•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Poupée érotique : la défense ne croit pas qu’il s’agissait de pornographie juvénile

925A5399-5C55-4AA0-9DF4-1A95DCBBDB04

Antoine Gagnon

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Marie-Pier Mercier

La défense remet en question le fait que la poupée érotique au coeur du procès d’Antoine Gagnon soit un objet de pornographie juvénile. L’ex-avocat de 31 ans est accusé de possession et d'importation de pornographie juvénile après avoir commandé de la Chine une poupée de la grandeur d’un enfant.

La poupée commandée par Antoine Gagnon mesure 103 centimètres et est fabriquée avec un matériau qui s'apparente à du silicone. Elle porte une perruque rose et des vêtements transparents. Elle a de petits seins, de faux ongles et des hanches. Elle a aussi des orifices à la bouche et aux parties génitales.

Mercredi, au troisième jour du procès d'Antoine Gagnon, la défense a soutenu que malgré sa petite taille, la poupée a les atouts d’une adulte.

L’enquêteur principal au dossier, Olivier Simard, a été contre-interrogé par Me Kami Pelletier à ce sujet.

Lors de son contre-interrogatoire, il a affirmé au tribunal qu’il s’agissait de la première fois de sa carrière qu’il catégorisait une poupée érotique comme étant un objet de pornographie juvénile.

Me Pelletier a comparé la poupée en question à une poupée de 65 cm qui a le visage d’une adolescente et les seins d’une adulte, mais qui n’est pas considérée comme un objet de pornographie juvénile par Olivier Simard.

Le colis de la poupée a été remis à l’accusé par un policier déguisé en livreur le 8 juin 2017. Une heure et demie plus tard, les policiers procédaient à une saisie dans son appartement du quartier Saint-Jean-Baptiste.

La boîte n'avait pas été ouverte par Antoine Gagnon.

Mise en doute des techniques d'enquête

L'enquêteur Olivier Simard avait affirmé au tribunal, mardi, que l’accusé savait ce qu’il faisait en commandant une poupée pornographique de la grandeur d'un enfant, puisqu’il avait consulté des blogues où on peut voir de jeunes filles parfois prépubères porter des tenues légères.

Olivier Simard avait, pour arriver à cette conclusion, utilisé un site web qui permet de retracer les pages web consultées par l'accusé.

La défense a tenté de mettre en doute la fiabilité de ce site.

C’était la première fois que j’utilisais ce site web, a reconnu Olivier Simard. Internet, ça évolue. Il y a des choses qui restent, des choses qui changent, a-t-il ajouté.

La défense prétend que le contenu des blogues qui a été présenté au tribunal mardi n’est pas nécessairement le même que ce que l’accusé avait consulté en 2017.

Elle a démontré par le contre-interrogatoire que, même si certains sites Internet ont été consultés par l’accusé, il n’y avait aucune façon de déterminer le temps passé sur ceux-ci.

L’enquêteur a aussi affirmé au tribunal que l’accusé ne pouvait pas connaître le contenu du site Internet avant de cliquer sur son lien URL.

Peu de visites en lien avec la poupée

La défense a également établi lors du contre-interrogatoire d’Olivier Simard que 3 % des visites sur les 3768 pages répertoriées, entre le 17 avril et le 9 mai 2017, se rapportaient à des poupées d'apparence adolescente. Seulement, 0,5 % de ces visites étaient liées à des poupées d'apparence enfantine, selon l'avocat.

D'ailleurs, dans le langage pornographique, le mot teen [adolescent] n’est pas illégal, ça représente généralement des personnes de 18 à 24 ans, a affirmé l'enquêteur Simard lors de son contre-interrogatoire.

Lundi, l’enquêteur Claude Poulin, de l'Unité de l'extraction des données du SPVQ, avait affirmé au tribunal que l'accusé avait recherché sur Internet des mots clés, comme « poupée pornographique aux petits seins », « poupée pornographique adolescente », « poupée pornographique dépourvue de seins ».

La défense a toutefois démontré que l’accusé n'avait jamais utilisé les mots « enfant », « jeune », « bébé » ou « jeunesse » pour ses recherches.

On ne sait pas encore si la défense fera entendre l'accusé ou présentera une défense. Les parties reviendrons en cour jeudi après-midi pour une courte apparition. Les procès reprendra ensuite le lundi 9 décembre.

Cause similaire à Terre-Neuve

Un homme de Terre-Neuve accusé, en 2013, de possession de pornographie juvénile relativement à l'achat d'une poupée sexuelle de la taille d'un enfant a été reconnu non coupable en mai dernier. Le juge du procès avait toutefois statué sur le fait que la poupée constituait un objet de pornographie juvénile.

La Couronne n'avait pas réussi à prouver hors de tout doute raisonnable que l'homme de 54 ans, Kenneth Harrisson, savait ce qu'il y avait dans la boîte livrée à son domicile.

Il s'agissait du premier procès au Canada portant sur des accusations de pornographie juvénile impliquant une poupée sexuelle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Procès et poursuites