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Une mère dénonce la purification par la fumée dans les classes

Une personne tient un bol dans lequel brûle de la sauge.

La fille de la plaignante affirme qu'elle a été gênée d'assister à une cérémonie spirituelle.

Photo :  CBC / Martha Troian

Adrien Blanc

La Cour suprême de la Colombie-Britannique entend cette semaine la plainte d'une mère de famille de Port Alberni qui allègue que les droits constitutionnels de sa fille ont été violés parce que celle-ci aurait été obligée de participer à une cérémonie autochtone de purification par la fumée dans son école.

La mère, Candice Servatius, a appris qu'une cérémonie de purification par la fumée avait eu lieu le 16 septembre 2015 dans les classes de son fils et de sa fille à l'École élémentaire John-Howitt de Port Alberni.

Dans le cadre d'une présentation des traditions autochtones locales, une aînée de la Première Nation de Nuu-chah-nulth a en effet brûlé de la sauge dans un coquillage et a diffusé la fumée sur les murs et divers objets entourant les élèves.

Dans une déclaration sous serment datée de 2017, la fille de Candice Servatius écrit que l'aînée autochtone a prétendu qu'il y avait des esprits et une énergie dans la pièce. Elle précise aussi qu'il y avait tant que de fumée qu'elle en a été incommodée.

Refusant de participer à un rite auquel elle ne croit pas, l'enfant aurait demandé à quitter la pièce, mais l'enseignante lui aurait répondu que ce serait malpoli, alors elle serait retournée s'asseoir. Le conseil scolaire conteste le fait que l'enseignante ait employé ce mot.

Selon Candice Servatius, l'école a contraint sa fille à assister à une cérémonie spirituelle, ce qui contrevient à l'obligation des écoles publiques de la Colombie-Britannique d'être séculières et non sectaires ainsi qu'à la liberté de conscience et de religion garantie par la Charte canadienne des droits et des libertés.

Elle demande ainsi l'interdiction de toute pratique religieuse, dont les purifications, dans les écoles du conseil scolaire, à moins qu'elles se déroulent en dehors des heures de cours obligatoires.

C'est notre culture

La présidente du conseil des Nuu-chah-nulth, Judith Sayers, dit qu'elle n'aime pas une chose : Le ton de cette affaire, le fait que l'on désigne comme religion ce que nous considérons comme notre culture.

Pour elle, les employés autochtones n'ont fait que partager leur culture et expliquer comment se déroule la purification.

Nous avons un accord avec le conseil scolaire 70 [...] et j'ai été vraiment surprise qu'un parent le conteste.

Judith Sayers, présidente du conseil des Nuu-chah-nulth

Elle considère que la purification par la fumée n'est même pas une cérémonie, mais plutôt une pratique destinée à clarifier l'esprit. Cela fait partie de notre mode de vie, explique-t-elle.

Le procès se tient à Nanaimo jusqu'à vendredi.

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