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Les coupes de Lowe's respectent l'entente sur le rachat de Rona, croit Fitzgibbon

La restructuration annoncée lui semble conforme aux engagements pris par la société américaine en 2016.

M. Fitzgibbon à l'Assemblée nationale.

Pierre Fitzgibbon pense que Lowe's n'a pas enfreint l'accord conclu avec Ottawa il y a trois ans pour mettre la main sur Rona.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Jérôme Labbé

Le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, contactera dès jeudi son homologue fédéral pour lui demander de faire respecter l'entente conclue avec l'entreprise américaine Lowe's sur le rachat de Rona. Mais il a peu d'espoir que le coup de fil change quoi que ce soit aux coupes annoncées mercredi matin.

« Quand je lis l'entente, je pense que Lowe's la respecte », a déclaré le ministre lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale, juste avant le début de la réunion hebdomadaire du caucus de la Coalition avenir Québec.

Il a toutefois précisé qu'il ne s'agissait que d'une spéculation et qu'il n'était pas sûr à 100 % de ce qu'il avançait.

Il y a une entente de deux pages sur laquelle [on retrouve] les engagements de Lowe's pour l'emploi, la nature de l'emploi [et] le bureau-chef. À ma connaissance, ils respectent ça.

Pierre Fitzgibbon

L'entente, qui demeure confidentielle, a été conclue entre Lowe's et le gouvernement fédéral il y a trois ans, à l'époque où Dominique Anglade était ministre de l'Économie dans le gouvernement libéral de Philippe Couillard, a expliqué le ministre.

M. Fitzgibbon compte appeler son homologue fédéral dès qu'il sera connu, la formation du conseil des ministres devant être annoncée mercredi après-midi à Ottawa.

Interrogé sur le même sujet, le premier ministre François Legault a déclaré que les coupes annoncées mercredi matin étaient prévisibles.

Investissement Québec, qui appartient au gouvernement, avait un bloc de contrôle pour s'assurer que Rona ne serait pas vendu à Lowe's, a-t-il rappelé en mêlée de presse. Malheureusement, le gouvernement libéral s'est débarrassé de ce bloc-là, et donc a rendu Rona très vulnérable à cette acquisition.

Il n'y a pas grand-chose qu'on peut faire. C'est une compagnie privée, le gouvernement n'a aucun outil pour les forcer à faire quoi que ce soit. Est-ce qu'il sont des bons citoyens? Est-ce qu'ils respectent leur parole? Est-ce qu'ils font ça comme il faut? C'est aux Québécois de juger.

François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre maintient qu'il essaie maintenant d’acheter québécois dans des magasins québécois – une déclaration qu'il avait faite au moment d'une première vague de licenciements annoncée par Lowe's le mois dernier.

Ces propos avaient provoqué la colère de certains quincailliers Rona, qui avaient souligné que, malgré le rachat de la compagnie par Lowe's, la plupart des marchands propriétaires et de leurs employés demeuraient des Québécois.

Une entente « nébuleuse »

François Legault affirme par ailleurs que l'entente dont son gouvernement a obtenu copie n'exige pas de plancher d'emplois au Québec.

Est-ce qu'il y a une autre entente? a-t-il demandé, semant la confusion parmi les journalistes parlementaires. On va essayer de voir avec le gouvernement fédéral. Mais nous, dans ce qu'on a, dans ce que nous a laissé le gouvernement de Mme Anglade [sic], il n'y a rien.

Ça semble très nébuleux, ce qu'ont fait Dominique Anglade et les libéraux, a laissé tomber le premier ministre.

La principale intéressée, qui est aujourd'hui porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Économie et candidate déclarée à la direction du Parti libéral, assure pourtant que l'entente de 2016 comportait des garanties devant être respectées jusqu'en 2021.

Quand je regarde ce qui est annoncé, j'aimerais bien faire le comparable entre ce qui avait été garanti et ce qu'on voit sur la table.

Dominique Anglade, porte-parole libérale en matière d'Économie

Son homologue péquiste Martin Ouellet demande à ce que la fameuse entente soit rendue publique afin de savoir enfin quelles étaient les exigences minimales imposées à Lowe's pour lui permettre d'acheter Rona.

On n'a toujours pas vu quelle était l'entente secrète qui a été prise avec le gouvernement fédéral : ce serait le temps qu'on la rende publique, là, parce que c'est le Québec qui encaisse le coup, a-t-il déploré à l'issue de sa propre réunion de caucus.

Sa demande a d'ailleurs été reprise par le Bloc québécois à Ottawa. Non seulement la population doit connaître le détail de cette entente, mais nous devons savoir ce qui se passera en 2021, lorsqu’elle viendra à échéance, a demandé son porte-parole en matière d’Industrie Simon-Pierre Savard-Tremblay par voie de communiqué. Car selon lui, le comportement de Lowe’s n’annonce rien de bon.

M. Ouellet en mêlée de presse.

Martin Ouellet souhaite consulter l'entente de 2016 par lui-même.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Dans son plan de restructuration, dont les grandes lignes avaient été rendues publiques mardi, Lowe's entend fermer l'an prochain 34 magasins à travers le Canada, dont 12 au Québec – 11 Rona et 1 Réno-Dépôt, à Trois-Rivières. Le syndicat estime qu'entre 500 et 600 travailleurs seront mis à pied dans les succursales québécoises.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, estime que les travailleurs touchés n'auront pas trop de difficulté à se trouver un nouvel emploi.

Partout et dans tous les secteurs, il y a des problèmes de rareté de main-d'oeuvre. Donc ce sera, je pense, à mon avis, assez facile de les réintégrer dans le marché et dans des délais plus que raisonnables, a-t-il déclaré en arrivant lui aussi à la réunion du caucus caquiste, mercredi matin.

M. Marissal en mêlée de presse.

Vincent Marissal souhaite que le gouvernement ordonne un état des lieux.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

De son côté, Québec solidaire exige un plan gouvernemental pour s'assurer de mieux protéger à l'avenir les entreprises québécoises du secteur de la construction.

Ce que le gouvernement peut faire, c'est un état des lieux de cette industrie-là, a proposé son porte-parole en matière de Finances et d'Économie, Vincent Marissal. L'industrie de la construction tourne à plein régime; on veut savoir qui vend quoi dans le milieu. Parce que le nerf de la guerre, il est là.

Mais pour les employés licenciés de Lowe's-Rona, il est probablement trop tard, reconnaît-il.

M. Marissal blâme l'ex-gouvernement libéral – Dominique Anglade en tête –, mais aussi le gouvernement de la CAQ, en particulier le premier ministre, qui a dit il y a quelques semaines aux Québécois d'aller acheter ailleurs. C'était franchement pas l'idée du siècle, tranche-t-il.

Avec la collaboration d'Alex Boissonneault

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