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Caricaturiste, un métier en voie d’extinction?

Un assemblage de caricatures exposées sur un mur.

L'exposition « Bado, la francophonie à grands coups de crayon » est la première rétrospective de l'oeuvre du caricaturiste du journal LeDroit, Guy Badeaux.

Photo : Radio-Canada

Christelle D'Amours

Guy Badeaux, dit Bado, critique et commente l’actualité à sa façon depuis près de 40 ans. Une succession de gouvernements, d’enjeux sociaux et de polémiques régionales sont passés sous sa mine, donnant lieu à l’exposition Bado, la francophonie à grands coups de crayon présentée au Muséoparc Vanier, à Ottawa, jusqu'en octobre 2020. Alors que sa carrière est célébrée, le caricaturiste du journal Le Droit confie ses craintes quant à l’avenir d’un métier sous-payé et peu sollicité, selon lui.

La planche à dessins de Guy Badeaux a vu près de quatre décennies d’histoire régionale et nationale. En 2021, le dessinateur mieux connu sous le nom Bado atteindra un chiffre rond témoin de bien de débats sociaux et politiques dans la région d’Ottawa-Gatineau.

L’exposition Bado, la francophonie à grands coups de crayon regroupe une centaine de coupures de journaux et d'illustrations provenant de la collection personnelle du caricaturiste. La rétrospective dépeint surtout la lutte pour préserver la francophonie à Ottawa, en Ontario et au Canada.

La caricature, c’est exprimer une opinion. Donc, si on n’a pas d’opinion, c’est bien difficile de faire un dessin, soutient l’artiste, avouant avoir critiqué sans exception tous les gouvernements en place depuis ses débuts au Droit en 1981.

Un homme vêtu d'une chemise bleue pâle regarde la caméra.

Le caricaturiste Guy Badeaux, dit Bado.

Photo : Radio-Canada

À cette époque, Bado se rappelle qu'une trentaine de collègues exerçaient le métier à travers le pays. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu'une dizaine, selon lui.Ce qu’on perd, c’est une variété de voix, précise-t-il.

L'avenir de la caricature est rendu d’autant plus précaire, à son avis, par l’insécurité qui afflige la presse écrite comme les quotidiens du Groupe Capitales Médias.

Peu ou pas de débouchés

Enfant, Guy Badeaux dessinait déjà dans ses cahiers d’école. Issu d’une famille d’artistes, il a été encouragé à étudier les arts appliqués au Cégep du Vieux-Montréal.

Le grand-père de Bado, le sculpteur Louis-Philippe Hébert, est d’ailleurs à l’origine du Monument à Maisonneuve de la Place d'Armes à Montréal. Le Parlement de Québec lui doit aussi quelques statues installées sur sa façade.

Deux mains sur une planche de dessin et une feuille avec des traits noirs.

Guy Badeaux dessine une première esquisse avant de numériser son dessin.

Photo : Radio-Canada

L’illustrateur a fait ses premières armes comme pigiste avant de décrocher un poste au quotidien francophone d'Ottawa. À l’époque, il était payé environ 100 $ pour une page complète de dessins.

Je plains les jeunes qui commencent, dit-il, ajoutant qu’en 2019, la relève doit en plus dépenser pour s’équiper d’ordinateurs et de programmes de dessin numérique.

Il croit que la nouvelle génération de caricaturistes se dirige davantage vers la bande dessinée ou le récit illustré plutôt que vers les quotidiens, notamment parce qu’Internet est déjà saturé de satires accessibles d’un clic.

Un homme est assis devant un écran d'ordinateur.

Le caricaturiste numérise son dessin fait à main levée avant de le colorer à l'ordinateur.

Photo : Radio-Canada

Un autre chiffre rond dans la mire

Bado aime encore beaucoup son métier. Son travail a déjà été censuré par ses patrons, mais ce sont surtout les critiques du lectorat qui l’ont amené à corriger des dessins, voire à s’excuser.

Le caricaturiste s’estime toutefois chanceux de pouvoir exprimer librement son opinion, car ses collègues d'outre-mer n’ont pas toujours la même chance. Il y a des pays où c’est impossible de travailler. On censure et il y a des menaces de mort, évoque-t-il.

Guy Badeaux considère que le plus grand défi du métier consiste à se renouveler et trouver de nouvelles idées. Dans son portfolio, il compte déjà 9540 dessins.J’aimerais ça me rendre à 10 000! , lance-t-il.

L’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour lui, mais la survie de son quotidien dictera la suite des choses. Il y a un nuage au-dessus de notre tête. On ne connaît pas l’avenir..., conclut l’artiste.

POUR Y ALLER

Exposition Bado, la francophonie à grands coups de crayon

Muséoparc Vanier

Jusqu'en octobre 2020

Avec les informations de Kevin Sweet

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Ottawa-Gatineau

Culture