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« Je m’aperçois que ça use » : Régis Labeaume s'ouvre sur son cancer

Photo de Régis Labeaume devant un micro de radio.

Régis Labeaume

Photo : Radio-Canada / Coralie Mensa

Félix Morrissette-Beaulieu

Cancer, deuil, arrogance et tramway : le maire de Québec s’est ouvert avec émotion sur plusieurs sujets lors d’une entrevue au micro de Pénélope McQuade, mercredi.

Invité d’abord pour sensibiliser la population au cancer de la prostate, le maire est rapidement revenu sur les mois qui ont suivi son diagnostic.

J’ai eu ce résultat-là en septembre 2018. J’ai dû attendre au début de 2019 avant d’avoir la biopsie. Ç’a été plusieurs mois un peu stressants.

Je suis un gars qui est toujours en retard dans mes sentiments. Lorsqu’on m’a annoncé que j’avais le cancer, j’ai géré ça comme un grand garçon. Or, les conséquences se sont fait sentir plus tard, selon lui.

Avec le temps, je m’aperçois que ça use, ça mine, même si c’est un cancer qui se guérit relativement bien.

Régis Labeaume, maire de Québec

Même si on le comprend, ce cancer-là, n’en demeure pas moins qu’il existe quelque chose qui s’appelle la mort, qui devient une hypothèse pour toi, et ça, c’est curieux, se confie le maire, rappelant que plus de 800 hommes meurent du cancer de la prostate, chaque année, au Québec.

Ça rattrape, c’est sûr. Le soir, quand tu te couches, tu as parlé à tout ton monde, lorsque tu es seul sur ton oreiller tu dis : bon, écoute, peut-être que c’est 10 %, les chances que je puisse en mourir. Ça a son lot de stress.

Contre l’avis du médecin pour le tramway

Le maire Labeaume confie être revenu au travail trop vite, malgré les trois mois de congé forcé prescrits par son médecin à la suite de son opération.

Je ne l’ai pas vraiment écouté. Je suis fautif. Ça faisait 10 ans que je travaillais sur mon projet de tramway. On avait un changement de gouvernement qui s’en venait. Je ne pouvais pas laisser ça aller, se défend M. Labeaume.

Il tient toutefois à envoyer le bon message : Je dirais à tout le monde : arrêtez. Moi j’en vis encore les conséquences, parce que je suis rentré trop vite. Il faut arrêter au minimum trois mois, conseille le maire.

De maire à proche aidant

Régis Labeaume a aussi abordé le cancer de son père et son nouveau rôle de proche aidant.

Son père, qui souffre d’un cancer du pancréas, devrait en mourir prochainement. Son temps est compté, dit-il.

Je découvre ça, être proche aidant. Moi, je suis privilégié. Tout le monde ne l’est pas. Il faut considérer ça dans la dotation des soins en santé et services sociaux. Ça, je l’ai compris.

Un nouveau rôle qui lui fait prendre conscience de la disparité dans l'offre de soins au Québec, particulièrement entre les grands centres et les régions. À l'hôpital, je voyais du monde de Rimouski, de Sept-Îles. Des gens qui n’avaient pas les moyens. Ça coûte cher, être malade. Ça me fendait le cœur de voir tous ces gens-là. Quand tu viens des régions, c’est compliqué. Ça ouvre les yeux.

Régis Labeaume, qui a perdu sa mère et sa sœur au cours des derniers mois, s’apprête maintenant à perdre un autre membre de sa famille immédiate.

On a des discussions qu’on n’a jamais eues. Je l’accompagne. J’apprends à découvrir mon père.

Régis Labeaume

Être en tête-à-tête avec mon père pendant 10 minutes, ce n’est jamais arrivé. Mon père ne m’a jamais pris dans ses bras. Je crois que c’est le cas d’un paquet de gars de mon âge qui ont des pères de la génération de mon père. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est immense à la fois, confie le maire, avec émotion.

Style arrogant?

Régis Labeaume a aussi abordé son style politique, que plusieurs qualifient d'arrogant.

La bête est comme ça. Si on a les bons coups, c’est parce que je suis comme ça. J’ai un style, je tente de changer, ce n’est pas évident. Certains sont très fragiles, faut voir.

Il défend d'ailleurs son franc-parler, ajoutant qu'il préfère rester fidèle à lui-même. En politique, il faudrait que tu sois d’accord avec tout le monde, en t’excusant d’agir. Lorsque je prends une décision, je la défends. Si défendre une décision est arrogant, probablement que je suis arrogant.

Peut-être que je ne suis pas élégant dans mes paroles, mais je ne suis pas hypocrite, ajoute-t-il. Au total, je crois que les gens préfèrent que je ne sois pas hypocrite. Je suis incapable d’avoir le langage usuel des politiciens. Je me respecte.

Un tramway à construire

Interrogé sur son intention de briguer un cinquième mandat, Régis Labeaume répond vouloir se concentrer sur ses projets à terminer, dont la construction d'un tramway à Québec. J’ai une mission à accomplir. On verra pour la suite.

On va expliquer à la population comment ça va se passer, le tramway, leur expliquer que ça va changer les choses, a précisé Régis Labeaume.

Le processus est long, mais on va leur expliquer comment ça va changer le rythme d’une ville. Québec avec un tramway, ce sera la ville la plus attrayante au pays.

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