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Les jeunes plumes québécoises en trois coups de cœur

Kevin Lambert, Fanie Demeule et Jean-Philippe Baril-Guérard.

Photo : Radio-Canada

Nabi-Alexandre Chartier
Mis à jour le 

À compter de mercredi, la Place Bonaventure sera prise d’assaut par des milliers de passionnés des mots pour la tenue du 40e Salon du livre de Montréal. Depuis quelques années, on observe l’émergence de plumes fortes d’auteurs et autrices qui ont des histoires singulières à raconter. Le journaliste culturel Nabi-Alexandre Chartier vous présente ainsi ses trois coups de cœur.

Kevin Lambert

Âgé d’à peine 27 ans, Kevin Lambert a déjà publié deux romans qui ont remporté un succès à la fois populaire et critique : Tu aimerais ce que tu as tué (2017) et Querelle de Roberval (2018), deux ouvrages parus aux éditions Héliotrope.

Il a d’ailleurs fait partie de la présélection pour le prestigieux prix Medicis, en plus d’avoir été finaliste au prix littéraire du journal Le Monde et d’être sélectionné pour le prix Wepler et pour le prix Sade.

Tout ce que j’écris, ça a une dimension politique, qui croise des questions liées au genre, à l’homosexualité et à l’homophobie.

Kevin Lambert

En entrevue à Plus on est de fous, plus on lit à l’automne 2018, Kevin Lambert affirmait aussi que l’une de ses missions avec Querelle de Roberval était d’ébranler les structures hétérosexistes de nos sociétés.

Dans ce roman, Kevin Lambert dresse le portrait d’ouvriers travaillant dans une scierie à Roberval, au Lac-Saint-Jean. Avec ce livre, l’auteur soutient vouloir insuffler une réflexion sur les classes sociales à son lectorat.

Extrait de Querelle de Roberval :

« Le reflet de la lune qui coule dedans suinte l’humidité et la chaleur. Un 32 degrés porté par les vents du sud. Les braises des derniers feux luisent encore dans les tops de sécheuse sur la plage. »

Fanie Demeule

L’autrice de 29 ans a elle aussi publié un deuxième roman, Roux clair naturel, en février dernier. Le point commun entre les deux ouvrages publiés par l’autrice : les questions de santé mentale.

Celle qui avait signé Déterrer les os en 2016 propose un thriller où l'étau se resserre sur les mensonges d'une fausse rousse.

Dans Roux clair naturel, c’est le mensonge. Ce mensonge, qui a l’air, en apparence, bénin, presque ridicule, d’une couleur de cheveux trafiquée, finit par être complètement anxiogène pour la personne.

Fanie Demeule

Extrait de Roux clair naturel :

« Une rousse, on l’accepte plus facilement. Elle n’est pas comme les autres, elle est extraordinaire. Elle donne envie de la connaître. Je suis ta blonde rousse, souriante, amusante, spirituelle. »

Jean-Philippe Baril-Guérard

À 31 ans, Jean-Philippe Baril-Guérard (Royal, Sports et divertissements) est un auteur prolifique et un touche-à-tout. Lauréat du Prix des collégiens pour son roman Royal (2016), il chérit dans son écriture des thèmes comme la hiérarchie, les relations de pouvoir et la compétition, entre autres.

Comment est-ce qu’on fait pour se retrouver au pouvoir, au top? Comment est-ce qu’on fait pour réussir? Comment est-ce qu’on deale avec une ambition qui est parfois démesurée?

Jean-Philippe Baril-Guérard

Je me dis, quand tu es une personne très privilégiée, et que tu n’es pas une personne heureuse ou satisfaite dans ta vie, devrais-tu te sentir mal? ajoute l'auteur.

Extrait de Manuel de la vie sauvage :

« Mon père insistait pour payer mes frais de scolarité et comme j’avais refusé qu’il paie pour quoi que ce soit d’autre, il a insisté pour me payer un cégep privé, histoire de me faire sentir le plus redevable envers lui. »

Pourquoi ces succès?

Comment expliquer le retentissement des œuvres de ces jeunes écrivains et écrivaines au Québec?

On s’inspire de ce qui a autour de nous, croit pour sa part Jean-Philippe Baril-Guérard. J’ai vraiment l’impression qu’en ce moment la littérature est branchée sur ce qui se passe dans la société.

Fanie Demeule, elle, estime que les nouvelles formes de diffusion de la littérature y sont pour beaucoup.

« Les plateformes [sont] comme un tremplin, [elle sont là] pour créer des réseaux, des communautés, pour nous mettre en relation », conclut-elle.

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