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Une déformation du pied plus souvent observée chez les joueurs de soccer

Anne-Laure Ménard, étudiante au postdoctorat en biomécanique, mesure les pieds de deux jeunes joueurs de soccer dans le cadre d'une étude.

277 joueurs de soccer québécois ont participé à l'étude.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

Dominic Brassard

Une déformation du pied appelée cavovarus subtil serait plus souvent observée chez les joueurs de soccer que dans le reste de la population, selon une nouvelle étude menée par une chercheuse du CHU Sainte-Justine à Montréal, la Dre Marie-Lyne Nault.

Cette déformation entraîne souvent des blessures, mais elle offrirait par ailleurs un certain avantage aux joueurs sur le terrain.

C'est un peu par hasard que Marie-Lyne Nault s'est intéressée à ce champ de recherche.

La chirurgienne orthopédiste, spécialisée en médecine sportive pédiatrique, a d'abord remarqué que son conjoint, ancien joueur de soccer de haut niveau, vivait avec une telle déformation.

J'avais toujours remarqué qu'il avait cette attitude-là d'avoir son poids vers l'extérieur. C'est resté là, dit-elle.

Mais petit à petit, je voyais aussi ses amis, qui étaient des joueurs de soccer d'assez haut niveau, et j'ai remarqué qu'ils avaient tous un peu ce problème-là au niveau des pieds.

La Dre Marie-Lyne Nault
Marie-Lyne Nault, chirurgienne orthopédiste au CHU Ste-Justine.

Marie-Lyne Nault, chirurgienne orthopédiste au CHU Ste-Justine, s'intéresse à une malformation du pied chez les joueurs de soccer.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

Au fil du temps, après de nombreuses consultations de patients, les observations se sont précisées : J'ai remarqué que les joueurs de soccer, plus ils avancent en niveau, plus ils ont cette déformation-là.

La chercheuse a donc voulu comprendre les origines de cette anomalie physique.

En d'autres mots, est-ce que le joueur de soccer naît avec un pied cavovarus subtil, ou est-ce que le fait de jouer provoque un tel problème?

Un pied cavovarus subtil, c'est quoi?

Un pied cavovarus subtil, c'estun pied creux, avec une arche plus prononcée, résume la chirurgienne orthopédiste.

Environ 10 % de la population a normalement une déformation du genre, précise-t-elle.

Puisque le poids du corps va vraiment sur la partie extérieure du pied, la déformation peut occasionner des blessures, comme des fractures de stress, des entorses ou des problèmes avec les tendons, explique Marie-Lyne Nault.

Prélèvement de données pour cartographier les pieds de joueurs de soccer.

Grâce à différentes technologies, les chercheurs ont cartographié les pieds de 277 joueurs de soccer.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

Quel lien entre le pied cavovarus subtil et le soccer?

Au cours de l'été, l'équipe de chercheurs dirigée par la Dre Nault a rencontré 277 joueurs de soccer québécois, âgés entre 9 et 40 ans, dont le tiers évoluent dans les ligues d'élite.

Ils ont répondu à un questionnaire, en plus de faire prendre les mesures et une empreinte électronique de leurs pieds.

Selon Marie-Lyne Nault, les résultats parlent d'eux-mêmes.

16 % avaient un cavovarus... Je vous rappelle que la population en général, c'est 10 %. Donc, c'est définitivement plus élevé dans la population de joueurs de soccer, et ça inclut tous les niveaux, précise la chercheuse.

Par ailleurs, 38 % du total des participants ont déclaré avoir déjà subi des blessures au pied ou à la cheville, peu importe le niveau de jeu dans lequel ils évoluent.

Pour l'équipe de chercheurs, il est aussi possible de conclure que le fait de jouer au soccer n'entraîne pas cette déformation.

Selon Marie-Lyne Nault, nos analyses ont démontré que le fait d'avoir un pied cavovarus, c'est ça qui fait qu'on atteint un niveau plus élevé, [parce que] c'est présent même quand on est très jeune.

À son avis, cette déformation donnerait plus de rigidité au pied, ce qui faciliterait le contrôle du ballon.

Marie-Lyne Nault, chercheuse, Anne-Laure Ménard, étudiante au postdoctorat en biomécanique, et Éric Manfoumbi, bénévole.

Marie-Lyne Nault, Anne-Laure Ménard, Éric Manfoumbi et Justin Barrette (absent de la photo) font partie de l'équipe de recherche.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

La chirurgienne orthopédiste considère que ces résultats pourraient permettre de prévenir des blessures chroniques chez les joueurs de soccer, notamment grâce à l'utilisation d'orthèses adaptées au sport.

On sait que le soccer devient de plus en plus important au Québec, et si on veut être compétitif comme société, je pense que c'est bon de travailler sur ce genre d'options [orthèses], pour prévenir les blessures et avoir une meilleure santé au niveau des jeunes qui pratiquent le soccer.

Dre Marie-Lyne Nault

Dre Nault souhaite maintenant poursuivre ses travaux, en effectuant un suivi à long terme des participants à l'étude et publier ses résultats dans une revue scientifique.

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