

    Elian Gonzalez a passé deux jours à la dérive, accroché à une chambre à air, avant d’être repéré par des pêcheurs américains.

    Un bras de fer sur fond de tensions cubano-américaines

    Téléjournal, 7 décembre 1999

    Le sort d’un enfant de six ans est sur le point de dégénérer en incident diplomatique entre les États-Unis et Cuba.

    L’animateur Daniel Lessard

    Le 7 décembre 1999, Elian Gonzalez célèbre son 6e anniversaire avec des proches qui l’ont pris sous leur aile à Miami.

    C’est ce que nous montre ce reportage au Téléjournal de la journaliste Micheline Laflamme.

    Au même moment, son père, divorcé de sa mère et qui ignorait tout de leur départ, demande son retour auprès de lui, à Cuba.

    Il a le soutien du président Fidel Castro, qui exige le rapatriement de l’enfant et qui en fait même une affaire personnelle.

    Son fils Fidelito avait le même âge qu’Elian lorsqu’il a été emporté aux États-Unis par sa mère, Mirta Diaz Balart.

    Le gouvernement américain ne souhaite pas outre mesure être pris dans ce tumulte diplomatique et penche aussi du côté de la réunion entre le petit Elian et son père naturel.

    Mais les groupes anticastristes très actifs en Floride se sont emparés de l’affaire et ils s’opposent fermement au rapatriement.

    Elian Gonzalez devient malgré lui un otage politique. Les tribunaux américains devront trancher.

    Une évacuation digne d’une libération d’otage

    Téléjournal, 22 avril 2000

    Nombreux se souviendront de ces images bouleversantes diffusées au Téléjournal du 22 avril 2000.

    Après des semaines de négociations infructueuses, les autorités américaines décident de passer à l’action pour rendre l’enfant à son père.

    D’une manière tragique et spectaculaire, un commando prend d’assaut la petite maison de Miami où est hébergé Elian Gonzalez à 5 h 10 du matin.

    Caché dans un placard, le petit garçon est enlevé de force à son grand-oncle américain par des policiers lourdement armés.

    Une fois l’enfant évacué à l’extérieur, le véhicule qui le transporte a du mal à se frayer un chemin.

    Des manifestants sont massés autour de la maison et lancent des projectiles vers la fourgonnette conduite par un policier cagoulé. Des gaz irritants doivent être utilisés pour les disperser.

    En trois minutes, l’opération digne d’une libération d’otage était terminée, laissant derrière une communauté en colère.

    Le journaliste Guy Gendron

    Le gouvernement américain s’empresse de défendre cette intervention musclée.

    Des photos des retrouvailles d’Elian avec son père, sa belle-mère et son demi-frère venus le rejoindre à Washington sont rendues publiques quelques heures plus tard.

    Et le feuilleton judiciaire n’est pas terminé…

    Un symbole de résistance cubaine

    Téléjournal, 28 juin 2000

    C’est finalement le 28 juin 2000 qu’Elian Gonzalez et son père parviennent à regagner leur île.

    La Cour suprême des États-Unis refuse d'entendre le grand-oncle de Miami qui militait pour que l’enfant reste aux États-Unis en tant que réfugié. Tous les recours judiciaires sont épuisés.

    Sur le tarmac de l’aéroport de La Havane, Elian Gonzalez est accueilli en héros par une foule d’écoliers qui brandissent le drapeau cubain.

    Le président Fidel Castro a préféré ne pas participer à la cérémonie d’accueil. « Probablement pour dépolitiser cette victoire cubaine », affirme le correspondant Maxence Bilodeau au Téléjournal.

    Le psychodrame qui a passionné et choqué l’Amérique se sera étiré sur sept mois.

    En 2015, le journaliste Jean-Michel a retrouvé Elian Gonzalez dans sa modeste maison de Cardenas, près de Varadero.

    Le jeune cubain qui se confiait au journaliste conservait surtout comme séquelles de cette mésaventure la perte tragique de sa mère.

    Aux États-Unis, son histoire aura davantage pris une couleur politique, jusqu’à vraisemblablement influencer les résultats des élections présidentielles de 2000.

    Encore plus de nos archives

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