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Une pénurie d’enseignants francophones sans précédent dans les régions

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.

Photo : iStock

Jean-Loup Doudard

Alors que le gouvernement ontarien négocie un nouveau contrat de travail avec les enseignants francophones de la province, plusieurs écoles peinent à trouver suffisamment de professeurs pour leurs salles de classes.

Les écoles rurales autour du lac Supérieur connaissent une pénurie d’enseignants sans précédent. C'est le cas à Hornepayne, Dubreuilville, Wawa et même à Sault-Ste-Marie, une ville de 73 000 habitants.

Ça fait 30 ans que je suis ici et on a jamais vu ce que nous voyons présentement.

Lucille Vachon-Case, directrice de l’école catholique St-Joseph de Wawa

L’école catholique St-Joseph de Wawa n’a pas de postes à pourvoir en ce moment, mais seulement parce que des enseignants retraités ont bien voulu retourner au travail.

Je leur demande, je les supplie, je leur demande de nouveau. Bien souvent, ils vont finir par dire oui, ils vont accepter des postes à long terme, dit Lucille Vachon-Case.

Une femme rit en compagnie de deux jeunes élèves dans un corridor d'école.

Lucille Vachon-Case mise sur l'atmosphère bon enfant de son école et la nature de Wawa pour attirer de nouvelles recrues.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Elle doit aussi faire appel à des enseignants non qualifiés qui bénéficient d’une lettre de permission.

Le conseil scolaire va offrir de la formation et du mentorat au sein de l’école pour épauler ses éducateurs qui n’ont pas leur brevet d’éducation.

C’est une pratique courante dans les écoles régionales, admet la surintendante de l’éducation au Conseil scolaire catholique Nouvelon, Tracey-Lynn Foucault

C’est des gens qui ont quand même une passion pour leur carrière, des gens qui ont une facilité à engager les enfants dans leur cheminement, souligne-t-elle.

Les conseils scolaires tentent de recruter dans les grands centres urbains, mais la pénurie existe partout, même au Québec.

Certains conseils scolaires pointent du doigt le gouvernement ontarien, qui a augmenté la durée d’études pour l’obtention du brevet d’éducation il y a quelques années. Ce qui prenait auparavant qu’un an nécessite maintenant 2 années de scolarisation.

Pendant un an, on n'a eu personne qui a gradué en Ontario, donc ça a créé un vide.

Marc Gauthier, directeur de l’éducation du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario

Le nombre de sièges dans les facultés d’éducation a été réduit, ce qui a rajouté de la pression sur les conseils scolaires francophones, explique-t-il.

Il y avait beaucoup trop d’élèves qui graduaient du côté anglophone, mais c’était pas la même situation du côté francophone, ajoute M. Gauthier.

On a les 12 conseils scolaires de langue française qui s’arrachent ces enseignants-là, mais tu as aussi tous les conseils anglophones qui ont des programmes d’immersion qui veulent aussi avoir des francophones, dit Marc Gauthier.

Un homme sourit debout dans son bureau.

Le directeur de l'éducation au Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario, Marc Gauthier.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Marc Gauthier évoque quelques pistes de solutions pour endiguer la pénurie en amont : convertir le brevet d’éducation en programme de maîtrise pour rendre le métier plus alléchant et éliminer le contingentement de certains programmes en enseignement en ligne.

Il y a différentes solutions : est-ce qu’il va y avoir le vouloir politique ? se demande-t-il.

En attendant, les petites écoles arrivent tant bien que mal à éduquer la prochaine génération de Franco-Ontariens.

En plus de la pénurie, Lucille Vachon-Case doit composer avec trois congés de maternité et de maladie. Son argument de vente pour trouver des remplaçants ?

Si vous venez à Wawa, je peux garantir que vous allez vouloir rester, car je suis convaincue que j’ai la meilleure école !

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Éducation