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Soins palliatifs à domicile : guerre de mots autour d'une promesse inachevée

Un patient installé dans un lit d'hôpital.

Les médecins généralistes dénoncent les retards importants dans l'accréditation des équipes visant à offrir des soins palliatifs à domicile.

Photo : iStock / iStock

Hugo Prévost

Le ministère de la Santé est responsable des retards importants dans le déploiement des équipes de médecins offrant des soins palliatifs à domicile, affirme le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Une affirmation que démentent les médecins concernés.

Au cœur du problème, on trouve cet engagement, officialisé par Québec, concernant la création de 68 unités de soins palliatifs à domicile. Deux ans après l'annonce de la signature de l'entente, on n'en compte qu'une seule en activité, qui est rattachée au CLSC de Verdun, à Montréal.

Plus tôt, mardi, la Coalition du Québec pour l'accès aux soins palliatifs dénonçait justement ce retard dans l'autorisation de ces équipes. En attendant que le traitement du dossier progresse, certains médecins offrent gratuitement de tels soins.

Selon le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, les délais sont imputables aux décideurs de la Santé, où l'on a dû reprendre l'évaluation de l'entente de 2017, puisque « la majorité des demandes [des groupes de médecins] ne correspondaient pas aux critères » établis.

Cela fait plusieurs mois que nous attendons; [...] il faudra soit ajuster l'entente existante, soit établir une nouvelle entente, affirme Louis Godin.

C'est tout à fait faux, rétorque la Dre Geneviève Dechène, du CSLC de Verdun, qui offre des soins palliatifs à domicile.

Toutes les unités qui ont fait la demande [d'accréditation] répondaient aux exigences, qui étaient d'être disponibles 24 heures [sur 24], et de travailler au sein des CLSC, et de servir des patients en fin de vie de toutes les conditions, a-t-elle déclaré sur les ondes du Téléjournal Montréal.

« Elles se sont fait répondre qu'elles étaient trop petites, trop grosses, avec pas assez de patients, trop de patients », a renchéri la Dre Dechène, en parlant des « comités paritaires » de la FMOQ.

Accusations et démentis

Pourquoi la Fédération aurait-elle intérêt à bloquer de telles accréditations? La médecin blâme « l'hospitalo-centrisme » de son syndicat. En moyenne, au Canada, de 10 % à 12 % des heures travaillées par les médecins de famille le sont en milieu hospitalier. Au Québec? 40 %, a-t-elle ajouté.

Attention, attention... je veux rétablir les faits, rétorque le président de la FMOQ. Depuis toujours, nous sommes en faveur d'offrir des soins dans la communauté; c'est probablement ce qui caractérise les médecins de famille. [...] D'aucune façon, on ne veut garder nos médecins à l'hôpital, poursuit le Dr Godin.

Ce dernier a réitéré que le gouvernement devait refaire ses devoirs pour que les soins palliatifs à domicile puissent être déployés à la grandeur du Québec, et c'est cela qu'on attend depuis maintenant six à huit mois.

Si vous faisiez votre travail comme il faut, vous n'attendriez pas de six à huit mois pour que [le gouvernement] vous revienne, a pour sa part lancé la Dre Mélanie Berthiaume, qui travaille bénévolement pour offrir des soins palliatifs à domicile, son unité n'ayant pas été accréditée.

Je ne vous referai pas l'historique de toutes nos interventions auprès des autorités ministérielles, a répondu le Dr Godin, avant de réitérer son désir que les équipes soient déployées « à la grandeur du Québec ».

Quand on nous taxe de bloquer cette entente-là, alors qu'on a justement négocié, qu'on a prévu des sommes pour les médecins qui travaillent... Prétendre qu'on bloquerait cette entente, c'est complètement farfelu.

Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

De son côté, la Dre Dechène réclame carrément que Québec retire à la FMOQ le droit de vie ou de mort sur les soins palliatifs à domicile.

« Qu'est-ce que le syndicat a à voir là-dedans? » s'est-elle interrogée.

Le Québec traîne largement de la patte en ce qui concerne la proportion des patients qui finissent leurs jours à domicile. Seuls 11 % des malades en phase terminale ont la possibilité de passer l'arme à gauche chez eux, par rapport à 30 % dans l'ensemble du pays.

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