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Des résidus de Kruger pour enrichir les champs

Des tubes et un convoyeur dans la cour d'une usine de pâtes et papiers.

Le convoyeur achemine les boues de pâtes et papiers vers un camion qui en fera la livraison aux champs.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Marie-Pier Bouchard

Près de la moitié des résidus de l’usine Kruger de Trois-Rivières se retrouvent dans les champs de cultivateurs qui s’en servent comme fertilisant. Une pratique plus écologique et plus économique sur laquelle l’entreprise veut miser davantage.

En transformant sa machine numéro 10 en 2017, l’usine a augmenté sa production et par conséquent, elle génère encore plus de boues, ces résidus issus de la production de pâtes et papiers.

On génère beaucoup plus de boue et les boues sont différentes, explique Sylvain Houle, directeur général de l’usine Kruger de Trois-Rivières.

Un homme sur le site d'une usine portant un chapeau de construction et des lunettes de sécurité.

Sylvain Houle, directeur général de l'usine Kruger de Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada

Depuis deux ans, les boues qui sortent de l’usine peuvent servir davantage à la fertilisation des champs. Près de la moitié des 90 000 tonnes de boues générées par année sont livrées gratuitement à des cultivateurs qui les épandent sur leurs terres.

Mais avant de partir pour la livraison, les boues sont asséchées. Première étape : la table de gravité pour les épaissir. C’est le principe du tamis.

Bac rempli de boue liquide dans une usine de pâtes et papiers.

La table de gravité est la première étape de déshydratation des boues.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Une main tenant de la boue de pâtes et papiers.

Cette première étape d’assèchement permet d'épaissir les boues.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Ensuite, les boues passent dans une presse.

Toute l'eau a été retirée. On voit que ça sort comme un gâteau solide qui se tient.

Richard Tellier, superviseur de l'environnement chez Kruger
Une matière brune dans une machinerie

La presse est la deuxième étape d'assèchement des boues.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Les boues déshydratées sortent ensuite de l’usine sur un convoyeur.

Un homme porte un casque de construction et tient dans ses mains des boues de papetières.

Richard Tellier, responsable de l'environnement chez Kruger

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Au bout du convoyeur, les résidus tombent directement dans une remorque. Le remplissage peut durer entre trois et quatre heures.

C’est un chargement 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 à l’usine, dit le directeur général, Sylvain Houle.

Chaque jour, les résidus générés à l’usine Kruger de Trois-Rivières peuvent remplir entre quatre et huit remorques.

Une solution gagnant-gagnant

Kruger confie la suite du processus à des experts, comme la compagnie Englobe.

On essaie de maximiser la valorisation. On fait la coordination entre les besoins de l'usine et les clients agricoles qui ont besoin de ces matières-là, affirme Serge Loubier, biologiste et directeur au développement des affaires chez Englobe.

Les boues de papetières sont riches en matières organiques et contiennent de l’azote et du phosphore. Elles ont des propriétés fertilisantes.

Même si elle provient d'un site industriel, c'est une matière qui est gérée comme un fertilisant.

Serge Loubier, biologiste et directeur au développement des affaires chez Englobe
Un homme devant un champ de maïs

Serge Loubier, biologiste et directeur au développement des affaires chez Englobe

Photo : Radio-Canada

Cette pratique est encadrée par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Des agronomes et des techniciens agricoles sont impliqués.

Nos techniciens agricoles, nos agronomes vont être en constante coordination avec les propriétaires de la ferme et les conseillers agricoles de la ferme en question pour s'assurer que ce qui est prévu comme besoins pour leurs champs est respecté, souligne Serge Loubier.

Ce fertilisant gratuit pour l’agriculteur permet à Kruger de disposer de ses boues d’une manière plus écologique, mais surtout plus économique. La livraison au champ lui coûte trois fois moins cher que l’enfouissement.

La formule qui semble simple et gagnante pour tout le monde comporte certains défis : la logistique des opérations, notamment.

Souvent, lorsqu'il y a trop de pluie, avec des camions aussi imposants, on ne réussit pas à accéder aux terres agricoles. On peut rester pris. Donc il y a des périodes de l'année qui sont très critiques où on ne réussit pas à faire de la livraison, explique le biologiste Serge Loubier.

Le recrutement d’agriculteur est aussi un défi selon lui, alors qu’il y a encore beaucoup de méconnaissance entourant l’épandage de boues de papetières.

Zéro enfouissement d’ici 2022

Ne plus enfouir aucun résidu de sa production, c’est l’objectif que s’est fixé l’usine Kruger de Trois-Rivières.

Encore 38 % de ses boues prennent le chemin de l’enfouissement.

Fin 2021, début 2022 on aimerait beaucoup arriver à zéro enfouissement de nos boues de procédé.

Sylvain Houle, directeur général de l'usine Kruger de Trois-Rivières
Encore 38 % des résidus de l'usine Kruger de Trois-Rivières sont enfouis.

Encore 38 % des résidus de l'usine Kruger de Trois-Rivières sont enfouis.

Photo : Radio-Canada

Pour y arriver, l’entreprise veut miser encore plus sur les agriculteurs et travaille aussi sur un projet de valorisation énergétique de ses boues à son usine de Trois-Rivières.

Quand il n'y a pas de valorisation agricole à cause de la température ou qu’il n’y a pas de besoins du côté des cultivateurs, on aimerait être capables de les valoriser énergétiquement sur le site ici. C'est ce qu'on vise, être capable de valoriser 100 % de nos boues, explique-t-il.

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Mauricie et Centre du Québec

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