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Discours du Trône : les travailleurs du secteur public sont inquiets

Brian Pallister est debout et souriant dans la Chambre de l'assemblée. On voit des députés également debout en arrière-plan.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, à l'Assemblée législative lors du discours du Trône prononcé le 19 novembre 2019.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Gavin Boutroy
Thibault Jourdan

Le discours du Trône n’a pas rassuré le plus important syndicat du secteur public au Manitoba, qui est préoccupé par l’avenir de la fonction publique dans la province sous l’administration de Brian Pallister.

Je n’ai rien entendu, absolument rien, de la part de ce gouvernement concernant le maintien des services publics, et [je n’ai aucune assurance] que les services publics sont une priorité, lance Michelle Gawronsky, la présidente du syndicat des employés gouvernementaux et généraux du Manitoba (MGEU).

Elle pointe le bilan du précédent gouvernement Pallister du doigt. C’est une préoccupation majeure, nous savons que nous avons perdu 2000 fonctionnaires en trois ans. Que va-t-il se passer à l’avenir? Qu’arrivera-t-il à l'infrastructure, le déneigement, ces services sur lesquels dépendent les Manitobains ?, questionne-t-elle.

Une femme au cheveux longs roux se tient devant un micro.

La présidente du Syndicat des employés du gouvernement du Manitoba (MGEU), Michelle Gawronsky.

Photo : Radio-Canada / Lyzaville Sale

La présidente du Syndicat des infirmières du Manitoba, Darlene Jackson, salue la promesse du gouvernement de créer 200 postes. C’est clair que les soins de santé sont une priorité de ce gouvernement. Ça, c’est encourageant, dit-elle.

Cependant, elle trouve préoccupant que le gouvernement Pallister n’ait pas encore trouvé de réponse à une pénurie d’infirmières qui afflige la province. Selon elle, c’est près de 1500 postes qui sont vacants.

Une dame aux courts cheveux roux s'exprime dans la rue, avec en arrière plan le Health Science Center de Winnipeg.

Darlene Jackson, présidente du Syndicat des infirmières du Manitoba

Photo : Radio-Canada

Inquiétudes pour les familles

De son côté, la Fédération des travailleurs du Manitoba déplore le manque d’annonces pour les patients et les travailleurs dans le domaine public. Il n’y avait rien pour les patients et les travailleurs de la santé. Rien pour les enseignants, les salariés de l’éducation et les familles qui s’inquiètent que le gouvernement Pallister puisse couper dans nos écoles, a déclaré, par voie de communiqué, le président de la fédération, Kevin Rebeck.

Malheureusement, ce gouvernement n’a aucun plan pour s’assurer que nos espaces pour la petite enfance soient abordables et accessibles. À la place, sa priorité est d’avoir plus d’espaces chers dans le secteur privé, ce qui n’aidera pas les familles qui ont besoin de garderie à bas prix, ajoute Kevin Rebeck.

La Fédération affirme cependant être « impatiente » de connaître les détails du plan du gouvernement quant à l’extension des congés pour les victimes de violences sexuelles.

L’opposition souhaite plus d’investissements

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew, dit qu’il jugera le gouvernement Pallister sur ses actions, mais s’inquiète pour l’avenir du système de santé de la province.

Ce qu’on a vu dans le premier mandat dans le système de santé, c’est que ce gouvernement est toujours en train de faire de coupures et des compressions budgétaires, dit-il.

En plus, nous avons beaucoup de questions sur les services en santé francophones. C’est-à-dire que M. Pallister a déjà montré qu’il est toujours prêt à épargner de l’argent en coupant des investissements, en coupant de l’argent, et notre préoccupation c’est qu’il aura le même programme cette fois-ci, poursuit le chef néo-démocrate.

Wab Kinew parle avec les médias le 9 septembre. Il est vêtu d'un veston bleu sur une chemise blanche.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew

Photo : The Canadian Press / JOHN WOODS

Le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, regrette, lui, l'absence d'un plan clair, notamment sur la croissance économique. Pour lui, le plan de M. Pallister permettra aux riches de s’enrichir davantage, au détriment des pauvres.

Des entrepreneurs disent : on a besoin d'argent pour investir et il n’y a pas de plans pour ça. Tout tourne autour d’enlever, de minimiser la réglementation, mais pour la croissance des entreprises au Manitoba, on a besoin des investissements. Pour les entreprises qui commencent leur vie, il n’y a rien, dit-il.

Il a tenu à ajouter que le plan de la province pour contrer la criminalité « n’est pas crédible ».

Aucune mention des francophones

La communauté francophone n’a pas été mentionnée spécifiquement. C’est toujours malheureux, note, pour sa part, le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), Daniel Boucher.

D’un autre côté, il faut reconnaître [que dans le contexte actuel] on se retrouve dans des promesses qui ont été faites dans le domaine de la santé par exemple, où on parle d’embaucher 200 infirmiers et infirmières. On veut certainement s’assurer que la francophonie a sa place dans cette initiative-là pour qu’on soit en mesure d’offrir de plus en plus de services en français en santé.

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine, Daniel Boucher

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine, Daniel Boucher

Photo : Radio-Canada

Même chose dans le domaine de l’éducation, où la construction d’école et des places en garderie ont été promises.On parle de 1500 places de plus en garderie et, encore une fois, il y a des besoins criants au niveau de la communauté francophone. On va travailler avec les ministères pour s’assurer qu’on soit en mesure de combler des places dans notre communauté, assure Daniel Boucher.

Engagements peu précis envers les Autochtones

De son côté, la Fédération des Métis du Manitoba (MMF) se dit déçue par l’absence d’engagements concrets envers les Métis dans le discours du Trône, bien que le document assure que « votre gouvernement comprend l’importance de travailler avec ses partenaires autochtones et métis ».

La MMF dénonce d’ailleurs cette utilisation des mots « Métis » et « Autochtones », car, selon elle, cela indique que les deux sont des entités séparées. Le président de la MMF, David Chartrand, précise à juste titre que le Canada considère les Métis comme l’un des peuples autochtones.

Un homme au micro, l'index levé.

David Chartrand, le président de la Fédération métisse du Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Pour M. Chartrand, cela témoigne d’un premier ministre qui est déconnecté des enjeux autochtones. Quelle ironie qu’à l’aube du 150e anniversaire des négociations de Louis Riel et de son gouvernement provisoire pour entrer dans la Confédération, ce premier ministre a choisi d’ignorer de nouveau les fondateurs de la province qu’il dirige actuellement, lance-t-il.

Dans le discours du Trône, le premier ministre annonce qu’il a l’intention de collaborer avec les collectivités autochtones pour créer des programmes préventifs pour contrer la délinquance, ainsi que pour la gestion des populations de poissons et d’animaux sauvages.

De même, il promet de terminer de rapatrier les membres de la Première Nation de Lake St Martin, évacués voilà huit ans après une inondation, qui selon eux, a été empirée par les actions de la province.

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