•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Communications bilingues à la Société des traversiers : inacceptable, dit François Legault

Gros plan du président-directeur général de la Société des traversiers du Québec.

Stéphane Lafaut

Photo : Radio-Canada / Denis Leduc

Valérie Gamache

Le ministre des Transport, François Bonnardel, a dû rappeler à l'ordre le PDG de la Société des traversier Stéphane Lafault à la suite de communications bilingues provenant de la haute direction.

La STQ fait l'objet d'une plainte à l'Office québécois de la langue française. C'est un employé qui a déposé la plainte en septembre dernier après avoir reçu trois notes internes où l'anglais occupe une place aussi importante que le français.

« Inacceptable », dit le premier ministre François Legault, qui rappelle que son ministre de la Francisation prépare un plan pour mettre fin à de telles pratiques. C'est l'un des objectifs de Simon Jolin-Barette de déposer un plan pour s'assurer que chaque organisme incluant la STQ respecte la loi 101.

La pratique concorde avec la nomination du nouveau PDG Stéphane Lafault, selon l'employé qui préfère garder l'anonymat. La première lettre bilingue que j'ai reçue était celle dans laquelle le PDG actuel nous annonçait sa nomination à la tête de la STQ, soit le 13 juin dernier, précise-t-il.

Deux semaines plus tard, le 25 juin, une autre communication bilingue est envoyée aux employés. M. Lafault y fait le point sur le tragique accident qui a coûté la vie au conducteur d'un véhicule récréatif à la traverse Tadoussac–Baie-Sainte-Catherine.

Une troisième note bilingue, celle-ci en provenance de la vice-présidente à l'exploitation Gréta Bédard, est par la suite envoyée aux employés. Il s'agit d'un avis de nomination à la traverse Québec-Lévis où il n'y a aucun travailleur unilingue anglophone, selon le syndicat. C'est après avoir reçu cette note que l'employé porte plainte. J'ai expliqué à l'OQLF que les récents événements me font craindre le pire et me laissent croire que la haute direction de la STQ souhaite implanter et normaliser la pratique du bilinguisme au travail, dit-il.

Depuis, une autre communication bilingue a été transmise aux employés, en prévision de la diffusion d'un reportage de l'émission Enquête sur les suites du fiasco du traversier F.-A.-Gauthier, le 31 octobre dernier. Encore une fois dans la note de service, une place équivalente est donnée à l'anglais et au français. Il est même précisé à la fin du texte en anglais que l'émission sera diffusée en français seulement.

Beaucoup d'employés sont comme moi exaspérés par tous les problèmes que vit la STQ actuellement. Dans ce contexte, nous nous demandons pourquoi la STQ prend le risque de s'embourber dans des problèmes supplémentaires. Cette histoire de bilinguisme pousse certains employés à se demander si M. Lafaut est bien l'homme de la situation.

La politique linguistique de la Société des traversiers prévoit que la langue de travail est le français et que de façon générale, la STQ emploie exclusivement le français dans ses documents, ententes ou communications, quel qu'en soit le support.

Dans le rapport annuel 2018-2019 de la STQ déposé à l'Assemblée nationale en septembre dernier par le ministre des Transports, François Bonnardel, il est précisé que dans l'ensemble le personnel respecte cette politique et fait l'usage du français dans ses communications.

Pour le porte-parole en matière de langue française du Parti québécois, il est évident que le PDG de la STQ contrevient à la loi 101. Ce n'est pas normal que ce soit un employé qui le dénonce, d'autant plus que c'est le PDG qui est responsable de l'application de la politique dans la société d'État. Le devoir d'exemplarité, il passe par le PDG. Et là, c'est lui qui fait ses communications de façon bilingue, donc à l'encontre de sa politique, à l'encontre de la politique gouvernementale et à l'encontre de la Charte de la langue française, dit Joël Arseneau.

Contexte particulier de la STQ?

La politique linguistique précise que la STQ doit tenir compte du fait qu'elle offre des services à une communauté d'expression anglaise ou autochtone. La STQ fait référence aux traverses de la rivière Saint-Augustin et de la liaison entre Harrington Harbour et Chevery sur la Basse-Côte-Nord, où travaillent 30 des 636 employés de la société d'État.

La STQ n'a pas voulu s'expliquer. Par courriel, le responsable des relations publiques, Alexandre Lavoie, précise que la STQ a été informée d'une plainte déposée à l'OQLF concernant ses communications internes. Et il assure que cela n'a rien à voir avec l'arrivée du nouveau PDG. Il s'agit plutôt d'une concordance avec la nouvelle orientation de la STQ de vouloir communiquer davantage avec les employés et du fait que M. Lafault a eu plusieurs occasions de communiquer avec eux depuis son arrivée en fonction.

Ce que dit l'Office québécois de la langue française

La Charte de la langue française prévoit que les communications écrites internes d'un organisme du gouvernement sont en français seulement. La possibilité d'utiliser à la fois le français et une autre langue dans les communications internes est réservée aux municipalités, aux commissions scolaires et aux établissements de santé reconnus. Ce qui n'est pas le cas de la STQ.

La plainte concernant l'utilisation du bilinguisme par la haute direction de la STQ est toujours à l'étude.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Transports

Société